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Qu'est-ce
que signifie "the River" pour vous ? Parce
que c'est un mot qui revient
très souvent dans vos
textes...
Je pense que c'est parti
de cette idée selon laquelle un être humain est
composé à 80%
d'eau. Tout, autour de nous,
n'est que de l'eau ou presque.
C'est un élément
naturel, qui focalise beaucoup
de pouvoir, peut-être
même tout le pouvoir de Dieu, de la Nature.
J'ai tendance à m'attarder
sur ce genre de choses.
Est-ce
que vous avez lu ou lisez
encore beaucoup de poésie
?
Non, pas vraiment. Je n'ai
jamais trop compris la poésie.
Vous
voyagez énormément d'un pays à l'autre.
Est-ce parce que vous aimez être un étranger partout
où vous allez ?
Non, pas vraiment. J'ai beaucoup
voyagé quand j'étais plus jeune, mais plus tellement
maintenant. C'est un mythe.
Vous
aimez être en tournée ?
Oui. J'aime ça. Ce n'est pas toujours une joie, mais j'aime ça.
Parce que chaque jour est différent. On ne sait jamais ce qui va arriver.
C'est stressant. Mais si on parvient à surmonter ça et jouer
de bons concerts, on peut se sentir très bien... A la fin de la nuit.
Le
public français doit être sensiblement différent
de celui que vous connaissez aux Etats-Unis, où les gens
n'hésitent pas à discuter pendant les concerts.
J'imagine que vous préférez un public silencieux,
attentif...
Ca dépend. C'est bien aussi d'avoir un peu de répondant
de la part du public. Si c'est
trop calme, parfois on peut se
demander si tout le monde n'est
pas en train de dormir. Je n'ai
jamais joué ici, à la Maroquinerie, mais plusieurs
fois au Café de la Danse et je pense que ces
salles sont vraiment faites
pour que les gens écoutent.
Le public fait face à la scène. Il est vraiment
encouragé à écouter.
Pourquoi
avez-vous décidé de mettre votre nom
entre parenthèses il y a quelques années, et pourquoi
l'avoir sorti des parenthèses pour le dernier album ?
J'aimais bien l'idée. C'est tout simplement parti de
l'artwork de "Rain on Lens". Au moment où on
travaillait sur la pochette, ça m'avait semblé naturel
d'ajouter ces parenthèses. Et puis, j'ai eu envie de
rendre ça officiel. Pour le dernier album, je pensais
que c'était vraiment différent de ce que j'avais
pu faire, donc j'ai eu envie de signifier ça, en enlevant
les parenthèses à nouveau, pour marquer une petite
rupture.
Vous
n'avez pas l'air d'aimer
parler de vos influences musicales. J'avais
lu une interview où vous parliez de cinéma,
ou même du dessin animé les Simpsons, mais pas
tellement de musique.
Je pense que je n'en parle
pas parce que c'est l'univers
dans lequel je suis. Je ne
fais pas de films ni de séries télé... Par ailleurs,
c'est très dur de parler d'influences parce que je ne
pourrais pas me contenter d'en citer quelques unes. Il y a cinq
cents choses différentes qui ont pu s'immiscer dans mon
cerveau et devenir autant d'influences. Je ne peux pas faire
le ménage dans tout ça et sortir quelques noms
seulement. Mais bien sûr pour faire de la musique, il
faut écouter de la musique, parler à d'autre musiciens.
Il y a un processus qui se met en place. Mais ça me semble
dangereux d'extraire quelques noms seulement... Il y a des centaines
de noms, de nombreuses années à écouter
de la musique...
Vous
avez écrit au cinéaste Leos Carax. Il y
a des réalisateurs dont vous aimez le travail et avec
lesquels vous aimeriez travailler
?
J'aime beaucoup Werner Herzog.
Je ne sais pas si c'est quelqu'un
avec qui j'aimerais travailler,
mais j'aime regarder ses films
en tout cas.
La
musique est-elle une façon pour vous d'être
libre ?
Je devais faire quelque chose,
trouver une voie. Peut-être pas nécessairement
la musique ; ça aurait peut-être pu être
quelque chose d'autre. Mais maintenant, c'est une partie très
naturelle de ma vie. C'est
mon quotidien.
Vous n'avez jamais eu envie d'abandonner, ou de faire autre
chose ?
Je fais mon propre emploi du
temps, je peux faire les choses
que je veux, m’organiser
comme je l’entends. Ça me convient comme ça.
Je peux prendre du temps pour réfléchir à l'idée
d'un nouveau disque, ou à autre chose. En ce moment,
je travaille à … un livre.
A
chaque fois que vous enregistrez
un nouvel album, vous avez l'idée générale de ce que ça va être
?
Oui.
Propos
recueillis par Jean-Charles
Dufeu, avec l'importante
contribution de Déborah
et Arnaud
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