Singles - Unpopular : the Clientele, Lovejoy, the Playwrights

01/09/2004, par Guillaume Sautereau | Singles en bref |
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SINGLES par Guillaume

UNPOPULAR RECORDS LABEL

Un nouveau label de 45 tours pop... Qui cela peut-il bien encore intéresser, hormis quelques nostalgiques incurables ? Pourtant, passé le clin d'oeil vers les aînés Sarah ou Slumberland, passé la jubilation de s'écrier "I am a record label!" devant son premier vinyle, de se retrouver seul au monde à cette fugace intersection dans le temps entre l'ère artisanale (pour faire mode, on appelle maintenant ça DIY) et l'ère industrielle, il reste, tout bonnement, la musique. Unpopular est un nouveau label né d'un rêve et d'un petit peu de nostalgie, nouveau rejeton d'une espèce qu'on croyait en voie d'extinction. Pour ajouter aux charmes désuets de ce nouveau projet, celui qui se cache derrière n'est autre qu'Alistair Fitchett, dont on dévore régulièrement la prose sur l'essentiel webzine Tangents. Ses trois premières références ne font pas vraiment oeuvre de défrichage, mais vu que c'est souvent ce même Alistair qui nous a fait découvrir les artistes en question il y a bien longtemps, on serait bien peu inspiré de faire la fine bouche.

The ClienteleIl est beaucoup question de finesse sur le single de the Clientele : deux titres capturés live en 2003 à Londres, l'emblématique "Lacewings", un des leurs premiers titres devenu depuis le nom d'un site web d'inconditionnels, et le discret "Policeman Getting Lost" tiré du dernier et injustement ignoré album "The Violet Hour". Même dans les conditions moins propices à la subtilité de la scène, ces titres ressemblent à de la dentelle, et la voix d'Alasdair McLean est une caresse. Indispensable. Cerise sur le gâteau, c'est Gail O'Hara, la photographe des stars de l'Indie Pop (Stephin Merritt, pour ne citer que lui), qui s'est chargée de la pochette.

LovejoyLovejoy, échappé pour l'occasion de chez Matinée Records, a semble-t-il piqué le synthé du "Big in Japan" d'Alphaville pour l'intro de son "Strike a Pose". Voler c'est pas beau. Pas un des ingrédients de l'électro-pop song classique ne manque à ce premier morceau à la fois accrocheur et un peu renfrogné, qui ne décolle pas vraiment mais fait son boulot. En face B, place à une reprise en acoustique du "Someone To Share With" des Television Personalities, un peu comme si Dan Treacy avait fait des heures de travail d'intérêt général à plier des pochettes chez Sarah Records plutôt que de la prison.

The PlaywrightsPendant qu'on écoute gentiment Franz Ferdinand, les Playwrights font aussi bien avec nettement moins de couv du NME. Aussi bien, en moins évident peut-être, mais, plus riche, plus classe, sur les excellents "Dislocated" et "Welcome to the Middle Ages" que rassemble ce single. Y sont conjuguées avec bonheur une urgence post-punk typiquement eighties et une construction mélodique plutôt complexe et intelligente pour l'époque (la nôtre). Qui plus est, la preuve que le groupe de Bristol est réellement passé à la vitesse supérieure après des débuts moins singuliers.

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