Shannon Wright - Providence

03/12/2019, par | Albums |
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Shannon Wright - Providence

Cela fait longtemps que l’on suit et aime le travail de Shannon Wright, qui avec la régularité d’un métronome a su bâtir une discographie au-dessus de tout soupçon, en prenant pendant longtemps le parti de l’électricité et de la fureur. Avec “Providence”, l’Américaine - aux liens très forts avec la France, de son label Vicious Circle à ses généreuses tournées chez nous - a changé son fusil d’épaule, et l'a même posé à terre. C’est devant les 88 touches noires et blanches d’un piano qu’elle se retrouve, seule.

Il y avait bien eu au fil de ces 20 ans de carrière quelques moments qui avaient pu nous donner à espérer ce choix d’instrument, comme le très ancien “Defy This Love” (sur “Let in the Light” - 2007 quand même). L’écoute de ce nouveau disque est une révélation, car on y redécouvre Shannon Wright, toujours identique à elle-même pour ce qui est de l’intensité et du don de soi dans l’interprétation, mais aussi différente par les respirations qui viennent parcourir les titres. En sept titres et moins de 33 minutes, la native de Jacksonville signe là l'un de ses tous meilleurs disques, monument d’émotion(s), ouvert par le faussement tranquille “Fragments”, qui illustre à merveille la délicatesse dont fait preuve la musicienne alors que l’incendie couve. Si le piano s’accélère un peu sur “These Present Arms”, c’est qu’il semble suivre les battements de cœur/les voix en chœur, qui amènent le morceau à un climax émotionnel qui nous laisse le souffle court.

C’est parfois dans un souffle justement que Shannon Wright nous touche (“Close the Door”, “Wish You Well”), comme si elle souhaitait s’effacer derrière ce piano qui prend tant de place et pourtant la met en valeur, tant elle fait corps avec lui. Même quand le rythme se fait plus allègre, sur “Somedays” ou l’instrumental “Providence” (qui réaffirme d’ailleurs la justesse de son jeu), il reste toujours ce caractère profondément sincère, presque cru. Si le disque se referme sur un morceau intitulé “Disguises”, c'est bien cette mise à nu faussement apaisée qui en fait une œuvre majeure.

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  1. 1.Fragments
  2. 2.These present arms
  3. 3.Close the door
  4. 4.Somedays
  5. 5.Providence
  6. 6.Wish you well
  7. 7.Disguises

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