Singles - Bonnie 'Prince' Billy, Piano Magic, Steve Adey

31/07/2006, par Guillaume Sautereau | Singles en bref |
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SINGLES par Guillaume

BONNIE 'PRINCE' BILLY - Cursed SleepBONNIE 'PRINCE' BILLY - Cursed Sleep
(Domino / PIAS) - acheter ce disque

Après avoir quelque peu brouillé les pistes entre collaborations - Tortoise et Matt Sweeny, entre autres - et projets plus ou moins consistants - album de reprise avec Tortoise, donc, album live, album de reprises de lui-même version Nashville... -, Will Oldham fait enfin son retour sous son alias le plus régulier ces dernières années. "Cursed Sleep", le titre qui annonce l'album à venir, est sans doute une des compositions les plus riches dévoilées par le barbu depuis longtemps. L'intro et les orchestrations évoquent le Nick Drake de "Bryter Layter", de "Poor Boy" exactement, et le morceau gagne au fil des secondes en intensité, mariant à merveille et de manière surprenante fièvre et sérénité, bref, Nick Drake qui s'enfuit dans le bayou, pas banal et en tout cas parfait.

STEVE ADEY - Find a WaySTEVE ADEY - Find a Way
(Grand Harmonium) [site] - acheter ce disque

Sur son premier album, Steve Adey reprend justement Will Oldham, et pas n'importe quel morceau ("I See a Darkness", déjà légendifié par feu Johnny Cash), c'est donc un gars qui en a. Ce qu'il a, assurément, c'est une voix magique, qui évoque celle de Paul Buchanan, de The Blue Nile. Sur l'intro a cappela de "Find a Way", on se laisserait presque prendre, ce qui est somme toute un très bon présage. Grave, parfois austère - piano et voix se répartissent la plupart du temps les rôles, à un tempo d'escargot, aidés par quelques notes de guitares et quelques aplats de violoncelle -, la musique de l'Anglais n'est pas là pour rigoler mais s'installe durablement, sans lasser, le temps que durent ces quatre morceaux (dont une relecture du morceau-titre). La vidéo illustrant "Find a Way" joue joliment sur la fibre nostalgique, sur les souvenirs qui filent en Super 8. Splendide et misérable à la fois.

PIANO MAGIC - IncurablePIANO MAGIC - Incurable
(Important Records) [site] - acheter ce disque
Le sommeil de Will Oldham est maudit, peut-être comme l'était il y a deux ans celui, troublé, des Piano Magic. Ca ne s'arrange pas pour ces derniers, qui, après avoir été "disaffected" l'an passé, sont maintenant "incurable". Pour le plus grand bonheur de l'auditeur, "Incurable", le titre, poursuit dans les amples foulées electro-pop de "Disaffected", avec un refrain qui ne risque pas de me guérir de mon goût pour ce groupe, effectivement, et s'achève dans un brouillard de guitares noisy qui noie la voix de l'incurable en chef, Glen Johnson. On retrouve l'arlésienne klima - en fait, elle n'est pas d'Arles, mais de Tours, cela dit, on attend quand même son premier album depuis longtemps - pour pratiquer un de ces irrésistibles exercices de voix doublées dont elle a le secret sur un entrelacs de cordes synthétiques qui n'est pas sans rappeler le Dead Can Dance des débuts, et qui donc serait un peu morbide sans elle. Bon, ça l'est un peu quand même ("Still you left me vacant / Still you left me cold", brrr). Suivent un instrumental ludique (mais pas non plus très gai) signé Cédric Pin, et l'apaisé et sombre "Lights Come On at 3" qui s'achève par ces mots : "Well, it may be beautiful, but it's a trap". Un trait d'ironie pour désamorcer l'angoisse de ces jours "longs et gris", et une belle métaphore pour la musique de Piano Magic, délicieux piège auquel on aime se faire prendre.

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