Tarwater - Spider Smile

31/05/2007, par David Larre | Albums |
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TARWATER - Spider Smile
(Morr Music / La Baleine) [site] - acheter ce disque

TARWATER - Spider SmileLa greffe a bien pris. Entrés dans l'écurie Morr Music pour "The Needle Was Traveling", leur précédent album, Bernd Jestram et Ronald Lippok confirment avec "Spider Smile" la fraîcheur de leur inspiration comme, de plus en plus évidente, la maîtrise de leur style. Dans un jeu d'équilibre entre instrumentaux hypnotiques et morceaux plus ouvertement poppy, mais contrebalancés par la raideur de la voix et des cadences, le disque instille, de plage en plage, de biens subtiles saveurs. Au compte des réussites instrumentales, certains morceaux apparaissent parmi leurs meilleurs depuis "Silur", comme le "Shirley Temple" d'ouverture sur lequel plane le fantôme d'Alpha revisité par le Krautrock ou un "Witch Park" aux percussions entêtantes. Au compte des "chansons", on notera, comme déjà sur le précédent album, de fausses entrées en matière (longue intro de "A Marriage in Belmont") et un allant calme qui signe un peu le refus du groupe de donner dans le catchy (il est difficile de faire de "World of Things to Touch" un tube évident). Avec sa pochette offerte en pâture aux lazy sunbathers et son titre énigmatique, le disque se présente aussi comme une visite imaginaire des Etats-Unis par un touriste allemand qui aurait certes oublié ses Birkenstock mais pas son esprit caustique. Star (Shirley Temple), références livresques (Poe), humeurs urbaines (Manhattan et Los Angeles), autant de signes allumés comme des néons très voyants, en contrepoint de ponctuels et discrètes touches d'americana (pedal-steel guitar, par exemple). Poursuivant par ailleurs, après Minimal Compact, sa visite des Eighties, le groupe propose cette fois une cover de Virgin Prunes ("Sweet Home Under White Clouds"), un peu plus convaincante. Par son érudition nonchalante, sa manière de n'insister sur aucun effet, la variété de ses ancrages, la musique de Tarwater se donne un peu comme un étalon de ce que la pop électronique allemande sait faire de mieux, en entendant - peut-être - que les voisins de box dans l'écurie Morr, The Notwist ou Lali Puna, ne se réveillent de leur trop longue torpeur.

David Larre

Shirley Temple
World of Things to Touch
Witch Park
A Marriage in Belmont
Lower Manhatten Pantoum
Roderick Usher
Akestra
When Love Was the Law in Los Angeles
Easy Sermon
Sweet Home Under White Clouds
When Tomorrow Comes



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