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SUPERFLU
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Est-ce
que vous avez le sentiment de repartir de zéro ?
Il
y a des choses qu'on redémarre de zéro, oui.
Dans le groupe, il y a surtout le fait que l'on redémarre
dans un contexte différent. Par exemple, aujourd'hui
pour une chronique papier, il y a deux chroniques sur internet.
La place qu'internet a pris dans la promotion d'un groupe
est centrale. Ça n'existait pas à l'époque
de notre premier disque. Par la suite, cet outil a été
pour nous le moyen de garder le contact avec un noyau de
fans. D'ailleurs, j'aimerais bien que nos deux premiers
disques soient disponibles en téléchargement
légal. C'est marrant de voir que le paysage a changé.
Après, on était vraiment dans le tunnel à
préparer le disque avec toujours une oreille à
l'extérieur.

Quel est votre rapport aux logiques commerciales
de l'industrie du disque ?
Notre
modèle pour durer est lié à ce que
l'on fait en dehors de la musique. Il y a deux journalistes,
un prof de philo, deux musiciens professionnels. C'est fondamental,
le groupe vit comme ça. Nous ne sommes pas dépendants
de notre projet musical. Notre liberté, c'est de
ne pas en attendre de subsistance particulière. Tout
ce qui vient, vient en plus. C'est extrêmement précieux
comme système. J'ai l'impression qu'aujourd'hui beaucoup
de gens se reconnaissent dans ce choix et le comprennent
mieux.
Concernant
le fonctionnement du groupe, qui compose et comment circulent
les idées ?
J'ai
écrit la majorité des chansons, paroles et
musique. Sonia a écrit le texte "Chamaloc"
et a travaillé la musique avec un auteur. Sur le
premier album, je venais avec des idées très
arrêtées sur ce que je voulais. C'était
plus mes chansons que les autres interprétaient.
Puis, ça a évolué vers un travail de
groupe. Sur "La Chance", rien n'était imposé,
on pouvait emmener la base des compositions là où
on voulait. Une vraie approche collective vraiment bien
vécue par tout le monde.
Et
l'apport de Christian Quermalet (The Married Monk) qui a
produit vos trois albums ?
Cette
fois-ci, Christian a eu un investissement différent
des deux premiers albums parce qu'entre temps, il est devenu
un vrai ingénieur du son. Donc c'est lui qui était
physiquement aux manettes pour mixer. Il a travaillé
directement sur le Mac. Humainement et techniquement, on
a pu aller très loin dans le montage et démontage
des morceaux. Je n'ai mis aucune barrière, ce qui
a été jubilatoire de mon point de vue c'est
de laisser partir les compositions loin de moi.
Je
trouve que sur cet album, il y a une rage rentrée
qu'il n'y avait pas sur les précédents…
J'aime bien la formule de rage et même de
rage rentrée. Je trouve ça assez juste. Quand
on écrit, on est content d'évoluer. L'idée,
c'est d'arriver à repousser ses propres limites.
Je trouve qu'en général, il y a beaucoup de
bons sentiments dans les chansons, même dans les bonnes
chansons. Alors j'essaie qu'il n'y en ait pas trop dans
les miennes comme dans "Appelle ça sommeil"
ou dans "Le Monde entier". Et puis, il s'agit
aussi de trouver d'autres façons de dire des choses
universelles, c'est un peu ce que j'ai essayé de
faire dans la chanson "La Chance" avec cette phrase
"La chance c'est que le gras du bide ne te dégoûte
pas". J'aime bien que les mots soient un peu concrets,
qu'il y ait quelque chose de plus rugueux, de plus incarné
aussi.
[suite]
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