Seilman Bellinsky - Track by Track

14/03/2014, par Matthieu Chauveau | Track by track |
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Jonathan Seilman (This Melodramatic Sauna, Le Feu) nous livre quelques clés de lecture pour appréhender le premier LP entêtant de Seilman Bellinsky, nouveau groupe nantais formé avec Rémy Bellin (Bela Vaudou, Goudron), Pierre-Antoine Parois (Papier Tigre, Room 204) et Anthony Fleury (Fordamage).

Seilman Bellinsky

"Akshipthika"
"Dans la musique indienne, carnatique, l'akshipthika est une première et longue partie qui introduit le rāga par une longue phase soliste de présentation des notes. C'est ça que nous avons recherché en mettant ce morceau en première plage du disque. Il est long, lent, répétitif, et pour moi il est vraiment une introduction parfaite au disque, qui plus est notre premier disque. Il représente l'essence même du groupe.
Ça a également été le tout premier morceau que nous avons travaillé en duo avec Rémy au début. Pour la petite histoire, Rémy avait amené plusieurs morceaux aux arpèges plutôt rapides mais à force d'opium et d'alprazolam, nous avons décidé de tout ralentir au maximum. Ici le concept de la lenteur a été poussé à son paroxysme. Pour moi, même si nous tendons aujourd'hui vers autre chose, "Akshipthika" c'est Seilman Bellinsky, et sa place en ouverture n'est pas anodine, bien qu'il puisse faire peur tellement il s'étend et s'étend et s'étend. On prépare l'auditeur à quelque chose. A contrario, nous l'avons souvent joué en dernier en concert."

"Wild Cries of Ha-ha"
"Wild Cries of Ha-ha" est un des huit grands charniers où les parties démembrées du corps de Rudra "Le Hurleur" (dieu hindouiste considéré comme la face sombre de Shiva et associé au vent, à la tempête et à la chasse) ont été dispersées. De son corps, sa tête, son cœur etc., huit grands arbres ont poussé, et dans le charnier du nord-est, le "Wild Cries of Ha-ha", il a donné vie à un noyer appelé Nadota, proche d'une montagne noire d'où coule un feu de sagesse. Ce morceau c'est ça, un cri après une longue méditation au pied de cet arbre... avec la montagne noire non loin de là.

"Occidens"
Ce morceau est le plus sale du disque. Le plus sombre et le plus torturé aussi. "Occidens" c'est bien entendu Occident en latin. Tout est dit. C'est par ailleurs le premier morceau réellement composé à trois avec Pierre-Antoine et en répét sans que Rémy et moi ne nous soyons vus avant.

"Mahakali"
"Mahakali", pour le coup, c'est la déesse hindou du temps et de la mort. J'aime particulièrement jouer ce morceau en live qui ouvre généralement notre set. Également un des premiers morceaux composés avec Rémy.

"Sun Dial"
"Sun Dial", le rayon solaire, le cadran solaire. C'est la chanson la moins sombre du disque, la seule qui tend vers une certaine lumière selon moi. Je l'aime beaucoup mais nous ne l'avons jouée que très peu depuis les premiers concerts. Je trouve qu'elle a ceci dit sa place dans le disque. Et puis qui sait, peut-être y reviendrons-nous.

"Aversion To The Decay Of Impermanence"
Dernier morceau du disque et dernier morceau composé à trois avant l'arrivée de Tony à la basse qui, bien qu'il soit cité sur ce dernier, n'a pas joué dessus. Anitya, l'impermanence, est, selon le bouddhisme, l'une des trois caractéristiques de toute chose. L'impermanence s'avère la cause de la souffrance car ce qui est impermanent n'est pas satisfaisant. Mais l'impermanence est aussi promesse de changement : le progrès sur la voie spirituelle n'est possible que parce que comme toute chose, notre état présent non-éveillé est impermanent. Ce morceau en est le reflet, c'est une transe, quasi tribale, un exutoire.

 

Chronique de l'album de Seilman Bellinsky ici.

Album en écoute et en vente (double vinyle) sur le site du groupe.

Photo : Jérôme Blin / Collectif Bellavieza

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