Sylvain Chauveau - Down to the Bone

16/11/2005, par David Larre | Albums |
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SYLVAIN CHAUVEAU - Down To The Bone
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SYLVAIN CHAUVEAU - Down To The BoneUne simple recherche sur Google suffit à le confirmer : Depeche Mode doit être le groupe des 80's qui a suscité le plus de reprises (Johnny Cash, Hooverphonic, The Cure, Marilyn Manson, Rammstein, Gus Gus, The Smashing Pumpkins, Deftones, etc.) et d'albums "tribute", et ce, à peu près dans tous les genres possibles (blues, punk, gothique, métal, électro, trance, techno, quartet à cordes, et j'en oublie certainement). On peut reconnaître à cet hommage l'impact quasi universel des mélodies des réputés "apprentis coiffeurs de Basildon" : musique pour les masses, assurément, mais une musique dont le romantisme noir, les gimmicks électroniques ou guitaristiques puissants, l'ingéniosité roublarde dépassent de loin les attentes d'un public avide de tubes. Dans la série des relectures, on peut savoir gré à Sylvain Chauveau, et à l'ensemble acoustique qui l'accompagne, de s'être donné un programme stylistique cohérent (dénuement jusqu'à l'os, on est prévenu par le titre) pour mettre en évidence les qualités irréductibles du compositeur Martin Gore. Avec un choix de morceaux assez varié, allant de Some Great Reward ("Blasphemous Rumours") à Exciter ("Freelove"), tous soumis à un même dépouillement, Sylvain Chauveau parvient, avec une grâce évidente, à servir et magnifier la musique du groupe. Il use pour cela de petits trucs simples et imparables : faire jouer assez systématiquement la mélodie accrocheuse, habituellement balancée par les machines ou les guitares, par un instrument délicat passé au second plan (piano, clarinette, violon), ou encore exposer sa voix, belle et délicate, à égale distance de celles de Gahan et de Gore, dans un léger ralenti. Mais derrière la simplicité apparente, les accompagnements sont particulièrement soignés (notamment sur les trois premiers morceaux, où cordes, clarinette et piano créent des merveilles de délicatesse). Ponctuellement, Sylvain Chauveau se risque à déconstruire ("Freelove "), mais c'est en ramenant, par le minimalisme, les grands tubes du groupe à leur plus simple qualité d'émotion ("Policy of Truth", "Never Let Me Down Again") ou en exhumant les beautés de "The Things You Said" ou "Home" qu'il fait mouche. L'hommage est d'autant plus beau qu'il est humble, et il donne furieusement envie de replonger dans la discographie entière du groupe, à commencer par le décidément très bon "Playing the Angel".

David

Stripped
The Things You Said
Home
Policy of Truth`
Death's Door
(Enjoy) The Silence
In Your Room
Blasphemous Rumours
Freelove
Never Let Me Down Again
Enjoy The Silence


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