Should - Track by Track

29/08/2011, par Guillaume Sautereau | Track by track |
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Should est un groupe méconnu, un des premiers représentants du mouvement Shoegaze aux États-Unis, qu'on a pu découvrir tardivement par ici quand Words on Music, le label de Minneapolis, réédita "A Folding Sieve" il y a quelques années - l'album est d'ailleurs réédité à nouveau cette année par l'hyperactif label new-yorkais Captured Tracks. Sept ans plus tard, retour inespéré d'un groupe transformé : Marc Ostermeier nous narre la genèse du très beau "Like a fire Without Sound".

Glasshouse

J'aimais bien l'idée de placer un morceau relativement inattendu en ouverture de l'album, d'autant plus que notre dernier album datait de bien longtemps. En particulier, le passage de cordes, excessivement dramatique ; c'est quelque chose que l'ancien Should n'aurait jamais fait. Je pense que ce morceau doit beaucoup à Eno, et particulièrement à l'album "Another Day on Earth".

 

Turned Tables

Avec cet album, j'avais en tête l'idée d'écrire des pop songs plus directes, à la fois en termes de paroles et de musique. "Turned Tables" est probablement ma plus grand réussite dans ce sens, et c'est pourquoi je l'ai choisie pour être la deuxième chanson de l'album et comme vidéo. J'aime la façon dont la guitare et les cordes se répondent pendant le pont et à la fin de la chanson.

 

Slumberland

Initialement, "Just Not Today" et cette chanson étaient en fait deux parties d'un même morceau. Les versions album des deux morceaux partagent les mêmes sons de guitare et de clavier, et ont la même batterie et le même tempo. Il est intéressant que personne n'ait encore remarqué ces similarités alors que plusieurs chroniqueurs ont remarqués que l'intro à la guitare de "Slumberland" est presque la même que certaines parties de guitare de "Turned Tables", quelque chose que je n'avais pas remarqué auparavant. Eric, mon frère, qui a participé aux albums précédents de Should mais n'apparait pas sur celui-ci, a trouvé la progression d'accords du refrain quand je lui ai demandé de l'aide. Pour le refrain, j'ai pensé à Roy Orbison, et je suis très content du résultat, que je sois parvenu à l'imiter ou non.

 

Awake At Night

J'ai abordé les paroles d'une manière différente sur cet album. J'inventais une histoire ou une situation, et ensuite j'écrivais les paroles de la perspective d'un des personnages de cette histoire, en essayant de ne pas prendre de recul sur la situation. Ici, il s'agit juste du plaisir simple de regarder un jeune enfant lutter pour ne pas s'endormir à la fin d'une journée. Mon embellissement favori sur ce morceau sont les petites notes de guitare jouées avec une reverb mécanique, qui ont été ajoutées au dernier moment.

 

Just Not Today

La chanson reprenait initialement après l'arrêt (qui est maintenant sa fin), mais Eric a eu la bonne idée de me suggérer de la terminer comme ça. C'est la première chanson sur laquelle j'ai expérimenté le fait de doubler ma voix à l'octave, ce qui s'est avéré fonctionner plutôt bien et que j'ai utilisé sur d'autres chansons. Je pense que la phrase "But it had no permanence / Like my own disfigurement" est ma préférée de l'album. Il semblerait que cette chanson soit la préférée de pas mal de gens.

 

Broken

C'est une reprise de Disco Inferno. La chanson est seulement sur la version américaine de la compilation de leurs premiers single, album et EP, "In Debt". Vu sa position dans le tracklist de la compilation, j'ai longtemps pensé que c'était la première chanson de l'album, mais elle était seulement sur un flexidisc. Disco Inferno était un groupe génial et créatif, qui je l'espère aura droit à une attention renouvelée après la réédition imminente de cinq de leurs EP par One Little Indian.

 

Always Returning

Le titre est une référence à Eno, et va bien avec la nature répétitive et cyclique de la chanson. Je l'ai composée alors que je pensais que peut-être je m'éloignais trop des guitares. Le tremolo de la guitare et le piano électrique se mêlent harmonieusement. Dire que cela sonne comme un morceau tiré de "And Then Nothing Turned Itself Inside-Out" de Yo La Tengo serait un énorme compliment. Mon moment favori est la partie de guitare à l'envers qui apparaît à la fin du refrain et se prolonge au retour du couplet.

 

Famous for Her Dress

Tanya a un don naturel pour les harmonies vocales, et ce sont elles qui font l'essentiel de cette chanson. C'est l'histoire d'une fille qui ne s'est jamais remise de la mort de sa mère, une créatrice de mode qui s'est tuée en voiture pendant une nuit d'orage. J'ai voulu faire le solo de guitare le plus simple du monde (si on peut appeler ça un solo). La fin est plus sombre que je ne l'aurais souhaité. Il y a plein de petites choses intéressantes qui sont passées à l'as.

 

The Great Pretend

Avant 2005, les chansons de Should étaient enregistrées avec les moyens du bord, puisque je travaillais avec un 8-pistes à bande et clavier-échantillonneur des années 80. Même si je suis un fervent défenseur de l'idée selon laquelle la contrainte peut galvaniser la créativité et l'originalité, de telles limitations peuvent aussi se révéler frustrantes quand tu ne peux pas faire de ce que tu veux avec la qualité à laquelle tu aspires. L'achat du logiciel Logic en 2005 a énormément augmenté ma capacité à composer et à enregistrer des chansons, mais il m'a fallu beaucoup de temps pour réussir à apprivoiser ce nouvel outil. Paradoxalement, "The Great Pretend" est la première chanson sur laquelle j'ai travaillé pendant que j'apprenais à me servir de Logic. Je me souviens encore de l'excitation que je ressentais à pouvoir facilement ajouter couche sur couche à mes morceaux, et ensuite tout changer en un clin d'oeil par caprice. Ici, je cherchais à faire un morceau dans la veine de "On Some Far Away Beach" et "Here Comes the Warm Jets" de Brian Eno - une mélodie simple, qui s'élève. Mais je n'étais pas sûr que la chanson serait sur l'album avant que Tanya n'apporte une couleur un peu blues à la mélodie, en improvisant, ce que je n'aurais jamais essayé par moi-même mais qui a donné une nécessaire dimension supplémentaire au morceau. Le titre est à nouveau une référence à Eno.

 

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