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stéphane amiel - interview - POPNEWS Avril 2008

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STÉPHANE AMIEL

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Parlons maintenant de l'expansion géographique du festival. Quel est l'objectif et comment arrivez-vous à le gérer ?
La raison principale est financière. Je n'avais pas forcément les moyens de faire venir des artistes pour une seule date alors que ça devenait possible en les faisant jouer pour trois ou quatre concerts. C'est aussi une façon de faire perdurer le festival qui s'est ancré dans une quinzaine de villes en France.

Stéphane Amiel

Et au niveau international ?
C'est juste un essai. Mais c'est du boulot. Il faut trouver les bonnes équipes sur place car on ne fait que superviser. Il faut vraiment que ça se passe bien, que ça s'autofinance aussi, parce que l'intérêt pour nous est limité. Hormis le fait d'entretenir notre notoriété à l'étranger, on ne gagne rien sur ces "délocalisations". C'est aussi une bonne manière pour nous d'exporter des artistes ou des productions françaises. A Londres, Berlin et Lausanne, c'est Les femmes s'en mêlent. A Bruxelles, c'est dans le cadre des Nuits Botaniques qui invitent les FSM. Cette année, pour la première fois, il y aura Madrid et Barcelone. On le fait encore à tâtons.

As-tu déjà réfléchi à thématiser la programmation ?
Oui, j'ai déjà l'idée de faire des plateaux spéciaux par ville ou par pays. Mais ça ne s'est jamais fait. En fait, c'est se rajouter des contraintes. Après, je me rends compte que par année il y a toujours une couleur qui émerge. Par exemple, cette année, il y a une dominante scandinave. On peut donc dire que c'est la Scandinavie en force ! Mais c'est le hasard. On pourrait dire aussi que cette année, ce sera plus folk. Sinon, il y aura des soirées très typées comme la soirée rock'n roll/garage avec Gore Gore Girls, Tu seras terriblement gentille et Priscillas. Donc, on peut parler de sous-thèmes mais on ne communique pas vraiment dessus.

Pourtant vous auriez tout intérêt à souligner certaines soirées dans votre programmation ?
Eh bien figure-toi que cette année on va faire deux flyers pour la soirée electro au Trabendo et pour la soirée garage/sixties à la Maroquinerie. On s'est rendu compte qu'il fallait mettre l'accent sur certaines soirées pour aller davantage chercher le public là où il est.

Quels sont tes coups de cœur pour l'édition 2008 ?
Miss Li sans hésiter. Elle peut vraiment exploser. Les Duchess Says aussi. C'est un groupe canadien à découvrir sur scène. Si je ne les avais pas eues cette année, j'en aurais été malade. La première fois que je les ai vues, j'ai eu un flash. C'est un groupe encore peu connu mais c'est hyper impressionnant sur scène. Elles ont une puissance et une folie rares. Il faut les programmer en dernier parce que tout paraît fade après leur passage. Attendez-vous à une tornade. C'est LE groupe avec sa chanteuse qui va marquer les esprits.

Comment mènes-tu ta prospection d'une année à l'autre ?
C'est un mélange de tout. J'ai plein d'oreilles autour de moi. Des gens vraiment pointus et passionnés qui sont toujours à l'affût et qui me mettent sur des pistes. Certains artistes passent le mot à d'autres qui se portent candidats pour venir jouer. Je vais à quelques festivals surtout en Scandinavie. Je pense aux festivals danois Spot ou Eurosonic... Je vais aux Trans aussi. Un festival que j'adorerais voir c'est South by Southwest à Austin mais c'est trop proche des Femmes s'en mêlent. Et puis, il y a la notoriété du festival à l'étranger qui fait aussi son œuvre.

Selon toi, quelles sont les qualités qu'il faut pour être un bon programmateur de festival ?
De la persévérance. C'est un festival qui tient parce qu'on a toujours envie de le faire. Le goût d'avoir raison avant tout le monde aussi. C'est important parce que c'est à peu près la seule gratification. Je pense notamment aux plateaux que j'ai faits avec Feist et Anaïs qui n'étaient pas encore connues et qui remplissent chacune l'Olympia aujourd'hui. Sinon, je suis toujours fan de ce que je programme. C'est presque maladif. Il faut donc avoir des marottes, être malin. Et aussi savoir écouter les autres...

Et qu'est-ce que ça t'apporte ?
Des amis pour la vie (rires) ! Sérieusement, des amitiés avec des gens comme Lisa Germano, Eleni Mandell, les Robots in Disguise, Katherine que je suis aussi personnellement. Au-delà, un certain plaisir de programmer des gens qui sont importants pour moi. Je pense notamment à El Perro Del Mar cette année dont je suis très fan et dont la présence justifie à mes yeux l'existence de cette onzième édition.

Propos recueillis par Luc Taramini
Photos de Julien Bourgeois [site]
Merci à Elisa d'Ivox
Le site des Femmes s'en mêlent