Singles - Antony and the Johnsons, The Organ, My Brightest Diamond

11/11/2008, par David Larre | Singles en bref |
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SINGLES par David Larre

ANTONY & THE JOHNSONS - Another WorldANTONY & THE JOHNSONS - Another World
(Rough Trade / Beggars) [site] - acheter

Il aura donc fallu attendre qu'Antony Hegarty se lasse de faire sa parade vocale dans tous les cercles bien fréquentés de la jet set indie pour avoir enfin des nouvelles de son groupe et de ses états d'âme. Cela valait la peine d'attendre. "Another World", un cinq titres particulièrement dépouillé, semble la meilleure transition possible entre les fastes de "I Am a Bird Now" et l'album attendu pour l'année prochaine. Piano et voix bercent les désenchantements élégants de "Another World", morceau d'ouverture et de "Crackagen'', ballade retenue que des suspensions inattendues et des violons au bord du vertige tirent du côté d'un néo-impressionnisme fin de siècle. Au cœur du disque, cœur noir et battant, "Shake That Devil", imprécation bluesy pleine de corrosions sonores, impressionne avant de laisser la place à des élégies sans âge qui sèment dans les rêves la douceur et le poison.

THE ORGAN - ThievesTHE ORGAN - Thieves
(Talitres / Differ-Ant) [site]
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"I started something I couldn't finish", chantait Morrissey à l'heure de la séparation des Smiths. Les filles de The Organ n'en sont plus là depuis un moment, leur page MySpace est vide, et les bonnes nouvelles musicales que renferme leur EP seront donc les dernières. "Even in the Night" porte la marque de fabrique du groupe : jeu croisé d’orgue et de basse, guitare eighties, et la voix de Katie Sketch, coupante et fébrile survolant les débats, comme un ultime hommage à leurs vénérés aînés de Manchester. Œuvre testamentaire, petite collection inspirée mais pas nécessairement brillante, ce "Thieves" se clôt tout de même sur une remarquable ballade d'adieu, "Don't Be Angry", leur "Asleep" à elles, un tantinet romantique, tendre et morbide. Farewell, sisters !

MY BRIGHTEST DIAMOND - From the top of the WorldMY BRIGHTEST DIAMOND - From the top of the World
(Asthmatic Kitty / Differ-Ant)
[site] - acheter

"From the Top of the World" est une des chansons à tiroirs dont regorge "A Thousand Shark's Teeth" : rock sourd façon Jeff Buckley, apesanteur onirique et néoclassicisme lyrique versent l'un dans l'autre sans suture évidente, dans une décontraction troublante. Si ce n'est pourtant pas le plus beau morceau de l'album, il fonctionne encore sur la durée de cet EP, alors qu'il y est le seul morceau composé par Shara Worden, comme l'arbre qui cache la forêt : les trois reprises qui l'accompagnent sont tout bonnement magnifiques. Le répertoire est de choix. Kurt Weill/ Roger Henri Bertrand pour un "Youkali : Tango Habanera" chaloupé, avec une distinction détachée, Henri Alexandre Contet et Marguerite Angèle Monnot pour un "Adieu, mon coeur", nonchalant et triste comme du Madeleine Peyroux reprenant Cohen, et surtout, surtout, un "Hymne à l'amour" chanté en anglais, plein de nuances et de ruptures, version aussi éloignée que possible de la démonstration vocale trop souvent afférente au répertoire de Piaf. Entrevue toute nue lors d'un Concert à emporter, la chanson s'habille ici de guitare, de violon, de celesta et de moog dans une ivresse somptueuse des sens. Cette dame est décidément une grande interprète.

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