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SIOUXSIE
AND THE BANSHEES - Hyaena
acheter
ce disque
L'année
précédente, le single "Dear Prudence",
reprise des Beatles, permettait au groupe, une fois n'est
pas coutume, de se distinguer dans les charts. La même
année sort "The Thorn", EP qui reprend
d'anciennes chansons ("Overground",
"Placebo Effect") et d'autres moins connues ("Red
Over White", "Voices") et propose de nouveaux
arrangements (symphoniques). Le résultat est absolument
grandiose. Robert Smith est toujours à son poste,
et le groupe offre les neuf morceaux qui forment "Hyaena",
album à la personnalité imposante, puissante
et évocatrice.
L'album s'ouvre sur la magnificence
de "Dazzle", qui malgré une dureté
quelque peu industrielle, fait toutefois entendre quelques
cordes aux allures symphoniques. L'atmosphère urgente
et oppressée de "We Hunger" tranche immédiatement,
le rythme est compliqué et heurté, et la voix
de Siouxsie, devenue au fil du temps ample et profonde,
glisse sans effort d'un registre à l'autre. "Take
Me Back" est encore une curiosité rythmique,
hésitant entre un genre méconnu de reggae
et une réminiscence de jazz. "Belladonna"
offre une pause douce et mélodique, voire mélancolique,
tout comme "Swimming Horses", basé comme
souvent sur un fait divers douloureux ayant attiré
l'attention de Siouxsie, dans ce cas-ci l'histoire d'une
jeune fille accusée à tort par sa communauté,
et empoisonnée par sa mère qui voulait la
sauver d'une fin plus cruelle.
La deuxième partie
du disque révèle des moments plutôt
mémorables, tel "Bring me the Head of the Preacher
Man", qui pour le moins, annonce la couleur. Des guitares
flamenco (accompagnées de castagnettes !) tournoient
dans une atmosphère de fin du monde, ce qui annonce
le dernier titre de l'album, "Blow the House Down",
véritable cyclone emportant tout sur son passage.
Les premières secondes de la chanson laissent présager
l'orage qui approche, puis le temps se fige et il est trop
tard : "Bishops falling from the windows, the lightning
makes your hair stand on end", les cheveux se dressent
sur votre tête et vous assistez impuissants à
la chute. "This dervish frenzy will make you run around",
l'image est parlante, et la musique vous emporte dans un
tourbillon infernal. Puis c'est l'accalmie, le cyclone s'éloigne,
les maisons sont en ruines, et l'album vous laisse en plan,
bouche bée.
Laurence Fabien
A lire également
sur Siouxsie And The Banshees :
la biographie du groupe
Dazzle
We Hunger
Take Me Back
Belladonna
Swimming Horses
Bring Me The Head of the Preacher Man
Running Town
Pointing Bone
Blow the House Down
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