Singles - The Happy Couple, Math and Physics Club, The Lucksmiths

17/09/2005, par Guillaume Sautereau | Singles en bref |
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SINGLES par Guillaume

THE HAPPY COUPLE - Fools in LoveTHE HAPPY COUPLE - Fools in Love
(Matinée) [site]

Je dois confesser que l'idée de chroniquer certaines sorties du label Matinée s'accompagne de plus en plus d'une certaine angoisse. Que vais-je bien trouver à dire sur les nouvelles sorties de ce label florissant qui, souvent, cultive le même mm2 de terrain laissé à l'abandon par Sarah Records il y a maintenant dix ans ? Sans que cela veuille dire que les artistes Matinée n'aient pas de personnalités distinctes, on en vient tout de même souvent à se laisser aller à user des mêmes qualificatifs, au premier rang desquels un expéditif et pas très aimable "gentillet", et à se lancer dans une vague théorie comme quoi "c'est pas mal et il ne faut pas bouder son plaisir, même si personne d'autre ne peut comprendre et si ça a déjà été fait mille fois" (selon l'humeur du jour). L'angoisse sourd donc à la découverte du nouvel EP de The Happy Couple : le nom du groupe (The Happy Couple, donc), le titre du EP ("Fools in Love"), la pochette, le titre du premier morceau ("Another Sunny Day"... et pourquoi pas "Brighter" ou "Sea Urchins" voire "The Field Mice" ?). L'écoute du titre en question dissipe l'angoisse : au delà du clin d'oeil, "Another Sunny Day" parle bien d'une journée ensoleillée et est une belle pop song chaloupée, entre Marine Girls et pop sixties. Eminemment charmant, pour sûr, mais peu indiqué aux fans de Maxïmo Park. Loin des modes, loin du coeur ? Pour convaincre du contraire suivent deux petites bombes de pop à guitares à la mode Heavenly, et, en fin de parcours, un "Don't Call It" hypnotique et atypique, pas vraiment angoissant, mais pas non plus gentillet (sic). L'ensemble est à la fois varié et cohérent et avec ces deux Allemands, l'international Indie Pop a encore de beaux jours devant elle et moi, de longues heures d'une paradoxale angoisse. Mais bon, les faits sont là : si jamais il vous prenait de chercher une chanson pour cette fin d'été, il ne serait pas idiot d'aller faire un petit tour à Hambourg.

MATHS AND PHYSICS CLUB - Weekends Away
(Matinée) - [site]

Ou à Seattle. Copier-coller de mon intro précédente pour Maths and Physics Club, mais émerveillement décuplé à l'écoute de ces quatre ritournelles également estivales et parfaitement troussées. Si "Weekends Away" doit peut-être un peu au "Voyage en Italie" de Lilicub pour les paroles, pour ce qui est de la musique, la chanson et son rythme délicatement sautillant se placent plutôt entre les Lucksmiths et le "Ask" des Smiths. Et ce petit orgue qui vient souligner la mélodie est particulièrement bien vu. A moins que ce ne soit "Love, Again" qui pique l'air de rien la guitare de Johnny Marr (à moins que ce ne soit le violon d'Amanda Brown) pour évoquer les affres d'un amour inavoué. Gentiment gentillet (zut, j'ai encore écrit "gentillet"), certes, avec presque toutes les figures imposées du genre - les claps sur l'efficace "When We Get Famous" par exemple -, mais il n'empêche que ce groupe américain n'a besoin que de dix petites minutes pour devenir indispensable. Bel exploit.

THE LUCKSMITHS - The Chapter In Your Life Entitled San FranciscoTHE LUCKSMITHS - The Chapter In Your Life Entitled San Francisco
(Matinée) - [site]

La série des singles inattaquables des Australiens devait bien s'arrêter un jour, mais il est bien difficile de parler de faux pas. C'est juste qu'en lieu et place des fusées graciles et des ballades belles à pleurer auxquelles Tali et sa bande nous avaient récemment habitués ("Midweek Midmorning", "Successlessness"), ils livrent ici un titre éponyme au midtempo moins propice à mettre en valeur leurs qualités. Lesquelles sont malgré tout intactes - voix d'or, refrain qui reste en tête sans faire de tapage et très beau texte - mais moins éclatantes. Même constat pour "Young and Dumb" à la rythmique un brin balourde. Les deux derniers morceaux nous ramènent à davantage de simplicité, un peu trop peut-être pour la ballade acoustique "The Winter Proper", sauvée par la voix vibrante de Tali et une délectable fin, pour une très classe reprise de compatriotes à eux, les Bee Gees. Bon, "I Started a Joke" n'est pas un choix très original mais les garçons s'en tirent très bien et on est sauvé. Mais attention au prochain EP...

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