Saul Williams invite Beyoncé

03/09/2006, par Luc Taramini | Concerts |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Poète, slammeur, acteur, musicien... Saul Williams est devenu en une dizaine d'années une conscience de l'Américaine noire doublée d'une star underground très populaire. La preuve, sur la scène du Point Ephémère, entre deux harangues de hip hop métal pas toujours finaudes, le "nigga" comme il se désigne lui-même, annonce au public que ces shows ont besoin de divas. Le voilà, tout haletant, qui appelle Beyoncé sur scène. La salle surchauffée scande avec lui "Beyoncé, Beyoncé". D'un pas hésitant, la diva fait son apparition. Tonnerre d'applaudissements. Seul hic, la Beyoncé de Saul Williams a la peau blanche, des cheveux châtains et des lunettes de soleil ridicules. Léger flottement dans la salle. C'est pas Beyoncé, c'est Camille, la chanteuse bien de chez nous. Saul Williams hilare entame a capella un negro spiritual en martelant le quatrième temps de chaque mesure d'un pas lourd. Ruisselant de sueur dans la lumière crue, Williams n'est jamais aussi magnétique que dans le dépouillement, sa voix chaude et profonde n'ayant rien à envier au dieu de la soul des années 70. A ses côtés, Camille sort les avirons pour exister. Le public bat la mesure comme s'il avait été transporté au beau milieu d'un champ de coton. La diva prend un peu d'assurance. Elle grimace et gémit sur le contre-chant. Lui rayonne. Le DJ noisy, un grand black à lunettes de soleil et crête punk, se terre dans l'ombre sans toucher à ses platines. Le public suspendu aux incantations du chanteur plonge dans le recueillement. Visiblement improvisée, la rencontre de Saul Williams et de Beyoncé fut sans doute le seul vrai moment de grâce de ce concert trop bruyant et trop caricatural. Le slammeur aurait-il oublié que sa parole de black rebel n'a pas besoin d'effets pour porter ?

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals