Rock en Seine 2014, du 22 au 24 août

28/08/2014, par et | Festivals |
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Dimanche 24 août

Même pour un festival comme Rock en Seine et malgré le confort d’un vrai lit chaque soir, le troisième jour s’annonce compliqué et placé sous le signe de la fatigue, avec en ligne de mire la fin de soirée confiée à Queens of the Stone Age, une façon de plus pour le festival de conclure sur une grosse pointure, qui plus est fidèle au rassemblement clodoaldien.

Arrivé sur le site sur le coup de 15 heures, j’ai rendez-vous pour une interview que vous découvrirez bien vite, et loupe donc en conséquence Cloud Nothings, qui aura enchanté mes acolytes de festival. J’arrive en revanche au début du set de Petit Fantôme, qui ne me surprend pas (c’est “Stave”, l’excellente et inusable mixtape, qui est interprétée), mais qui fait encore un peu mieux. Un peu mieux sur scène, un peu mieux dans la présence, et le plaisir que me provoquent “Aitatxi”, “Redevenir” ou “Dans le vent” est une fois de plus au rendez-vous. Un beau moment assurément.

Je n’attendais pour la suite pas grand-chose de Warpaint. Mais il est parfois agréable d’avoir tout faux. J’avais peur que la lumière de la fin d’après-midi affecte le côté sombre des chansons, ce ne fut pas le cas. La scène trop grande ? Clairement non. Ont-elles été froides ? Bien au contraire, le set fut chaleureux, même fiévreux avec une générosité réelle, un son impeccable et des chansons sans faille. 7 titres, pas une de plus, mais des versions transcendées, avec de très beaux moments “Love Is to Die”, Bees”, “Undertow” et un final magnifique sur “Elephants”. Ces quatre jeunes femmes m’ont renversé, j’avais tort et c’est très bien ainsi.

Warpaint

A contrario, j’ai eu exactement ce que j’attendais de la part de Brody Dalle, Mme Josh Homme à la ville (il est sur le côté de la scène). Bon, la subtilité n’était pas prévue, et la faille espace-temps qui semblait s’être créée sur la scène de l’Industrie nous amenait aux alentours de 1992. Brody Dalle éructe, les chansons tout en riffs furieux passent rarement les 3 minutes, c’est punk, rock et à la fois pas si méchant que ça en a l’air. C’est aussi efficace que direct, on y entend même une chanson des Distillers, le premier projet de la dame. Qui a dû terminer un peu vannée ces 50 minutes jouées à fond les ballons. (M.C.)

Ayant déjà vu Janelle Monáe en juin dernier à New York (show très réglé, mais impressionnant – je suis du même avis, n’en ayant pas vu beaucoup – M.C.), je choisis d’aller rendre hommage à quelques vétérans des années 80 et 90 sur la scène Pression Live. Thurston Moore est en effet accompagné du fidèle Steve Shelley à la batterie, de Deb Googe de My Bloody Valentine à la basse et de l’Anglais James Sedwards à la guitare. Il livre un avant-goût de son prochain album à sortir en octobre, qui devrait être plus proche des derniers Sonic Youth que de ses deux précédents essais solo, nettement plus acoustiques. Comme chez son ancien complice Lee Ranaldo, il manque sans doute la tension qui irriguait les meilleurs disques de la bruyante formation new-yorkaise, mais dans un genre sans fioritures, l’ensemble tient plutôt bien la route. Et Thurston, toujours adepte des semi-private jokes, nous assure que Stephen Malkmus jouera du violon sur son prochain disque, “mais à la façon d’Ornette Coleman”. Bien bien. (V.A.)

Thurston Moore

La grande scène attend Lana Del Rey, qui a certes perdu de son aura par rapport au buzz originel, mais a toujours un fan club hallucinant, jeunes filles mais pas que. Visiblement, certain(e)s avaient campé devant les portes le dimanche. Pourtant, je me demande encore bien le pourquoi d’un tel enthousiasme. Certes, l’Américaine semble en bonne forme physique, et dès la fin du premier morceau descend faire des selfies avec le premier rang. Mais c’est bien rapidement que l’ennui pointe. Pompeux, sans ajouts live, les morceaux de Lana Del Rey ne brillent guère, et l’on se surprend à comparer sa musique à celle d’un Howard Shore qui aimerait se lancer dans une carrière indie et mainstream à la fois. Bizarre, mais surtout assez soporifique (j’ai fini assis dans l’herbe). Ultime pause avant Queens of the Stone Age, mais Vincent fut plus courageux que moi pour aller voir Stephen Malkmus...(M.C.)

Bien sûr, les morceaux solo de Stephen Malkmus (accompagné des Jicks) sont moins excitants que ceux de Pavement – cf. Thurston Moore un peu plus haut. Mais au moins, le Californien ne se repose pas sur ses acquis comme tant d’autres. Il continue à sortir des disques, pas toujours inoubliables, mais où l’on sent toujours le plaisir de jouer. Idem sur scène où l’éternel post-ado et ses trois complices affichent la décontraction d’un (bon) groupe de bar. Ça ne changera pas le monde, mais ça fait du bien. (V.A.)

Queens of the Stone Age

La clôture de la grande scène est confiée à Queens of the Stone Age, les Américains étant en fin de tournée pour leur album sorti l'an passé, "... Like Clockwork". Sans surprise, le spectacle fut intense, une énorme machine de guerre, avec une setlist de haute volée. Un gigantesque best-of, aux moments de bravoure successifs (de "Make It Wit Chu" à "If I Had a Tail", en passant par "No One Knows", "The Lost Art of Keeping a Secret" ou "Go With the Flow"), sans que l'on sente le groupe trop blasé. Josh Homme est à bloc, visiblement heureux d'être de retour à Rocke en Seine, mais il manque toutefois un petit élément, c'est le public. Autant les autres soirs, les abords de la grande scène étaient difficiles d'accès, autant la traversée pendant la prestation de Josh Homme et des siens est aisée. Dommage, et un peu immérité pour ce concert en forme de feu d'artifice très rock'n'roll. Pas de quoi bouder son plaisir toutefois ! (M.C.)

On se dit en tout cas peut-être à l'année prochaine, pour l'édition 2015 de Rock en Seine, du 28 au 30 août.

Merci à Ephélide !

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