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STÉPHANE
AMIEL
[page précédente]
Parlons maintenant de l'expansion géographique
du festival. Quel est l'objectif et comment arrivez-vous
à le gérer ?
La
raison principale est financière. Je n'avais pas
forcément les moyens de faire venir des artistes
pour une seule date alors que ça devenait possible
en les faisant jouer pour trois ou quatre concerts. C'est
aussi une façon de faire perdurer le festival qui
s'est ancré dans une quinzaine de villes en France.

Et
au niveau international ?
C'est
juste un essai. Mais c'est du boulot. Il faut trouver les
bonnes équipes sur place car on ne fait que superviser.
Il faut vraiment que ça se passe bien, que ça
s'autofinance aussi, parce que l'intérêt pour
nous est limité. Hormis le fait d'entretenir notre
notoriété à l'étranger, on ne
gagne rien sur ces "délocalisations". C'est
aussi une bonne manière pour nous d'exporter des
artistes ou des productions françaises. A Londres,
Berlin et Lausanne, c'est Les femmes s'en mêlent.
A Bruxelles, c'est dans le cadre des Nuits Botaniques qui
invitent les FSM. Cette année, pour la première
fois, il y aura Madrid et Barcelone. On le fait encore à
tâtons.
As-tu déjà réfléchi à
thématiser la programmation ?
Oui,
j'ai déjà l'idée de faire des plateaux
spéciaux par ville ou par pays. Mais ça ne
s'est jamais fait. En fait, c'est se rajouter des contraintes.
Après, je me rends compte que par année il
y a toujours une couleur qui émerge. Par exemple,
cette année, il y a une dominante scandinave. On
peut donc dire que c'est la Scandinavie en force ! Mais
c'est le hasard. On pourrait dire aussi que cette année,
ce sera plus folk. Sinon, il y aura des soirées très
typées comme la soirée rock'n roll/garage
avec Gore Gore Girls, Tu seras terriblement gentille et
Priscillas. Donc, on peut parler de sous-thèmes mais
on ne communique pas vraiment dessus.
Pourtant
vous auriez tout intérêt à souligner
certaines soirées dans votre programmation ?
Eh
bien figure-toi que cette année on va faire deux
flyers pour la soirée electro au Trabendo et pour
la soirée garage/sixties à la Maroquinerie.
On s'est rendu compte qu'il fallait mettre l'accent sur
certaines soirées pour aller davantage chercher le
public là où il est.
Quels
sont tes coups de cœur pour l'édition 2008 ?
Miss
Li sans hésiter. Elle peut vraiment exploser. Les
Duchess Says aussi. C'est un groupe canadien à découvrir
sur scène. Si je ne les avais pas eues cette année,
j'en aurais été malade. La première
fois que je les ai vues, j'ai eu un flash. C'est un groupe
encore peu connu mais c'est hyper impressionnant sur scène.
Elles ont une puissance et une folie rares. Il faut les
programmer en dernier parce que tout paraît fade après
leur passage. Attendez-vous à une tornade. C'est
LE groupe avec sa chanteuse qui va marquer les esprits.
Comment
mènes-tu ta prospection d'une année à
l'autre ?
C'est un mélange de tout. J'ai plein d'oreilles
autour de moi. Des gens vraiment pointus et passionnés
qui sont toujours à l'affût et qui me mettent
sur des pistes. Certains artistes passent le mot à
d'autres qui se portent candidats pour venir jouer. Je vais
à quelques festivals surtout en Scandinavie. Je pense
aux festivals danois Spot ou Eurosonic... Je vais aux Trans
aussi. Un festival que j'adorerais voir c'est South by Southwest
à Austin mais c'est trop proche des Femmes s'en mêlent.
Et puis, il y a la notoriété du festival à
l'étranger qui fait aussi son œuvre.
Selon toi, quelles sont les qualités qu'il faut pour
être un bon programmateur de festival ?
De
la persévérance. C'est un festival qui tient
parce qu'on a toujours envie de le faire. Le goût
d'avoir raison avant tout le monde aussi. C'est important
parce que c'est à peu près la seule gratification.
Je pense notamment aux plateaux que j'ai faits avec Feist
et Anaïs qui n'étaient pas encore connues et
qui remplissent chacune l'Olympia aujourd'hui. Sinon, je
suis toujours fan de ce que je programme. C'est presque
maladif. Il faut donc avoir des marottes, être malin.
Et aussi savoir écouter les autres...
Et
qu'est-ce que ça t'apporte ?
Des amis pour la vie (rires) ! Sérieusement,
des amitiés avec des gens comme Lisa Germano, Eleni
Mandell, les Robots in Disguise, Katherine que je suis aussi
personnellement. Au-delà, un certain plaisir de programmer
des gens qui sont importants pour moi. Je pense notamment
à El Perro Del Mar cette année dont je suis
très fan et dont la présence justifie à
mes yeux l'existence de cette onzième édition.
Propos
recueillis par Luc Taramini
Photos de Julien Bourgeois [site]
Merci à Elisa d'Ivox
Le site des
Femmes s'en mêlent
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