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SONGS
OF GREEN PHEASANT - Aerial Days
(Fat
Cat / PIAS)
- acheter
ce disque
Duncan
Sumpner est un garçon très modeste : il fut
le premier surpris lorsque Fat Cat lui proposa de sortir
ses démos sous la forme d'un court album, "Songs
of Green Pheasant", qui précéda "Aerial
Days". Sa musique, elle aussi, est très modeste
: l'idée même d'attaque instrumentale, sur
ce nouveau disque, est sans cesse remise en cause par un
travail de production qui nivelle toutes les pistes pour
en privilégier la texture. Un album substantiel,
donc. Sur une palette assez large d'influences, notre faisan
vert fait feu de tout bois : il emprunte ponctuellement
à l'electronica pour introduire des morceaux à
la rythmique flottante, les guitares sont sans cesse manipulées
pour mieux alléger des accords désincarnés,
et les rares cordes frappées sont celles d'un piano
discret. Ajoutez à cela une voix qui module sa hauteur
dans la pure tradition monacale (et ce n'est pas une image,
on se croirait vraiment dans un couvent aux mâtines
sur "Remembering and Forgetting"), et vous aurez
un album entre rêve et mysticisme, qui pourtant ne
s'écoute jamais religieusement. Au contraire, on
se laisse porter par ces vignettes éthérées
qui ne ressemblent à rien de connu ; on n'est ni
au paradis ni en enfer, l'album n'offre une vision ni optimiste
ni sombre, juste un flottement, seulement perturbé
par le "Dear Prudence" dont la familiarité
constitue un brusque retour sur Terre. Enfin, sur Terre,
c'est beaucoup dire, tant ces "Aerial Days" portent
bien leur nom de bout en bout, et même les Beatles
restent en suspension, dans une version psychédélique
qui évoquerait plus volontiers Pink Floyd, tandis
que "Wolves Amongst Snowmen" rappelle Flying Saucer
Attack et les plages planantes de "Further" ou
de "Less Is More".
Entre austérité et psychédélisme
donc, Songs of Green Pheasant livre un folk froid mais pas
givré, lancinant et toujours classieux, qui transporte
l'auditeur vers des contrées à peine explorées
par ses collègues Montgolfier Brothers, autres spécialistes
de la lévitation folk. Mais, contrairement à
ceux-ci, Duncan Sumpner ne cède rien à la
mélancolie ou au mal de l'air, et reste dans une
neutralité troublante qui, après quelques
écoutes, devient franchement envoûtante.
David Dufeu
Pink by White
Remembering and Forgetting
Wolves amongst Snowmen
Stars from Birds
Dear Prudence
Wintered
Brody Jacket
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