Sylvain Chauveau – Post-Everything (Track by Track)

04/01/2018, par | Track by track |
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Sylvain Chauveau vient de terminer sa trilogie autour de la déconstruction du format chanson avec "Post-Everything". Comme ce garçon est charmant, il a bien voulu nous décrire par le menu, titre après titre, les dix chansons de son dernier recueil.


"Find What You Want and Let It Kill You"

C'est de là que tout est parti. Clairement le morceau central, celui autour duquel tout l'album s'articule. La version finale dure 12 minutes mais cette chanson aurait franchement pu être étirée jusqu'à la longueur du disque entier. Musicalement, c'est la répétition et la variation, un procédé que j'aime beaucoup, sans doute car c'est propice à une forme de transe. Je voulais une musique qui soit très directe, dans laquelle on puisse rentrer dès la première seconde. Et laisser aller mon penchant romantique, lyrique, que j'avais ouvertement contenu depuis 10 ans. Et c'est un duo avec la chanteuse Chantal Acda.

 

"The Unstoppable Sex Machine"

Dès la deuxième plage, j'expose le deuxième climat de l'album : l'acoustique en format haïku. L'album contient clairement deux types d'atmosphères : électronique et acoustique (avec guitare). La forme poétique des haïkus japonais et leurs dérivés occidentaux sont une énorme influence pour moi depuis longtemps. Je m'en suis servi cette fois pour les textes.

 

"A Morning Rain"

Ce morceau s'enchaine avec le précédent de manière presque imperceptible, comme s'ils ne formaient qu'un. Le contenu est aussi plutôt sexuel, ils se complètent. A noter aussi le jeu sur la structure : loin du couplet-refrain de la chanson classique, ici le chant se place où il veut, quand il veut.

 

"I Follow Rivers"

C'est le moment de convoquer un morceau vraiment pop et c'est carrément une reprise d'un tube internationalement connu, "I Follow Rivers" de Lykke Li. Retour à l'électronique (sans aucune rythmique, comme toujours chez moi) pour une version très différente de l'original. Très courte, directe. L'occasion ou jamais de se positionner en crooner expérimental. Avec les chœurs de Myriam Pruvot.

 

"On the Influence of Planetary Attraction"

Retour à l'acoustique, à la lenteur, à la contemplation, mais complétée à la fin par un moment ambient dans l'héritage de l'électronique expérimentale. Le texte est encore inspiré dans sa forme par la brièveté du haïku, mais cette fois en deux parties distinctes.

 

"Unilateral Disarmament"

Peut-être le vrai "single" du disque, si on doit en considérer un. Simple et reposant sur une mélodie de chant évidente, doublée par la voix de Chantal Acda aussi. Ça parle des hypersensibles, de ceux qui ont choisi d'exprimer cela dans la création et qui ont le courage de lâcher prise avec le connu pour s'enfoncer vers des territoires à défricher.

 

"Into Eternity"

Encore une structure très différente du format chanson classique, de courte durée aussi. C'est le thème du nucléaire qui est abordé ici : comment ferons-nous pour que les générations futures se protègent des déchets qu'on enterre actuellement alors qu'ils seront mortels pour les 200 à 400 000 prochaines années ?

 

"Afterwards"

C'est souvent après coup qu'on se rend compte qu'on a été heureux.

 

"No Rest for the Wicked" :

Deuxième reprise de Lykke Li. C'est aussi un de ses singles, un peu moins connu mais tout aussi efficace à mon avis. Là aussi on est dans les climats électroniques mais avec des racines dans la musique expérimentale : ici, j'ai utilisé comme base des drones de mon ami Joseph Mills, du groupe Haptic. Et de nouveau des chœurs de Myriam Pruvot pour soutenir mon chant.

 

"Seven Ways Mushrooms Can Save the World" :

On finit sur l'acoustique, sur la légèreté, et j'ai tenu à inviter le grand Jacques Coursil (ami de John Zorn qui avait fait ses armes à l'époque du free jazz américain) à poser des touches de trompette pour éclaircir cette conclusion à l'album. L'instruction que je lui donnais pour improviser était : "une musique pour faire la sieste". Il m'a répondu : "OK, je vois ce que tu veux".

Propos recueillis par Guillaume Delcourt

Avec l’aide de Johanna D.jap

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