Rock en Seine 2014, du 22 au 24 août

28/08/2014, par et | Festivals |
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Samedi 23 août

Si cette seconde journée fut la dernière à être sold out, elle semble plus qu’alléchante sur le papier. Pour x raisons, j’arrive un peu tard pour Dorian Pimpernel, avec juste deux morceaux entendus, suffisamment pour avoir envie de les revoir à l’automne. Je suis donc parfaitement dans les temps pour Junip, qui joue sur la scène de la Cascade. Même souci que Wild Beasts toutefois : on sent vite que José González et sa bande vont devoir se battre contre ce satané son de basse qui sature, gâchant en bonne partie la finesse des compositions du groupe suédois. Si la beauté affleure plus d’une fois, il manque une étincelle, un équilibre plus marqué à l’oreille pour compenser la sobriété scénique du groupe, qui termine toutefois sur un très beau “Line of Fire”.

Après une petite pause dans mon programme (j’entendrai beaucoup de bien du set de Alb par la suite), je suis donc en bonne position pour entendre Thee Oh Sees, que j’ai déjà vu plusieurs fois, mais John Dwyer était venu cette fois-ci (comme à la Route du Rock par ailleurs) en trio. Si la formation a eu l’heur de ne pas plaire à tous, j’ai trouvé le groupe bien excité, nerveux à souhait dans l'enchaînement des titres, de “I Come From the Mountain” à “Carrion Crawler” en passant par “Tidal Wave”. Pas de “The Lens” ou “Penetrating Eye” du dernier disque, mais une prestation sous le signe d’un rock garage encore bien vivace !

Thee Oh Sees

Direction la grande scène dans la foulée pour The Ghost of a Saber Tooth Tiger : un nom bien alambiqué que celui retenu par Sean Lennon et Charlotte Kemp Muhl. Pourtant, écrire sur leur prestation sera plus simple : pataud, emprunté et soporifique sont des qualificatifs qui vont bien à ce concert rempli de solos de guitare malvenus, d’un psychédélisme plombant et en plus d’un manque de charisme criant. La suite sera confiée sur la scène de la Cascade à Emilie Simon, épaulée par l’Orchestre national d’Île-de-France. Une bonne idée sur le papier, hélas pas parfaitement concrétisée dans la réalité. Le son aléatoire de cette scène est un premier écueil, le peu de temps de répétition de la Française et de l’orchestre se ressent aussi par le peu de place accordé la dizaine de musiciens. Gracieuse et virevoltante sur scène, Emilie Simon a assuré sa part, mais au final le résultat manquait un peu d’allure. (M.C.)

Emilie Simon

Dans le même temps, les cinq New-Yorkais de Lucius livrent sur la scène Pression Live un concert réjouissant, même si sans doute plus intéressant pour ceux qui les découvrent que pour ceux qui les avaient déjà vus plusieurs fois depuis novembre dernier (c’est peu ou prou le même show). Là non plus le son n’est pas parfait, mais les voix jumelles de Jess et Holly passent bien, et leur “Go Home” est toujours aussi déchirant. On retournera les voir avec plaisir au Café de la danse en octobre. (V.A.)

Portishead

Que dire qui n’ait déjà été dit sur les dernières prestations en festival de Portishead ? Le groupe a déjà enchanté Beauregard et la Route du rock entre autres, et Rock en Seine a succombé de même à la bande de Geoff Barrow et Beth Gibbons. La setlist fut impeccable, un parfait mélange entre “soul” et krautrock, des pics d’émotion et une puissance réelle, qui alternent à la perfection. Entre “Wandering Star”, “Glory Box” ou encore “The Rip”, le set de Portishead n’est jamais descendu de niveau : pas étonnant que la grande scène ait fait le plein. (M.C.)

Cela fait longtemps que POPnews défend Frànçois & the Atlas Mountains, et c’est un groupe qu’on a toujours plaisir à voir évoluer, dans tous les sens du terme. Le quintette semble aujourd’hui en pleine possession de ses moyens, et son concert sur la scène Pression Live fut l’un des tout meilleurs de cette édition 2014 de Rock en Seine. Les garçons impressionnent plus que jamais par leur frénésie rythmique, la fluidité de leur jeu collectif, la liberté prise par rapport aux versions studio. Les anciens morceaux (“City Kiss”, “Piscine”, “Be Water (Je suis de l’eau)”) ont été particulièrement retravaillés, perdant de leur évidence pop pour gagner en étrangeté hypnotique. On sent une volonté d’échapper aux carcans stylistiques, d’explorer de nouvelles contrées musicales sans pour autant s’y perdre. Immense plaisir partagé.

Sur la scène de l’Industrie, les Anglais de The Horrors m’ont fait forte impression. Ils auraient sans doute pu prétendre à une scène plus grande, après leurs passages en 2009 et 2011, mais l’intensité du concert en aurait pâti. Celle-ci n’a jamais faibli, au fil d’une setlist idéale faisant une large part au deuxième album “Primary Colors” (mon préféré), et culminant sur un “Mirror’s Image” impressionnant. Fondé sur les claviers et synthés atmosphériques de l’impassible Tomethy Furse (j’en ai compté au moins cinq), leur son n’est peut-être qu’une habile synthèse de gothique, new wave à tendance “héroïque”, shoegaze, krautrock et psychédélisme, mais on ne peut nier sa puissance immersive.

Resté jusqu’au bout du concert de The Horrors, j’arrive à la scène Pression Live pour le dernier tiers de celui de St. Vincent. Ayant déjà vu le show millimétré d’Annie Clark dans sa version longue il y a quelques mois à la Cigale, je ne suis pas très surpris. L’ambitieuse Américaine, aux choix capillaires et vestimentaires de plus en plus déconcertants, s’inscrit dans une tradition de pop avant-gardiste, entre David Byrne (avec qui elle a enregistré un album), Laurie Anderson et Frank Zappa. D’où des chorégraphies robotiques, des mélodies fragmentées et le long et cacophonique solo de guitare final sur “Your Lips Are Red”, morceau phare de son premier album qui constitue l’habituel moment de bravoure de ses concerts. Guère de spontanéité ici, certes, mais comme spectacle “total”, c’est plutôt réussi - avec, qui plus est, l’un des meilleurs sons de tout le festival. (V.A.)

St. Vincent

Pour ma part, je serai encore plus enthousiaste, très certainement le bénéfice de la découverte live. Parce qu’effectivement, c’en fut une belle, un authentique personnage qui m’a complètement séduit, soutenu par un groupe sans peur et sans reproche. Une fin idéale pour une journée bien remplie. (M.C.)

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