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SOLE & THE SKYRIDER BAND - Sole & The Skyrider Band
(Anticon - acheter ce disque
Le grand hic, avec Sole, c'est qu'il rappe. Le problème s'est présenté sur ''Bottle of Humans'', il s'est posé encore sur ''Selling Live Water'' et il est toujours là sur son tout dernier disque. Passe encore pour ce prêchi-prêcha anticapitaliste de demi-instruit et ce numéro d'homme en colère dévastateur et rédempteur. Tout cela est monnaie courante, c'est l'apanage d'un bon 95% du rap engagé depuis Public Enemy. Mais le problème, c'est que Sole n'a ni le style, ni la classe, ni l'éloquence d'un Chuck D., qu'il n'a même pas l'aisance verbale et la subtilité d'un Sage Francis, s'il faut rester dans le même domaine, et qu'il rappe décidément comme un gros bovin asthmatique et sans voix, même si le mix et le travail de studio arrangent sensiblement les choses.
Mais cette fois, le fondateur d'Anticon bénéficie d'un renfort de poids avec Skyrider, producteur floridien récemment transformé en trio (Bud Berning, John Wagner et William Ryan Fritch) qui a déjà fait preuve de savoir-faire sur un remarquable ''47:34'' sorti chez Endemik Music. Pour l'accompagner, ce ne sont plus ces quelques beats bien sentis gâchés plutôt que sublimés par son flow abominable. Ce sont de véritables compositions complexes et inspirées avec force instruments, guitares, violons, banjos, percussions chiadées et électronique sophistiquée. Et celles-ci conviennent plutôt bien à l'ami Tim. Elles l'habillent, elles l'obligent à s'accorder des pauses, elles l'invitent à une diversité de ton qui lui faisait défaut. Et du coup, tout cela passe beaucoup mieux. C'est moins bloquant, c'est moins rédhibitoire et c'est rempli de titres puissants comme par exemple ce convaincant "Magnum". Sans doute tient-on ici le sommet de la discographie de Sole. L'ironie, cependant, c'est que le disque aurait tout de même été meilleur s'il avait été purement instrumental...
Sylvain Bertot
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