Rock en Seine, Saint-Cloud, du 28 au 30 août 2015

03/09/2015, par , et | Festivals |
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Le festival francilien a été épargné par les éléments, pourtant peu cléments la veille de l'ouverture. Au programme de ces trois jours, dont deux sous un soleil ardent et une chaleur étouffante, quelques beaux moments, deux ou trois découvertes, des retours contrastés, pour une édition qui ne restera peut-être pas dans nos annales mais qui a permis au festival de faire le plein avec 120 000 spectateurs (au prix de quelques embouteillages spectaculaires lors des changements de scène). On y était, on vous raconte.

Foule

Vendredi 28 août 

La pluie de la veille n’est certainement pour rien dans les déploiements de sécurité ou dans les traditionnels bouchons de l’espace presse – où l’on est toujours très bien reçu, ceci dit. Mais c’est en tout cas trop tard que j’arrive sur le site pour réellement entendre Ghost (qui a de jolis masques, quand même), et je me précipite donc vers la scène Pression Live, où se produit Kate Tempest. L’Anglaise dégage une énergie folle, avec une voix qui semble toujours sous tension. Je dirais même qu’elle a l’air sacrément en colère, surtout que j’arrive au milieu d’un discours féministe enflammé, débité d’une traite une main dans la poche de son jeans. Si elle est impressionnante, de présence et de maîtrise, habitant ses chansons, je suis un peu plus circonspect sur le groupe qui l’entoure, pas tant le batteur d’ailleurs que le musicien aux claviers/machines qui complète l’ensemble. Sans doute un peu de souplesse et de chaleur avec un “vrai” groupe aurait pu équilibrer l’ensemble, râpeux mais qui donne envie d’y revenir. Gros potentiel, donc à suivre. L’équipe POPnews commence alors à recoller les wagons, histoire de glisser vers la scène de l’Industrie, pour le “phénomène” Jeanne Added. (M.C.)

Avec son changement de style spectaculaire, la Française a aussi réussi à se créer un public nombreux, massé devant la scène bien qu’il soit encore relativement tôt (17 h). Jeanne Added n’en est pas moins extrêmement à l’aise, avec une très belle présence scénique, qui se double d’une maîtrise vocale impressionnante – mais un peu envahissante, paradoxalement, pour mon collègue David. Je ne peux que lui donner raison, a fortiori en constatant le contraste entre quelques sons très martiaux et synthétiques et des inflexions vocales soul par instants. Cela affecte aussi la setlist, qui alterne comme sur l’album dureté (“Miss It All”, “War Is Coming”, très convaincant) et ceux sous le sceau de l’émotion (“Look at Them”, “Be Sensationnal”), ce qui peut désarçonner. Si le public est aux anges, je suis encore un peu en retrait malgré un potentiel certain. (M.C.)

Expert en explorations de styles musicaux divers sur ses différents EP, Wolf Alice se résume sur scène à une sorte d’hybride entre psychédélisme, grunge et britpop. La presse britannique a beau s’enflammer pour les prestations du groupe, leur set sur la scène Pression Live Kronembourg ne sera pourtant pas d’un grand intérêt, faute de chansons qui tiennent vraiment la route. On sent qu’il y a un potentiel qui pourrait les mener vers un public plus large avec leurs guitares rageuses bien comme il faut, un moment d'apaisement qui flirte avec le type de slow joué au bal de promo, mais le tout sonne trop daté et manque encore de conviction. (D.J.)

On part ensuite écouter Jacco Gardner, scène de l’Industrie. Encore un très bon set du Batave, qui avait pris le parti de mettre un peu de nerfs dans ses mélodies, peut-être pour s’adapter à un public qui est venu le voir, ou qui avait plutôt comme objectif The Offspring (...) ou Kasabian. Le résultat fut en tous points une réussite, passant du premier (“Clear the Air”, “Lullaby”...) au second album (“Hypnophobia”, “Find Yourself”, “Face to Face”) dans un même mouvement, picorant allègrement dans la pop 60's-70's. Évidemment, il n’y avait pas la place pour des expérimentations, mais ce bol de pop avait quelque chose de rafraîchissant alors que quelques heures plus tard devaient jouer des groupes beaucoup moins subtils. (M.C.)

