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SAMIR BARRIS

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Le Chemin
C'est le seul reliquat d'un travail déjà bien entamé sur le deuxième album de Melon Galia (qui ne sera donc probablement jamais enregistré). J'avais commencé un texte que j'ai creusé ici, je lui ai donné un groove plus reggae (j'ai découvert sur le tard que je pouvais aimer une partie – conséquente – de la musique jamaïcaine) qui marche avec le message un peu naïf mais sincère de la chanson : se faire un chemin dans la vie, libéré d'un maximum de contraintes (sociale, morale, religieuse, esthétique…), en amoureux tragique de l'existence.

Plaire
Je suis vraiment très content de celle-là.
Un picking à la Nick Drake (j'ai acheté une guitare avec une grande caisse à 100 euros sur eBay pour avoir le son que je voulais - je ne l'ai utilisée que pour ça, elle est presque injouable) et des supers chœurs (non ?). Olivier, un copain chanteur, m'avait fait comprendre qu'il n'aimait pas trop les trucs que je lui avais fait écouter. Le texte est venu suite à ça.
Il y a un moment où on ne peut plus passer son temps à écouter ce que les autres pensent. Il faut faire son truc, comme on le sent, pour le pire et le meilleur. Bien sûr, mes chansons sont bourrées de défauts, bien sûr elles ne plairont pas à plein de gens (et moi-même, dans tout ce qu'on me fait écouter, il y a plein de trucs que je trouve médiocres), c'est le jeu. Plaire à quelques uns, voire à beaucoup, mais à tout le monde ?

Les Remontrances
Une chanson sur ma propension au désordre. Je suis assez content du texte, du fait qu'on ne puisse comprendre qu'à la fin que je suis le "tu" de la chanson plutôt que le "je", c'était un bon moyen, il m'avait semblé, d'éviter l'auto-complaisance qu'il aurait pu y avoir, si je n'y prenais pas garde, dans la pose surfaite de "l'artiste désordonné". Vous me suivez ?

Je voudrais pas crever
Un poème de Boris Vian que j'ai mis en musique. J'ai fait les trompettes moi-même et on les a gardées comme ça un peu fausses, je trouvais que ça donnait un cachet Afrique de l'Est assez sympa.

Salut bonjour
Je voulais trouver un moyen de parler de cette période de ma vie où je fantasmais sur un tas de filles sans jamais oser les aborder (la fille du bus 13, la fille de la bibliothèque, la fille du cours de littérature comparée, etc.). Pour la musique, j'ai essayé de mixer une influence folk avec un côté "Jacques Demy - Michel Legrand", la chanson étant très visuelle, enfin il me semble. J'ai aussi pris mon pied sur les chœurs.

Au pré de Toram
J'avais envie de poursuivre une série initiée par Dick Annegarn ("Ah ce qu'on est bien, dans ces jardins"), puis Mathieu Boogaerts ("Ah ce qu'on est bien au bord de la mer").
"Ah ce qu'on est bien ici au sommet" seraient mes premiers mots et j'enchaînerais sur des souvenirs de vacances passées avec des amis dans les Alpes de Haute-Provence. Un jour, j'ai reçu un mail sympathique m'informant que Toram s'écrivait en fait Thorame. Je me suis senti un peu bête de ne pas avoir vérifié.
J'ai enregistré toutes les batteries de ce disque en une journée. J'ai commencé par les plus pêchues , "Les Remontrances", "Le Fossé" où ça va parfois très vite au charley. Arrivé au "pré de Toram", j'étais complètement mort et plus du tout inspiré, j'ai vraiment fait une batterie très lâche et nonchalante. Gilles Martin a pris le parti de la mixer très fort, ça m'avait surpris au début, j'étais plutôt pour faire l'inverse… Mais au final, j'adore ce choix – je crois que c'est important, surtout sur un premier album, d'assumer (jusque dans le mixage) ses défauts comme ses qualités… C'est une chance de rendre le disque plus vivant et plus personnel. D'ailleurs, et ça s'entend, on n'a pas abusé de l'autotune (effet de studio qui permet de corriger la justesse), même quand ma justesse laissait vraiment à désirer. Ma voix sur "Le Fossé" est parfois limite mais, je peux le dire, plein de filles trouvent mon timbre "craquant - les filles aiment quand on chante faux (Bob Dylan, Lou Reed, Bernard Menez).

Propos recueillis par Vincent Arquillière