La Route du Rock - Collection Hiver 2008 : Yeasayer, Dirty Three, José Gonzalez, Pluramon & Julee Cruise, Le Loup, Vic Chesnutt, MGMT, Caribou, Zombie Zombie

05/03/2008, par | Festivals |
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Samedi 23 février

le-loup

Quelle surprise et quelle bonne surprise !! Quelle prestation de ces sept gamins de Le Loup qui nous confirment qu'on peut commencer la soirée et mettre le feu. Les morceaux de ces Américains sont bien plus épiques et éclatants que sur leur album ("The Throne of the Third Heaven..."). Tout tourne autour du remuant leader Sam Simkoff qui alterne guitare, banjos, clavier avec toujours la même frénésie. La construction des morceaux est toujours assez identique, des phases d'accalmie aux sonorités doucement lo-fi se chevauchent avec des fulgurances beaucoup plus audacieuses marquées par des montées de cuivre, des choeurs fragiles surmontés par les déclamations orageuses de Simkoff, véritable petite bête de scène.
Le groupe est encore jeune et un peu timide, quel groupe cela fera quand ces jeunots auront pris de l'assurance et de la maturité. A suivre de très près.

vic-chesnutt

Mais c'est Vic Chesnutt qui va remporter la palme du meilleur concert du week-end. Accompagné du Thee Silver Mt Zion Memorial Orchestra et de Guy Picciotto (Fugazi), Chesnutt est venu défendre son dernier album : "North Star Deserter". Je l'avoue, avant ce concert je connaissais assez mal Vic Chesnutt et la qualité de son concert m'en rendra honteux. Alternant passages post-rock tendus avec des passages plus intimes où ressort encore de façon plus éclatante sa sublime voix, le gars d'Athens va convaincre tout son auditoire, même les plus dubitatifs. Le public est happé et passe par toutes les émotions, à chaque retombée sonore, c'est un silence intense et respectueux qui accueille les passages mélancoliques de l'Américain. Vic Chesnutt réussit là un des concerts les plus marquants de l'histoire de la Route du Rock.

C'est au tour de MGMT, prononcez Management (ou pas, on ne vous oblige à rien non plus) de prendre la suite. Les Américains effectuent une très bonne prestation, très carrée et professionnelle alternant passages psyché-glam façon Bowie ("The Handshake"), pop folk classique ("Pieces of What") avec des titres catchy electropop façon M83 aux sonorités plus actuelles ("Kids"). Le concert est très plaisant, mais la comparaison avec Vic Chesnutt n'est pas facile à tenir. Néanmoins nombre de spectateurs siffloteront sans s'en rendre compte l'entêtant et rigolo "Time To Pretend" dans les couloirs de l'Omnibus. Alors à la question de savoir si Goldwasser et VanWyngarden méritent le buzz qui tournent autour d'eux, on se laissera encore quand même un peu de temps pour en juger.

La mise en scène de Caribou est originale, deux batteries sont face à face devant la scène, le guitariste et le bassiste se voient relégués au fond. Multi instrumentiste, Dan Snaith (leader du groupe) alterne batterie, guitare, flûte, clavier pour une orchestration riche, très sonore et aux ambiances électriques dignes de Ride. Caribou effectue un set puissant, mélangeant allègrement shoegazing, psyché et pop dans une ambiance très électrique. Le catchy "Melody Day" est joué vite d'entrée comme sur l'album pour ne pas laisser au public l'envie d'attendre le tube de l'automne 2007 pour juger de la qualité du set. Subjugué et conquis, on a le sourire jusqu'aux oreilles, quelle soirée !

Soirée parfaite, c'est ce qu'on se disait avant d'écouter Zombie Zombie. Quelle stérilité ! Les deux protagonistes (Neman Herman Düne à la batterie, Etienne Jaumet aux synthés vintage) s'amusent pourtant bien autour de leurs instruments, mais pas nous. Quel ennui... La salle se vide progressivement, les festivaliers préférant rester sur l'excellence de Caribou que sur le faible entrain du duo krautrock hardcore français.


Photos par Pierre-Yves Arnoux // entro_py photography

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