Singles - ILiKETRAiNS, Piano Magic, Oddfellows Casino

30/12/2008, par Guillaume Sautereau | Singles en bref |
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SINGLES par Guillaume

iLiKETRAINS - The Christmas Tree Ship EPiLiKETRAINS - The Christmas Tree Ship EP
(Fantastic Plastic Records)

Les membres de iLiKETRAINS (pardon, I Like Trains, nouvelle graphie officielle d'après la pochette) viennent de déposer sous le sapin un EP entièrement instrumental dont l'originalité stylistique frise le zéro pointé. C'est en effet de post-rock qu'il est question, et de sa variante la plus balisée, entre Mogwai et Explosions In The Sky. Sans la voix de David Martin, la musique des Anglais perd indéniablement de son charme immédiat. Il faudra donc accepter de consacrer un peu de temps à ces cinq titres qui forment un tout pour en apprécier pleinement la science mélancolique des déferlements de guitare. Soyons clairs, c'est pas mal, assez riche, plutôt évocateur pour de la musique instrumentale, mais le groupe va peiner à devenir la locomotive d'un genre pléthorique s'il choisit de poursuivre dans cette voie. Un beau challenge : à eux de nous faire à nouveau préférer le train.

PIANO MAGIC - Dark HorsesPIANO MAGIC - Dark Horses
(Make Mine Music)
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Si je voulais filer la métaphore avec ma précédente chronique, un des morceaux de ce disque s'appelle judicieusement "Stations", ça tombe bien. On n'est donc pas mécontent de rester en gare avec la première sortie de Piano Magic pour leur énième maison d'accueil, le label coopératif (car financé par les groupes qui le composent) Make Mine Music, un nouvel EP, sur lequel le groupe de Glen Johnson poursuit dans la veine plus "rock new wave" empruntée depuis quelques temps déjà et que le départ récent de Cédric Pin (clavier) pourrait renforcer à l'avenir. Le morceau éponyme avec sa rythmique tendue à la New Order première période révèle un Glen Johnson à la voix plus présente que d'ordinaire. "Stations", le titre suivant, servi sur des nappes synthétiques très curiennes, est davantage mélancolique et retenu. Plus léger, plus pop, "Vacancies", chanté par Angèle David-Guillou, apporte une éclaircie que le quatrième morceau, "A Book I Should Not Read", se chargent vite de faire s'évanouir de ses percussions en provenance directe du coeur des ténèbres.
Sans apporter quoi que ce soit de fondamentalement neuf ni de totalement génial, "Dark Horses" remplit son office, à savoir nous faire patienter en attendant une année 2009 qui devrait être chargée en sorties pour la constellation Piano Magic (des albums de Textile Ranch, klima mais également de Glen Johnson en solo devraient être au rendez-vous). Dans ce contexte, cet inhabituel surplace, sans pleinement convaincre, intrigue plus qu'il ne lasse.

ODDFELLOWS CASINO - The Absence of BirdsODDFELLOWS CASINO - The Absence of Birds
(Pickled Egg)
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La constance est le maître-mot pour David Bramwell. Le maestro de Brighton sort d'un silence de trois ans avec quatre nouveaux titres, et l'on retrouve intactes les qualités de cette musique intemporelle et magique. Les quatre nouvelles chansons ici présentées tournent toujours autour de la même obsession, à savoir le terrrrible destin d'Ambrose Oddfellow, et ça durera tant que ça durera, personne ne trouvera à s'en plaindre tant que Bramwell délivrera de sa voix belle et plaintive (on a dit qu'elle évoquait Wyatt, on devra donc le répéter) ses mélopées sans âge. Enfin, personne parmi les deux personnes et demie à en avoir quelque chose à faire. Sur les quatre titres ici présents, deux, les deux premiers, sont donc des chefs-d'oeuvres absolus, la finesse des mélodies étant contrebalancée parfaitement par le soin apporté à une production que ponctuent toujours à propos touches de trompette, effets électroniques désuets, piano ou cuivres. Les deux titres suivants, un peu moins denses, font retomber la pression : ouf, ce groupe n'est pas totalement parfait. Le EP est complété par un très singulier court-métrage de vingt minutes signé Toby Amies (ancien présentateur d'Alternative Nation, sur MTV), avec Drako Oho Zarhazar, qui fut autrefois le modèle de Salvador Dali (on comprendra pourquoi en regardant le film), mettant en images, je vous le donne en mille, le déclin d'Ambrose après le terrrrible accident de lancer de couteau qui coûta la vie à sa femme, avec bien sûr la musique de David Bramwell en fond sonore. Vivement le troisième album !

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