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Sébastien Schuller - Interview - POPNEWS Juin 2009

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Ton rapport à la musique est-il de l'ordre du petit laborantin dans son home studio ?
A l'origine oui, même si j'aime aussi improviser avec d'autres musiciens. Par dépit de ne pas avoir trouvé un groupe, je me suis résolu à faire de la musique tout seul et forcément ça implique une immersion totale. J'aime composer et c'est certainement l'étape que je préfère plus que la production. Ensuite l'étape du live, c'est le partage, on relie des parties et chaque musicien apporte de lui-même.

Dans tout ça, comment considères-tu ta place de chanteur ?
Plus ça va, plus elle devient centrale et plus ça vient directement. En tout cas sur cet album c'était le cas, à part peut-être pour le titre « Balançoire ». Après dans la manière où elle se place, ce n'est pas toujours une voix de chant mise en avant. Selon les morceaux il y aura des voix plus instrumentales et d'autres plus popsongs. Je crois que c'était déjà le cas sur "Happiness".

Sébastien Schuller



Comment fais-tu pour te renouveler, n'as-tu pas peur de tomber dans une recette en composant des morceaux très atmosphériques ?
Sur cet album-là, il y a beaucoup plus de rythmes que sur "Happiness". En tout cas ça se vérifie dans la version live. Il est vrai que j'ai fait pas mal de morceaux sur des tempos lents et une de mes envies était de rajouter du rythme. Je pense que j'y suis à moitié parvenu. A partir du moment où j'arrive à faire de nouveaux morceaux avec des couleurs différentes, j'ai quand même l'impression d'avancer et de ne pas me répéter. Parfois, effectivement, j'ai cette crainte alors je laisse le morceau de côté.

Sur ton site, on peut lire la définition du verbe "surprendre" : Est-ce que la volonté de surprendre est déterminante dans ta démarche artistique ?
Oui. D'abord de me surprendre parce qu'ensuite on a plus de chances de surprendre les autres. Je suis souvent attiré par des projets qui représentent une certaine inconnue. Quand je sens que je ne me surprends plus ça m'inquiète et j'essaie de renouveler ça en achetant de nouveaux instruments ou en me remettant totalement en question.

Le fait de vivre aux Etats-Unis a-t-il eu une incidence sur ta musique ?
Certainement, même si ce sont à la fois mes vies parisienne et américaine qui ont joué sur ce disque-là. J'ai des souvenirs en me promenant dans un parc d'avoir entendu des espèces de carillons psychédéliques qui venaient d'une église. C'était en fait une bande enregistrée. Je trouvais les sons très intéressant donc j'ai essayé de reproduire ça aussitôt à la maison et ça a donné tout le début du morceau de "Awakening".

Es-tu proche d'une communauté artistique aux Etats-Unis ?
Pas réellement parce que je suis assez casanier là-bas et pas encore très actif musicalement. En dehors de ça, j'ai pu rencontrer des musiciens que j'ai pas mal écoutés ces dernières années comme Sufjan Stevens ou Beirut. J'ai un ami tromboniste qui joue avec moi et qui a aussi tourné avec eux. Brooklyn est un petit village où tout le monde se connaît, comme Paris en fait.

Est-ce que Perry Blake est l'une de tes influences car je trouve qu'un titre comme "Open Organ" s'en rapproche beaucoup ?
On m'a déjà dit ça, ça me fait sourire. Perry Blake, j'avais adoré le premier album. Je pensais avoir des compositions qui sonnaient beaucoup plus comme lui bien avant "Happiness". Mes amis me l'ont confirmé. C'est peut-être au niveau du chant alors, je ne sais pas…

Comment vois-tu l'évolution de ta musique depuis que tu composes ?
Je compose de la musique depuis mes 18 ans même si mon premier disque a mis du temps à sortir. L'évolution la plus importante s'est faite avant "Happiness" vers 1998. C'est-à-dire à l'époque où j'ai vraiment commencé à finir des compositions. C'était une période très prolifique pour moi. Avant cette période, j'éprouvais des difficultés à trouver des refrains et à les finir. Pour moi, c'était donc le fait de pouvoir avoir l'audace de finir des morceaux assez rapidement. Depuis, l'évolution n'est pas significative. Je navigue vers différents horizons toujours avec l'espoir de ne pas me répéter et de me surprendre. Chaque nouvelle surprise est comme une mini évolution.


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