Singles - Morrissey, Hushpuppies, Jenny Lewis and the Watson Twins

31/08/2006, par Frédéric Antona | Singles en bref |
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SINGLES par Frédéric Antona

MORRISSEY- The Youngest Was the Most Loved
(Sanctuary Records / PIAS)- [site] - Acheter ce disque

Cette voix... Désolé de dire ça, mais Morrissey pourrait chanter la pire daube au monde, il arriverait toujours à en faire quelque chose de potable. Après avoir traumatisé une génération avec son groupe de jeunesse qui sauva quasiment à lui seul les années 80 en à peine quatre ans, il s'embarqua depuis dans une carrière solo particulièrement honorable, le Moz ayant le bon goût de recruter des orfèvres du son, Mick Ronson hier, Tony Visconti aujourd'hui. L'homme de l'ombre du Glam-Rock est donc aux manettes pour cet extrait du nouvel album. Une chanson dans la pleine tradition pop à laquelle nous a habitués Morrissey depuis plus de vingt ans. Un excellent morceau, à la rythmique assez lourde, et aux chœurs enfantins... Diablement efficace, mais à un degré moindre à mon sens, que "If You Don't Like Me, Don't Look at Me", plus acoustique, mais avec des inflexions vocales, des tics d'écriture ("See if I Can, See if I Can, See if I Can"), des brisures rythmiques, qui rappellent de doux souvenirs, une certaine époque où Johnny Marr était aux guitares et où l'introspection était devenue un sport national pour l'adolescence anglaise.

HUSHPUPPIES - Single
(Diamondtraxx) - [site] - Acheter ce disque

Deuxième extrait du LP "The Trap", considéré par certains comme une des pierres angulaires du nouveau rock français, "Single" est assez représentatif de l'album, entre rock estampillé seventies new yorkais et éléments synthétiques. Pas de grosses surprises sur ce nouvel EP, si ce n'est la présence de la reprise du "I'm not Like Everybody Else" des Kinks. Reprise honnête, cheval de bataille du groupe sur scène, mais une chose est sûre : personne, jamais, ne pourra jouer cette merveille comme Ray Davies et son groupe, avec cette distanciation anglaise, cette rage contenue et ce cynisme. "Ça peut plus durer comme ça (CPPDCC)", sorte de longue logorrhée verbale sur les heurts conjugaux, est quant à lui relativement dispensable. Le 4 titres se termine sur une version live de "Packt Up like Sardines in a Crushtin Box", efficace et punk-rock. Assez inégal, ce 4 titres est légèrement inférieur à "The Garden", précédent EP du groupe.

JENNY LEWIS AND THE WATSON TWINS
Rise Up With Fists - Acheter ce disque
You Are What You Love - Acheter ce disque
(Rough Trade)

Jenny Lewis ayant décidé de nous rendre la période estivale supportable, elle nous livre deux singles d'égale beauté. Tout y est. Le Mid-Tempo, l'ambiance acoustique légèrement country, des choeurs juste là où il faut, et cette voix qui se fait douce... Avec ce single, la ravissante Jenny Lewis se rapproche de ce qu'ont pu produire Evie Sands ou Bobbie Gentry à la fin des années 60. "Rise Up With Fists" est fortement conseillé pour les soirées d'été, il en a la couleur orangée. "Paradise" est plus directement orienté country, à la manière d'Emmylou Harris. Un morceau très simple mais particulièrement attachant.

Sur le deuxième single "You are What You Love", les rythmes se teintent de pop à la Belle & Sebastian, notamment le premier titre, et ses chœurs aériens sur le refrain. La délicate mélancolie du groupe laisse place, sur "Fireplace", à une ambiance plus country décalée et ludique, façon pastiche. Bien qu'attendrissant, c'est pour le premier titre que ce single est indispensable.
Entre Jenny Lewis, Vanessa and the O's et les singles des Pipettes, l'été est pop !

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