Singles - Lepil, Drew, Swann,

02/04/2003, par Gildas | Singles en bref |
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SINGLES - par Gildas

LEPIL - Lepil
(Eclat d'art) [contact@eclatsdart.com]

Alors voilà, j'avais posé les oreilles sur une démo de Lepil la première fois il y a 2 ou 3 ans. J'étais dans ma phase "nouveaux songwriters français", Savel était un dieu et Mathieu Boogaerts n'était pas loin derrière. Et d'ailleurs je ne devais pas être le seul puisque le festival des Inaperçus avait demandé au sieur Lepil de venir présenter à un public découvreur de talents ses facéties musicales en français. Sur cette démo (enfin, vu la qualité de la chose, dur de parler de démo), l'énergumène se livre à son passe temps favoris, le foutage de gueule, le racontage de vannes musicales. Sans compter, avec une technique imparable, le Pilou pond des chansons aux paroles aiguisées, aux mélodies accrocheuses et aux gimmicks irrésistibles. Ce type appâte le chaland avec une rythmique meurtrière, un talent monstrueux pour les lignes vocales basées sur des onomatopées. Imaginez un instant que Mathieu Boogaerts ait passé la vitesse supérieure et qu'en lieu et place de recyclages classieux de tubes reggaes il s'attaque au nec plus ultra du funk et de l'electro. Et bien Lepil fait encore mieux. Ce type est une bête musicale et ce serait le diable que personne ne le signe pour lui fournir la plate-forme qu'il mérite amplement. En attendant envoyez-lui un email et demandez-lui de ne pas se la jouer perso et de partager ses chansons hallucinantes.

DREW - Under The WeatherDREW - Under The Weather
(Source)
Comme les Bees il vient de l'île de Wight, comme les Bees il fait une fixette sur une certaine période dorée de la pop musique, comme les Bees son disque est amoureusement fait à la main. Avec tous ces points communs ce n'est pas étonnant que le premier ep de Drew soit produit par les Bees. Drew fait partie de ces autistes musicaux qui vivent dans un monde à eux où les références bizarres s'entrecroisent et se bousculent sans autre logique que celle de leur esprit impénétrable. Ainsi, sur ce premier ep et dans une seule chanson Drew mixe Crosby Still Nash and Young et Black Flag. Toujours à contre pied il déstabilise autant qu'il brosse dans le sens du poil. Entre fanfaronnade des 70's et immédiateté des 80's et des 90's Drew mélange, mixe, aménage, et crée des chansons imparables telles que "You Don't Know Me" que l'on fredonne sans réfléchir une seule minute aux paroles agressives et que l'on trouve irrésistible et sombre sans penser à la mélodie enjouée. Un bien beau début !

SWANN - S-One
(Autoprod)
Swann est une énigme. Oscillant au fil des démos entre Michael Nyman, Divine Comedy et le Depeche Mode des débuts, Swann est un caméléon musical difficilement identifiable mais très attachant. Samuel Brunel l'âme (damnée) de Swann s'est attaché les services de 3 compères pour retranscrire au mieux ses envies mélodiques. L'influence cinématographique est clairement énoncée, mais elle est rapidement contrebalancée par un côté pop indéniable. Sur cette dernière démo il est question de chute, de perte et de décors de films d'horreur mais en mettant côte à côte une électro grouillante et des cordes bouillonnantes. Mais on y trouve aussi une débauche, une humanité touchante jusque dans ses défauts. La musique de Swann est trop débordante, pour laisser son auditoire indemne mais elle a besoin d'un peu plus de persévérance pour être réellement subjugante. A vouloir trop en faire Samuel se perd parfois. Le mélange d'électro et de cordes est séduisant mais il y manque quelque chose et l'auditeur sent vite que ces chansons manquent de directions. Ceci n'empêche que le résultat est plus qu'intriguant et j'espère que l'apparition récente d'un batteur dans le groupe apportera un peu de structure à la musique de Swann.

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