Singles - Sigur Rós, Luke, Sporto Kantes, Williams Traffic

15/03/2000, par lorseau | Singles en bref |
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SIMPLES en bref - par Lorseau & Sylvain

SIGUR ROS - Sven-G-Englar
(Fat Cat Records)
Etrange affaire que ce groupe islandais : des morceaux éthérés et étirés (pourquoi se contenter de cinq minutes quand on peut allègrement jouer pendant dix ?) où, lorsque le piano est distant, les guitares et boucles semblent reprendre l'ouvrage "presque abandonné" par My Bloody Valentine. Hallucinante également la voix féminine pour qui on convoquera aisément comme copine de chambrée Liz Frazer ainsi que la compatriote Björk. Et pour finir, comme si on n'avait pas déjà craqué, deux enregistrements live viennent démontrer que Sigur Rós n'est pas qu'une jolie curiosité de studio puisque avec un son plus acoustique, le charme opère tout autant.

LUKE - Je n'éclaire que moi
(Le Village Vert)

Eh bien non, Luke n'éclaire pas uniquement sa personne comme le titre du ep l'indique. Il devrait également faire très plaisir au public de Miossec en attente du prochain album. La voix lente et grinçante raconte des histoires cabossées, des instants ratés. La musique, elle, se démarque beaucoup plus du son brute de l'irascible Breton avec des boucles électroniques venant soit renforcer le malaise ("Je n'éclaire que moi"), soit l'adoucir ("En définitive").

SPORTO KANTES / WILLIAMS TRAFFIC
(Catalogue)
Certains se souviennent peut-être que POPnews avait largement été séduit par la compilation que le label français Catalogue -division électronique du Village Vert- avait sortie en 1999. Voici deux singles sortis conjointement qui ne nous démentiront pas. De qualité égale, mariant avantageusement hip hop instrumental, dub et autres genres, et ce sans les clichés et la vulgarité souvent de mise dans ce genre de cocktail musical, Williams Traffic et Sporto Kantes parviennent l'un comme l'autre à nous allécher, en vue de leur premier album.

Commençons par les 4 titres de Sporto Kantes, qui s'affirment sans doute les plus accrocheurs, dès un suave "Party" qui, contrairement à ce que son nom le laisse croire, n'entraînera personne sous les lumières des spots. L'auditeur, à l'écoute de cette langoureuse introduction toute en dub et en accents latinos, préférera se vautrer dans les coussins de son lounge préféré. Il se redressera, toutefois, progressivement, aux rythmes plus marqués et aux scratches de "Oh nuit", avant de se déhancher sur le reggae de "Bust" et de savourer la voix féminine de "Food".

Les 4 titres de Williams Traffic s'avèrent pour leur part moins ludiques, plus longs, également, mais tout aussi réussis. On craint un bref instant que "I Man Dub", premier morceau du single, sombre dans un orientalisme de pacotille, avant qu'un dub acrobatique ne survienne, de temps en temps relevé par la brève intervention d'un rappeur. De dub, il est très fortement question sur les trois autres morceaux, sans jamais sombrer dans la redite, puisque d'un "Dark Blue" animé par une voix féminine à un "Albertine D" expérimental, le chemin est long. Tant mieux car on ne se lasse pas de le parcourir.

 

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