Singles - Micro:mega/Below The Sea, My Jazzy Child, Hypo, Aerosol

13/02/2002, par Philippe Beer-Gabel | Singles en bref |
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SINGLES - par Philippe

MICRO:MEGA / BELOW THE SEA - Substracks.03MICRO:MEGA / BELOW THE SEA - Substracks.03
(Monopsone / Chronowax)

Les disciples des défunts Seefeel et Third Eye Foundation, groupes précurseurs d'une musique hybride, se ramassent à la pelle aux quatre coins du monde. Nombreux sont ceux qui, parmi la scène française, pléthorique et protéiforme, se sentent des affinités avec ces gourous anglais au teint blafard et aux fièvres contagieuses. Malgré une carrière éclair, ces deux groupes phares ont profondément marqué les musiciens français : au gré d'errances souterraines pour le premier, de bombes déposées à travers champs pour le second. Micro:Mega ne déroge pas à la règle, lorgnant avec plus ou moins de succès autant vers les longues plages éthérées de Seefeel période "Ch-Vox" que vers le champ de bataille de Third Eye Foundation. Sous la douce poussée d'un orgue minimaliste, "Eulogy 1 et 2" se déploie en fait comme un lent voyage, appelant vite le sommeil et renvoyant l'auditeur à sa couette et à son oreiller au vu des passions que déchaînent ces deux titres qui, loin d'être insignifiants, se contentent pourtant du minimum syndical. Les quelques bruits blancs assénés dans ces morceaux ne réchauffent guère l'atmosphère... Pourtant, avec quelques soubassements dub, Micro:Mega aguiche le client qui persévère dans l'écoute, sans toutefois le convaincre totalement puisque cette musique va dans le sens du vent et finit tout simplement par ennuyer. La prestation de Below The Sea, heureusement, s'avère quant à elle bien plus réconfortante. Distillant un précieux spleen renvoyant au meilleur de Tarentel, Below The Sea a plus d'envergure. Moins feignant sans doute. On retourne tout de même au lit mais avec le sentiment de pouvoir passer une bonne nuit.

HYPO - Jingles and singles
MY JAZZY CHILD - Loops, Strings and Bells
AEROSOL - S/t
(Active Suspension)

HYPO - Jingles and singlesHypo et My Jazzy Child sont sans conteste plus travailleurs que Micro:Mega et Below The Sea. Ils surnagent et apparaissent d'emblée comme les deux projets les plus ambitieux et captivants de cette cuvée d'Active Suspension. Leurs deux disques s'inscrivent dans la droite lignée de l'inquiétant et hypnotique "Semtex", premier album du regretté Third Eye Foundation que l'on ne saurait trop conseiller.
Structure résolument tournée vers le montage, le collage de sons divers et variés, Active Suspension, avec Hypo et My Jazzy Child, complète avec bonheur une déjà jolie carte de visite après les sorties du parisien Gel. Ici, nul endormissement sous la couette hivernale… Les popotins se remuent à force de saccades et rythmiques bricoleuses, les corps se trémoussent, des éclats de voix réchauffent le no man's land, achevant de parfaire l'ensemble. En 1 minute 38, "En avant lapon" redonne des couleurs aux bouilles endormies et donnerait presque l'envie de retourner en boîte… enfin presque… Hypo peut se targuer de faire la leçon aux petits rigolos de "l'électronica à la Française" évoqués plus haut, nous apprenant au passage que le xylophone n'est pas un instrument mineur : c'est bien ce que montre ce petit bijou qu'est "Tigers do".

MY JAZZY CHILD - Loops, Strings and BellsChez My Jazzy Child, nom énigmatique et atypique au milieu de cette faune de mono-machin-chose, lénifiant-trucmuche, on ne ressent plus le besoin d'aller au lit, on ne peut même plus fermer l'œil de la nuit. Enfermé dans un laboratoire chimique aux irradiations douteuses, My Jazzy Child délivre une mixture dont le goût n'est pas sans rappeler l'univers obsessif et inquiétant de Dieu le père Matt Eliott. On se laisse emporter dans ce tourbillon de sonorités superposées, de glissements de sons, de voix bricolées et lointaines. Titre fascinant et énigmatique, "Ne pas être soi même" conjugue au passé simple les envolées de Amp et à l'imparfait les chroniques soniques de Third Eye foundation, toujours et encore. Quelques ratures, mais rien de grave. C'est la collision de plusieurs mondes, de sons convoquant les doux et éternels jeux d'enfants bercés par les rayons du soleil et autres diffractions de la lumière à travers les rideaux, ou au choix des pires égarements de la bande de Bristol (Crescent, Movietone, Third Eye foundation).

AEROSOL - S/tLa France, qui n'a plus à pâlir de ces groupes anglais, est sur la bonne voie. Ces deux disques indispensables en sont la preuve. Ils effaceront bien vite les vilains gribouillages d'Aerosol, vague ersatz des anglais de Plaid, à qui manquent inspiration et coups de folie.

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