Saloon - Interview

29/05/2002, par Gildas | Interviews |
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Guillaume pense que l'album est plus optimiste que les singles. Je crois qu'il l'est moins que les concerts. Dans quel état d'esprit étiez-vous pendant l'enregistrement ? 

Amanda: les singles étaient plus immédiats et plus significatifs de notre état d'esprit du moment. Pour le LP, nous voulions plus une expérience cohérente. Nous n'avons pas eu la possibilité de faire d'album pendant les deux premières années du groupe. Nous ne voulions pas attendre de trouver un label, nous savions quand le moment serait approprié. L'album a pris sacrement longtemps à enregistrer et à mixer parce que nous voulions qu'il soit aussi bon que possible. Heureusement, vous n'aurez pas à attendre aussi longtemps pour le suivant !
Michael: nous étions affamés. Tous les rythmes se faisaient avant le déjeuner. J'ai particulièrement aimé pouvoir faire les cuivres et les overdubs de percussion. La pièce que nous avons utilisée se prêtait vraiment à ces sons.
Adam: un mélange de stress; de fatigue et de nervosité au moment de faire notre disque le plus important, tout seul. Le choix des chansons était fait avant que nous en soyons à ce stade. C'était aussi consciemment moins optimiste. Un grand nombre de premiers albums ne sont que l'enregistrement du côté inexpérimenté et de l'énergie d'un groupe, ce qui peut parfois fonctionner, comme le premier album d'Electrelane. Mais étant des gens difficiles, nous voulions tous en faire un peu plus : un disque sur l'espace, le sentiment, où chaque son peut être entendu. Nous souhaitions faire un album qui suggère un merveilleux voyage et pas une claque dans la figure.

Il y a une sensation définie, cohérente et consistante tout au long de l'album. A-t-elle été apportée consciemment ? Quelles sont vos ambitions en termes de production ?
Amanda: quand nous les avons enregistrées, nous voulions que chaque chanson soit différente, mais aussi puisse composer un ensemble. C'est la production qui donne à l'ensemble de l'album sa consistance. Je crois que c'est ce qui fait que l'album est meilleur en tant qu'ensemble.
Adam: la production articule la voix. Je ne supporte pas les albums découpés en morceaux. Certains morceaux y ont clairement été produits plus encore, avec plus d'argent pour en faire des singles. On peut presque entendre le cynisme couler le long des murs du studio. "In Utero" est un parfait exemple de cela, où la voix âpre de l'album et l'artiste se sont avant tout mis d'accord pour faire du fric.

La plupart des titres ont été enregistrés il y a longtemps, et mixés peu après. Est-ce que vous aimez toujours le résultat ? Etiez-vous frustrés par cette attente ou était-ce une étape dans votre travail ?
Michael: ce n'est pas une frustration, plutôt une sorte de préliminaire.
Matt: oui, nous sommes toujours satisfaits des choix que nous avons pris. À ce moment-là, nous apprenions, et cela se voit, je pense que c'est important pour le disque, c'était le meilleur album que nous pouvions faire à l'époque. Ce qui est vraiment frustrant d'avoir une réalisation dont vous êtes fier et de la voir prendre la poussière sur une étagère dans votre chambre.

Votre expérience en concert est assez différente de ce que propose vos disques, parfois plus rapide, plus bruyante et généralement plus énergique. Pourquoi une telle différence ?
Michael: si on doit faire un concert de trente minutes, cela nous laisse seulement trente minutes pour impressionner le public et lui donner un aperçu de toutes les facettes qui composent Saloon. L'album on peut l'écouter quand on veut, encore et encore, il n'y a pas la même urgence donc on a pu se permettre d'être plus subtil, plus insidieux dans les arrangements.
Matt: on aime beaucoup la dynamique des concerts, que ce soit pour nos chansons les plus douces ou pour celles plus rythmées, plus bruyantes. Mais je pense que nos influences agressives punk remontent à la surface quand nous sommes sur scène, comme quelque chose qui apparaît comme un besoin immédiat d'impressionner le public.

Croyez-vous qu'il y a quelque chose de typiquement anglais dans votre musique ?
Michael: c'est tout ce qui touche à cette excentricité interne et cet humour noir qui a toujours été influencé par l'Europe, de Tristram Shandy à Jarvis Cocker.
Adam: ce qui est certain c'est qu'il n'y a rien d'américain en ce qui la concerne. Je pense que l'on est touché par une certaine influence East Coast, mais rien de plus. J'espère qu'il n'y a rien de typiquement anglais dans notre musique. Ce qu'il y a de plus anglais est peut-être la légère influence folk-rock que nous avons de l'éternellement à la mode Nick Drake ou les éternels démodés Fairport Convention. L'Angleterre est un pays tellement arrogant, son industrie musicale était l'une des plus exportatrice, mais cela n'est plus du tout le cas. Venir d'Angleterre ne veut plus du tout rien dire aux Etats-Unis à présent.

À qui n'aimeriez-vous pas être comparés ?
Michael: Garbage, The Corrs, Belle & Sebastian, Beth Orton.
Amanda: Emmanuelle.
Adam: Chris de Burgh, Beautiful South, Dexy's, Phil Collins,
Alison: Belle & Sebastian, Slipknot.
Matt: n'importe qui pourvu que le journaliste croit que c'est évident.

Quels artistes ont vos faveurs en ce moment ?
Michael: musicalement : Mike Ladd, Her Space Holiday, Telefon Tel Aviv, Television.
Amanda: Call and Response, Nancy and Lee.
Adam: Roy Budd, Printed Circuit, Sandy Denny, John Wyndham, Kraftwerk, Truffaut, ESG, Delia Derbyshire.
Alison: en dehors des groupes contemporains : The Brian Jonestown Massacre, Mercury Rev, The Warlocks, The Soundtrack of our Lives, BRMC, The Bellrays, The Shins…
Matt: Electrelane, Hood, New Flesh, Ocean Of Sound par David Toop, City Rockers et Rephlex labels

Quels sont les prochains projets de Saloon ?
Michael: On espère d'autres aventures à travers l'Europe !
Adam: certainement faire d'autres satanées interviews !

La dernière question nous vient de Guillaume et je dois vous la laisser en français... Certaines choses sont meilleures, laissées en français : "Alison, que fais tu pendant les 40 prochaines années ? Tu ne veux pas venir jouer du viola un peu chez moi ?"
Michael: vieux pervers !
Alison: comment ? Hey, Guillaume, je ne suis jamais allée plus loin que mes cours de français, niveau bac… seulement mes cours sur la Nouvelle Vague… Demande-moi en anglais, et j'y réfléchirais.

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