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SUPERFLU

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Est-ce que vous avez le sentiment de repartir de zéro ?
Il y a des choses qu'on redémarre de zéro, oui. Dans le groupe, il y a surtout le fait que l'on redémarre dans un contexte différent. Par exemple, aujourd'hui pour une chronique papier, il y a deux chroniques sur internet. La place qu'internet a pris dans la promotion d'un groupe est centrale. Ça n'existait pas à l'époque de notre premier disque. Par la suite, cet outil a été pour nous le moyen de garder le contact avec un noyau de fans. D'ailleurs, j'aimerais bien que nos deux premiers disques soient disponibles en téléchargement légal. C'est marrant de voir que le paysage a changé. Après, on était vraiment dans le tunnel à préparer le disque avec toujours une oreille à l'extérieur.

POPnews - Nicolas Falez - Superflu

Quel est votre rapport aux logiques commerciales de l'industrie du disque ?
Notre modèle pour durer est lié à ce que l'on fait en dehors de la musique. Il y a deux journalistes, un prof de philo, deux musiciens professionnels. C'est fondamental, le groupe vit comme ça. Nous ne sommes pas dépendants de notre projet musical. Notre liberté, c'est de ne pas en attendre de subsistance particulière. Tout ce qui vient, vient en plus. C'est extrêmement précieux comme système. J'ai l'impression qu'aujourd'hui beaucoup de gens se reconnaissent dans ce choix et le comprennent mieux.

Concernant le fonctionnement du groupe, qui compose et comment circulent les idées ?
J'ai écrit la majorité des chansons, paroles et musique. Sonia a écrit le texte "Chamaloc" et a travaillé la musique avec un auteur. Sur le premier album, je venais avec des idées très arrêtées sur ce que je voulais. C'était plus mes chansons que les autres interprétaient. Puis, ça a évolué vers un travail de groupe. Sur "La Chance", rien n'était imposé, on pouvait emmener la base des compositions là où on voulait. Une vraie approche collective vraiment bien vécue par tout le monde.

Et l'apport de Christian Quermalet (The Married Monk) qui a produit vos trois albums ?
Cette fois-ci, Christian a eu un investissement différent des deux premiers albums parce qu'entre temps, il est devenu un vrai ingénieur du son. Donc c'est lui qui était physiquement aux manettes pour mixer. Il a travaillé directement sur le Mac. Humainement et techniquement, on a pu aller très loin dans le montage et démontage des morceaux. Je n'ai mis aucune barrière, ce qui a été jubilatoire de mon point de vue c'est de laisser partir les compositions loin de moi.

Je trouve que sur cet album, il y a une rage rentrée qu'il n'y avait pas sur les précédents…
J'aime bien la formule de rage et même de rage rentrée. Je trouve ça assez juste. Quand on écrit, on est content d'évoluer. L'idée, c'est d'arriver à repousser ses propres limites. Je trouve qu'en général, il y a beaucoup de bons sentiments dans les chansons, même dans les bonnes chansons. Alors j'essaie qu'il n'y en ait pas trop dans les miennes comme dans "Appelle ça sommeil" ou dans "Le Monde entier". Et puis, il s'agit aussi de trouver d'autres façons de dire des choses universelles, c'est un peu ce que j'ai essayé de faire dans la chanson "La Chance" avec cette phrase "La chance c'est que le gras du bide ne te dégoûte pas". J'aime bien que les mots soient un peu concrets, qu'il y ait quelque chose de plus rugueux, de plus incarné aussi.

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