Sammy Decoster - Interview

25/09/2010, par David Dufeu | Interviews |
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SAMMY DECOSTER

Sammy Decoster, artiste lillois imprégné d'americana, de folk, et d'indie rock (pour faire court), répond à quelques questions deux jours avant sa prestation à Kiosquorama, festival en squares parisiens. Il évoque la campagne et la ville, ses concerts et ses barbecues, et son futur album, qui sera le deuxième. La scène se passe dans un troquet lillois.

Tu habites à la campagne, mais es souvent à Lille ou à Paris. Tu sembles entretenir ce contraste, cette dialectique, non ?
Je me sens plus à l'aise à la campagne, je suis plutôt contemplatif, tu sais ; et puis j'aime bien maintenir une certaine distance avec la ville. J'aime bien profiter de l'énergie des villes, bien sûr, et à Lille, il y a plus un côté ville de province - mais j'aime bien en profiter et pouvoir en sortir facilement, ce qui n'est pas le cas à Paris. Bon, ça correspond plus à ma sensibilité.

Dans mon activité de musicien, j'aime bien le fait de combiner la musique et le voyage. Avant je bossais comme éducateur, je m'occupais de personnes handicapées mentales, j'avais envie de mettre de l'énergie là-dedans. Et puis je me suis mis à faire de la musique, et là je vois moins cette activité, de musicien, donc, comme un travail - pour moi ça ne change pas grand chose que je signe avec une maison de disques, ou que je grave des CD-R à des amis. Je ne me lève pas le matin en me disant, tiens, il faut que je compose des morceaux. Il y a eu un passage un peu bizarre entre le fait de se sentir super utile dans un travail, et le fait de se dire, "tiens aujourd'hui je vais faire de la musique", sans savoir quelle va être la portée de ton disque, les concerts, etc... Même si le fait est que j'évolue dans des structures qui sont professionnelles.

Est-ce que tu te reconnais dans la scène folk lilloise qui existe depuis quelques années maintenant, qui gravite notamment autour du Caf&Diskaire ?
Pas vraiment, même si j'apprécie beaucoup certaines personnes qui y sont liées, comme Bertrand, [qui gère le café] dont le projet est super, et puis il y a le Drugstore aussi, mais bon quand je suis dans le coin, je reste plutôt chez moi, à la campagne. Par contre, j'étais content de participer à diverses manifestations, à la Fête de la Musique, avec ces gens-là, c'était vraiment sympa.
Mais bon, ma famille musicale, puisque tu me le demandes, c'est plutôt les groupes auxquels j'ai participé, Verone et Ultra Orange, et puis j'ai rencontré souvent des gens sur la route, de divers horizons, un gars de Major Deluxe, d'autres de Belgique, ou de Marseille.

Tu es attaché au format groupe ?
Non, c'est juste que j'aime collaborer à des projets à des moments donnés ; là j'ai un groupe qui s'appelle Tornado, c'est un groupe d'amis, c'est l'idée du groupe telle que je pourrais l'imaginer idéalement, où chacun peut apporter quelque chose. C'est pas évident d'ailleurs, parce que j'ai beaucoup utilisé le quatre-pistes, puis l'ordinateur, et j'avais développé une façon de composer liée à ces moyens techniques qui faisaient que je faisais un peu de batterie, un peu de basse, du coup ça me permettait d'aller très vite. En groupe, c'est différent, tu peux arriver avec une idée de batterie très arrêtée, dire "vas-y, fais ça", mais ce que tu obtiens, je pense que c'est mieux que ce que tu avais dans la tête au moment où tu as eu cette idée. L'idée de groupe, c'est se laisser cette place, cette liberté.
J'aime jouer seul, ou en groupe. En solo, tu peux arriver sans setlist, sans stresser les autres ; j'aime aussi jouer en duo, avec Matthieu, mon ami contrebassiste, avec qui je vais jouer au square ; on aura aussi une batterie faite avec une valise. On est parfois en trio... Peu importe je pense, l'idée c'est de profiter d'un truc à un moment donné, avec des morceaux qui se tiennent en guitare-voix.

Tes morceaux peuvent être très différents. D'où vient cette variété de styles ?
En fait, depuis que je suis petit, plus que des disques, j'ai passé beaucoup de temps à faire des compilations ; j'aimais bien passer des Platters à Sebadoh, des trucs qui n'avaient rien à voir entre eux. Du coup, j'aime bien aussi l'idée de faire un disque qui ait du relief - ce qui ne veut pas dire que je ferai ça tout le temps, mais le disque qui arrive, je le vois un peu comme une balade, t'es en bagnole, et tu passes dans une forêt, après dans un village, puis en ville... Il n'y a pas de barrière, je ne me dis pas "tiens je fais du folk"...

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