Singles - Lou Barlow as Sentridoh, Bonnie "Prince" Billy

12/06/2007, par David Dufeu | Singles en bref |
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SINGLES par David Dufeu

Lou Barlow - Mirror the Eye (ep)LOU BARLOW AS SENTRIDOH- Mirror the Eye (EP)
(Acuarela / Abeille Music) [site] - acheter ce disque

"Nobody wants another mirror on their fears" chantait Lou Barlow, planqué derrière Sebadoh, sur "Magnet's Coil", une des perles du génialement tourmenté "Bakesale". Avec "Mirror the Eye", Barlow semble d'emblée assumer ce regard sur lui-même, tout en se cachant (à peine ici) derrière Sentridoh. Oui, Sentridoh, la face la plus violemment anti-système de l'Américain, un manifeste lo-fi poussé à bout sur "Losing Losers" et ses 43 chutes de studio, dont seule une écoute fanatique pouvait révéler quelques perles. Pour ceux qui craignaient un apaisement du grand méchant Lou, il faudra repasser. En cinq titres, on retrouve un panel de ses différentes humeurs fétiches : le blues décalé, entre retenue et explosion ("You're a Goat", "Yawning Blue Messiah"), la ballade lancinante ("My Surrender") ou plus rock ("Faith Defies the Night", une sorte de folk hard-rock dont lui seul a la recette, et prolongement naturel du sous-tube "Gimme Indie Rock"). Tout cela agrémenté d'un son purement lo-fi (pour les nostalgiques), et de cette guitare distordue, brute mais subtilement syncopée, qui dynamise, et dynamite, tous les morceaux. Une bonne et belle nouvelle, donc, qui, alliée à la reformation de Dinosaur Jr, montre que le porte-étendard (bien malgré lui, quoique...) d'un certain rock américain est loin d'être à court d'inspiration.

Bonnie "Prince" Billy - Lay and Love (ep)BONNIE "PRINCE" BILLY- Lay and Love (EP)
(Domino / PIAS) - acheter ce disque

Dans la série "icône indie des années 90 qui reste dans la course", citons aussi Bonnie Prince Billy. Certes, son cas est un peu différent : sa popularité ne cesse de grimper, à en voir la ruée vers les places que l'on a connue à l'annonce de ses récents concerts. Il est vrai que ses postillons sont divins, et je peux en témoigner. Mais, outre la manie de changer de nom, ou de groupe, régulièrement, Bonnie Palace Oldham partage avec Lou Sebarlow Junior une constance de qualité dans l'écriture folk, ou rock, qui ne se dément pas sur le récent "The Letting Go". "Lay and Love", un de ses nombreux sommets, est à l'image de l'album, apaisé mais puissamment évocateur. Pour le reste de ce single, c'est-à-dire les deux autres tiers, Oldham laisse pourtant l'écriture de côté, reprend deux fois Dylan, et se concentre sur l'interprétation, dans des registres opposés. Sur "Senor" d'abord, d'une teneur tragique, mais dont les seules prouesses vocales, tout en retenue, mériteraient de multiples écoutes. Puis sur "Going to Acapulco", qui offre une folklorique virée nostalgique vers le sud des Etats-Unis des années 50, brinquebalante, faite de cuivres, d'une voix de cabaret et d'un rythme lent et ivre. Des arrangements doucement délirants sur des paroles déglinguées du Zim qui permettent à Bonnie de conclure en déclamant au moins six fois : "Goin' to have some fun". Ça promet.




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