Singles - Guillemots, Belle and Sebastian, King Creosote

30/01/2006, par Guillaume Sautereau | Singles en bref |
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SINGLES par Guillaume

GUILLEMOTS - Trains to BrazilGUILLEMOTS - Trains to Brazil
(Fantastic Plastic) - site

Le premier EP de ces Anglais exubérants, des compos assez classiques, mais habilement étirées - parfois jusqu'aux limites du bon goût -, habillées, habitées, un brin lyriques et décalées, donnait envie de guetter la suite. Ce deuxième disque n'apporte qu'un maigre complément d'information, avec ses trois chansons n'ayant vraiment rien à voir les unes avec les autres, là où "I Saw Such Things In My Sleep" constituait une entame discographique étonnamment cohérente. En introduction, "Trains to Brazil" file à fière allure sur une rythmique frondeuse, et, même s'il lui manque une mélodie de refrain véritablement accrocheuse, pourrait bien être un tube, ne serait-ce que grâce à ses parties de cuivre assez jubilatoires. "Go Away" donne effectivement envie de fuir, sorte de proto-dub limite festif beaucoup trop long, sans doute très efficace en concert mais vite barbant sur disque. Quant au dernier morceau, "My Chosen One", c'est une petite sucrerie toute timide mais assez délicieuse, presque terne en comparaison du reste. Il faut tendre l'oreille, mais c'est bon. Album prévu pour cette année.

BELLE AND SEBASTIAN - Funny Little FrogBELLE AND SEBASTIAN - Funny Little Frog
(Rough Trade / PIAS)
C'est l'oeil sec et l'encéphalogramme plat que j'ai écouté le prochain album de Belle and Sebastian pour la première fois, et si cette morne impression à propos de cet album, certes fort bien écrit mais stylistiquement en roue libre, s'est quelque peu dissipée après plusieurs écoutes, c'est entre autres grâce à "Funny Little Frog", chanson d'amour faussement nunuche dans la veine très sixties qu'adopte parfois avec bonheur le groupe depuis "I'm Waking Up To Us", tenue à bout de bras par un Stuart Murdoch très rentre-dedans. Les deux morceaux qui complètent ce single sont par contre assez anecdotiques, "Meat and Potatoes" étant peut-être sauvé par des paroles plutôt marrantes à propos d'une petite amie désirant épicer sa vie sexuelle. Pour le reste, il n'y a que la jolie pochette pour relier ce trois-titres à la glorieuse série de EP sortis par le groupe à la fin des années 90.

KING CREOSOTE - BootprintsKING CREOSOTE - Bootprints
(679 / Names) - site

Sur la récente tournée anglaise des Ecossais sus-nommés, c'est Kenny Anderson, alias King Creosote, qui assurait la première partie. Déjà auteur en 2003 d'un très prometteur premier vrai album, après une tripotée de CDR, le sympathique Kenny a encore élevé le niveau avec le deuxième, l'excellent "KC Rules OK", enregistré en compagnie des Earlies, d'où il extrait aujourd'hui "Bootprints". La chanson-titre est une réussite dans le genre de la pop song ensoleillée mais pas du tout, mais alors pas du tout tape-à-l'oeil sous ses allures de fanfare funèbre. Du faussement morne et banal pour du vraiment chouette. Ce qu'est aussi "You Want To Walk", deuxième titre à la rythmique mécanique et aux arrangements chatoyants. Quant à "Vice Like Gist of It", la version de l'album paraît presque champêtre par rapport à celle, glaçante, présente ici remixée par Jon Hopkins. Ce "It's not that I don't care for you, it's just that I'm unkind", chante Kenny, n'en glace que plus le sang. Pas moyen de s'y tromper, le vrai roi du weird folk barbu, c'est bien lui.


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