Richard Thompson - La Java, Paris, le 5 septembre 2005

11/09/2005, par Luc Taramini | Concerts |
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RICHARD THOMPSON - La Java, Paris, Le 5 Septembre 2005

Sur la foi des premiers disques de Fairport Convention que je possède et les commentaires dithyrambiques glanés çà et là, j'avais hâte de rencontrer le légendaire guitariste de folk rock Richard Thompson, de passage à Paris pour la sortie de son nouveau disque "Front Parlour Ballads".
La Java, 20h30. Dans la salle en sous-sol, un parterre d'invités triés sur le volet a déjà pris possession des meilleures places. C'est un public d'avertis, anglophones, mélange de nostalgiques et d'inconditionnels pour la plupart entre deux âges.
Aux premiers signes d'impatience de l'assistance, le beau Richard fait son entrée par une petite porte exiguë. Un grand échalas vêtu de noir, béret de guérillero vissé sur le crâne et collier de barbe grisonnant, domine l'assistance. Le regard est bleu, intense, les ailes du nez se retroussent noblement au-dessus d'un sourire franc. Le charme anglais dans toute sa splendeur. Les retrouvailles ont commencé.
Suit un concert acoustique de 2 heures durant lequel chacun aura pu admirer l'élégance du jeu de guitare, l'éclat d'un répertoire couvrant près de 40 ans de musique populaire et un coffre d'une étonnante puissance pour ce presque sexagénaire à l'allure de comédien de la Royal Shakespeare Compagnie.
Avec un humour aussi fin que ses chansons, Thompson montre que le musicien folk est aussi un véritable gentleman aux manières délicieuses. Loin du mythe des sixties vaporeuses qui l'ont vu émerger, nous voici en présence d'un tendre gaillard assagi, un brin amusé même, entré dans un âge où pour continuer de durer, le génie doit tout autant à l'hygiène de vie qu'à la discipline. Pour ne pas s'embarrasser du poids de la légende, Thompson a trouvé la parade : l'autodérision. Il se moque gentiment de lui-même en évoquant Fairport Convention, un groupe qui existait déjà avant sa naissance ! Hilarité générale. Les trois enfants assis en tailleur devant la minuscule scène écarquillent les yeux devant ce grand-père blagueur qui joue et chante de fort belle manière. Le set comporte un hommage discret à Sandy Denny, de belles ballades folk inspirées de la tradition anglaise et américaine, du rock carré et nerveux, le tout paré de superbes enluminures harmoniques dont il a le secret.
Il n'y aura rien de convenu, rien de trop, juste deux heures pleines, radieuses et déjà un souvenir fuyant. Après une prestation magistrale, le barde Thompson s'éclipse par la petite porte, sans manières, les pensées rivées sur un autre continent. Ite missa est.

Luc

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