 

FFS1

Le concert de FFS, scène de la Cascade, était sans doute l’un des plus attendus de cette édition, et il n’a pas déçu. Une version réduite (1h10 environ) de ceux donnés récemment à Paris et Lyon, notamment, où les morceaux du récent album commun (“Collaborations Don’t Work”, “Police Encounters”, l’étonnant “So Desu Ne” avec ses boucles de clavier rappelant la musique répétitive…) alternaient avec des classiques des Sparks (“The Number One Song in Heaven”, “This Town Ain’t Big Enough for Both of Us”…) et de Franz Ferdinand (“Do You Want to”, “Take Me Out” bien sûr…). A une grosse génération d’écart (les premiers ont démarré au début des années 70, les seconds trente ans plus tard), les Américains et les Ecossais partagent le même goût pour une musique à la fois sophistiquée et accessible, arty et pop. Sur scène, “la collaboration marche”, comme le dit malicieusement, dans un excellent français et dans un curieux poncho, Russell Mael, qui ressemble un peu à Nicola Sirkis, en plus jeune. Elle fait même des étincelles, les frères Mael apportant le brin de fantaisie et de souplesse (ah, la petite danse de l’habituellement imperturbable Ron…) au groupe d’Alex Kapranos, impressionnante machine de guerre qui risquait de finir par tourner à vide. Tout cela se termine joyeusement par un sympathique “Piss Off”… Un très bon moment. (V.A.)

miossec 1 

Pauvre Christophe Miossec, programmé scène de l’Industrie en même temps qu’Offspring sur la grande, et obligé de subir les assauts sonores des vieux néo-punks d’Orange County. D’où quelques piques adressées aux Américains, qui ne risquaient pas de l’entendre… Si le groupe qui accompagne le Breton, alternant l’électrique et l’acoustique (violoncelle, contrebasse, bodhrán ou quelque chose d’approchant…), est impeccable, on ne peut en dire autant de sa voix, qu’il force souvent pour un effet pas des plus heureux. Surtout sur les anciens titres, “La Fidélité” ou “Regarde un peu la France” (qu’on était quand même content d’entendre), ceux du dernier album, plus sobres, s’en sortant un peu mieux. Apparemment, le magnifique “Brest” a été joué en rappel avec le renfort du public mais nous étions malheureusement déjà partis, pensant le concert terminé… (V.A.)

miossec 2

Entre deux concerts géants, la scène Ile-de-France, abritée sous un chapiteau, représente une agréable étape à taille humaine. Le cadre idéal pour écouter la rafraîchissante pop en français de Cléa Vincent et de ses trois musiciens. Quelque part entre Isabelle Antena et Muriel Dacq (“Tropiques”, guilty pleasure absolu), ses chansons légères et estivales sur fond de synthés ont un charme à la limite de l’inconsistance, mais auquel il est difficile de ne pas se laisser prendre. Ce qu’il y a de bien avec cette scène, c’est que comme il s’agit d’artistes parisiens, il y règne une certaine ambiance (assurée visiblement par les potes), qui donnait un air de mini-club au sein d’une marée humaine assez impressionnante. (V.A. et M.C.)

Sur la scène Pression Live, les Américains de Son Lux clôturent cette première journée. Le trio (guitare, batterie, synthés) propose une musique très découpée, presque chirurgicale. C’est ambitieux, riche, original… mais on peine à se passionner pour ces expériences alors qu’un froid humide est tombé sur le domaine de Saint-Cloud (n’annonçant pas vraiment les grosses chaleurs du samedi et du dimanche). Allez, un petit bout de Kasabian en passant (confirmant qu’on ne pense pas grand-chose de ce groupe sans doute programmé pour rameuter du britiche), et direction le métro. (V.A.)

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