Singles - The Bitter Springs, Tara Jane O'Neil, Jakobinarina

08/12/2006, par | Singles en bref |
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SINGLES par Vincent Arquillière

bitter-springs_poor traceTHE BITTER SPRINGS - Poor Trace
(Harvey / Cargo) [site] - acheter ce disque

Après trois ans de silence, les Bitter Springs auront mis les bouchées doubles tout au long de cette année, faisant paraître en l'espace de quelques mois un gros et bon album, "That Sentimental Slush", et deux e.p., "Firm Family Favourites" (avec une reprise des immenses Band of Holy Joy) et "Poor Trace", qui nous occupe ici. Soit cinq morceaux en tous points dignes de l'album précité, qui montrent l'étendue des talents d'un groupe qui pourrait renvoyer bien des jeunots à leurs études. Le premier, "All Your Own Work", est une longue complainte éplorée, particulièrement émouvante, tandis que "Deep Black Water", "prison death ballad" pour marins éméchés, en duo avec un certain Jack Hayter, explore un territoire déjà largement quadrillé par Nick Cave ou Shane McGowan. En deuxième position, "Big Sweaty Dad" (déjà paru sur la compilation maison "POPvolume#4"), avec ses martèlements de synthé très eighties, aurait tout pour faire un tube - sauf peut-être son titre.

tara-jane-o-neil_a-ravelingTARA JANE O'NEIL - A Raveling
(Acuarela) [site] - acheter ce disque

Sorti il y a un petit moment déjà, cet e.p. joliment emballé dans une pochette cartonnée est l'occasion (pour l'auteur de ces lignes, en tout cas) de faire connaissance avec Tara Jane O'Neil, une Américaine discrète en activité solo depuis le début de la décennie, après avoir fait partie de plusieurs groupes (dont les mythiques Rodan de Louisville dans les années 90). TJO donne dans un folk éthéré et légèrement expérimental, sa voix séraphique se posant sur un entrelacs mouvant d'arpèges, de boucles, de reverb et de larsens. On pense beaucoup à Juana Molina pour le façonnage sonore, et un peu à la trop méconnue Heidi Berry pour la sereine mélancolie qui se dégage des chansons. Un disque prenant malgré sa brièveté, clos par une belle reprise de "The Phoenix", une chanson de la grande Judee Sill.

jakobinarina_debut-singleJAKOBINARINA - Debut Single / His Lyrics Are Disastrous
(Rough Trade / Pias) [site] - acheter ce disque

Là aussi, cela fait des mois que ce single traînait en bas de la pile, le nom curieux du groupe et la pochette niveau maternelle ne nous disant rien qui vaille, malgré la crédibilité du label Rough Trade. Bon, en fait, c'est pas si mal : trois morceaux pop-punk concis, joués et éructés à toute blinde, avec des titres pas très sérieux : "His Lyrics Are Disastrous", "Nice Guys Don't Play Good Music" et "Power to the Lonely". Quelque part entre Art Brut et quelques vieux groupes un peu remontés qui jouaient à la Route du Rock à l'époque où personne n'allait à la Route du Rock (Chumbawamba, Compulsion, ce genre). Pas sûr cependant qu'on se passionne outre mesure pour la suite... Ah, dernier détail : ils sont islandais, donc si certains messages postés sur leur page MySpace vous semblent indéchiffrables, c'est normal.



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