Difficile
de savoir quelle mouche a piqué Sindri Már
Sigfússon, lorsque, loin de simplement capitaliser
le savoir-faire électro-folk de son premier album,
signé sous le nom de Seabear, il décide de
lancer un second projet kaléidoscopique baptisé
Sin Fang Bous. Deuxième album et nouvelle direction
donc pour ce touche-à-tout de talent qui trace davantage
sa route cette fois dans le sillage de Caribou (les morceaux
pop orchestraux bourrés de détails de production
et néanmoins portés par une inspiration mélodique
constante) ou même des trublions d'Animal Collective
(les choeurs ludiques, l'effervescence irrépressible).
Belle collection de pépites pop enrichies en minéraux
de tout genre, "Clangour" ne ménage pas
l'accumulation des effets électro-acoustiques, les
superpositions d'instruments, et part ainsi très
vite dans toute les directions ; il faut quelques écoutes
pour mesure combien la débauche vise pourtant les
points d'équilibre, les moments de grâce, et
une forme de clarté immédiate : la structure
complexe d'un morceau comme "Sinkership", le clair-obscur
de "Melt Down the Knives" apparaissent ainsi progressivement
au fil des écoutes. Nul doute que, comme son prédécesseur,
ce disque s'enrichisse de mille nuances pour celui qui aura
le goût d'y revenir. Sindri a, par exemple, pas mal
progressé vocalement, et à l'instar d'un Stuart
Murdoch, il sait tirer parti de sa fragilité pour
émouvoir, mais sait aussi durcir ou colorer le ton.
Certes, face à tant de pyrotechnie, les amateurs
de suspension, de trouées languides, du « less
is more » pourront se sentir un peu perdus de prime
abord, mais le spectacle vaut le détour : la montée
en tension du dernier morceau, avec sa boucle virtuose au
piano, ses claps, ses programmations et ses voix dédoublées
fournit un magnifique bouquet final !
David
Larre
Advent
in Ives Garden
The Jubilee Choruses
Catch the Light
Sinkership
Melt Down the Knives
Clangour and Flutes
We Belong
Carry Me Up to Smell Pine
A Fire to Sleep In
Fa Fa Fa
Poi Rot
Lies