Serpentina - Planeando en tu Azotea

29/02/2008, par Christophe Patris | Albums |
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SERPENTINA - Planeando En Tu Azotea
(Elefant Records) [site] - acheter ce disque

SERPENTINA - Planeando En Tu AzoteaL'air de rien, l'efficacité d'une chanson pop tient à des codes drastiques dignes de l'unité dramaturgique aristotélicienne : une alternance métronomique du couplet-refrain, un "padapada" étudié au millimètre, le tout servi en moins de deux minutes trente... Résultat : le deuxième album des Espagnols Serpentina, malgré ses douze titres, tient en seulement vingt-cinq minutes. Gageons qu'enfants, Maria et Paco Tamarit ont dû passer les vacances de Noël devant la télévision, à apprendre par cœur les refrains de leurs comédies musicales préférées doublées en espagnol. Trente ans plus tard, ils nous resservent les mélodies effervescentes de leur enfance sous la forme d'une Cocktail Pop euphorique et diablement efficace. Un peu de Henry Mancini période "The Party" (Claudine Longet y compris), un peu de Michel Legrand (du "Cake d'amour" à la "Chanson de Maxence"), un peu de Françoise Hardy période Gainsbourg... Pour ceux qui en doutaient encore, la pop espagnole va bien au-delà de Las Ketchup et Manu Chao. Depuis près de vingt ans, le label madrilène Elefant Records sort merveille sur merveille (sur merveille) - des groupes et des disques sous forte influence britannique (du Swinging London à la Brit Pop), mais qui ne passent, hélas!, que très rarement les barrières de la langue. Dans cette véritable famille musicale, la pop chambrée de "Planeando en tu Azotea" fait office d'un parfait apéritif en terrasse. Le festival mélodique y est inversement proportionnel à la durée des chansons : infini. Le xylophone omniprésent, les harmonies discrètes de cordes, mais surtout le mariage des voix de Paco et de sa sœur Maria enrobent ces douze comptines d'un dilettantisme chic en apparence futile, où plane pourtant la menace de la mélancolie et de la désillusion. De la pop originelle, donc, avec un son résolument rétro, qui semble nous rappeler que la vie est décidément trop courte pour d'interminables solos de guitare électrique.

Christophe Patris
Festival
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