Singles - Trembling Blue Stars, Hyperclean, Acetate Zero, So Happy

28/11/2001, par Guillaume Sautereau | Singles en bref |
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SINGLES - par Guillaume

TREMBLING BLUE STARS - The Ghost of an Unkissed KissTREMBLING BLUE STARS - The Ghost of an Unkissed Kiss
(Shinkansen)
Qu'on célèbre l'abandon de Bobby Wratten d'une écriture un peu trop autocontemplative et référentielle à l'occasion de la sortie de l'album "Alive To Every Kisses", soit, c'est vrai dans les grandes lignes, mais malheureusement pas forcément sur la longueur. Les "relativement déçus" (comme moi) pourront se tourner vers le EP "The Ghost of an Unkissed Kiss". La chanson titre, présente sur l'album, rabache certes le sempiternel même thème, la fin prématurée d'une histoire amoureuse, mais ces "How do you push aside something that just feels so right?" n'en sont pas moins touchants, et le titre est en outre musicalement parfait. De même pour "As Long As She's needed" et son refrain tout en retenue et les deux autres titres de cet EP, simples et directs. Et puis l'obstination forcenée de cet homme à s'épancher par le biais de cette pop incurablement adolescente sur la perte de l'être aimé finit étonnament par faire son effet. Agacement surmonté, apitoiement dépassé, juste un modeste mais troublant sentiment de communion. Desperate lovers of the world, unite!

HYPERCLEAN - HypercleanHYPERCLEAN - Hyperclean
(Hyperclean)
Sur le morceau éponyme qui ouvre ce disque, une voix quasi neutre commente sobrement un épisode d'un bonheur sexuel domestique enviable, sur une progression d'accords simples et patatra, la voix déraille, coup de théâtre, tout cela n'était qu'un rêve, vague souvenir d'un passé révolu. Raconté comme cela, ça peut avoir l'air bête, mais ce morceau est une réussite comme rarement. Et cela permet à ce disque d'éviter de tomber illico dans le bac "Nouvelle Chanson Française", entre deux pseudo-descendants pathétiques de Dominique A.. Ce titre, donc, et les fulgurances textuelles imparables comme celles qui parsèment "Je pars" (et sa rythmique à la "Sea, Sex and Sun") ou "Soyez heureux", autant d'odes à la singularité d'un être arrivé au bout de quelque chose (de sa raison, d'une relation, de son monde, de son enfance...) font qu'il faudra garder un oeil sur Hyperclean.

ACETATE ZERO - EpACETATE ZERO - Ep
(Intercontinental)
L'an passé, le maxi sorti chez Arbouse Recordings avait constitué l'une des claques qu'on se prend régulièrement lorsqu'on baisse les yeux un instant des téléscripteurs des grosses machines promo pour regarder ailleurs, l'écoute de celui-ci aboutira à peu près aux mêmes effets. On compte donc ses bosses et ses bleus et l'on remet ce superbe 25 cm sur la platine pour une nouvelle écoute des contes sonores de ces mystérieux musiciens que seules désignent leurs initiales. "November of the Decade" marie donc pour le meilleur les Cranes et Mogwai et ouvre la face "apaisée" du disque, tandis que "Diabolus In Musica" plonge l'auditeur en plein milieu d'une séance de torture (sans qu'il soit fait usage à cette fin de torture sonore, c'est assez rare pour être signalé), avant le morceau du choix, peut-être le plus pop, que constitue "Nobody Comes Within Miles of Her" et sa fin frissonnantes. Revenus de tout, y compris des comparaisons certes judicieuses mais maintenant bien limitées que l'on pouvait émettre à leur sujet, les membres d'Acetate Zero sont définitivement passés maîtres en suggestion.

Intercontinental Records , 17 rue Vitruve, 75020 PARIS

SO HAPPYSO HAPPY - So Happy
(Autoproduction)
Il ne faut bien entendu pas se fier au titre, le bonheur selon Marion Sessiecq, chanteuse de So Happy, se consomme entre une rythmique métronomique digne du "17 seconds" de Cure et les arpèges des guitares de Hood ou Bark Psychosis. Chez So Happy, on chante qu'on est heureux ad libitum parce que c'est la seule façon de s'en persuader, on s'obsède à chercher sa vie dans les détails du quotidien ("Intérieur"). Un deuxième titre un peu trop ouvertement portisheadien ne vient pas entâcher la réussite de ce EP, chant (en français) habité, sirène autiste ou princesse dépressive et solitaire, musique fascinante et désolée (post-électro folk, pour votre collection d'étiquettes) : glad to be sad, sans aucun doute.

So Happy, Marion Sessiecq, Michel Robiche, 37 rue Creuzet, 69007 Lyon

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