That Summer - Clear, track by track

08/04/2005, par Guillaume Sautereau | Track by track |
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7. The Top 1 (Between Laziness & Heartache)
Cela s'entend : c'est le seul morceau composé intégralement sur ordinateur, à partir de différentes boucles tourn(oy)ant ensemble (un loop de batterie piqué à Scorn, notamment), tout comme l'était le titre "Benediction" sur mon précédent album. Je compose essentiellement au piano mais l'ordinateur m'est d'autant plus précieux qu'il permet une toute autre approche de la musique, très ludique, et que j'adore moi-même sampler, assembler des boucles, etc. J'aime ce genre de morceaux répétitifs, hypnotiques, à la fois agressifs et atmosphériques. La version que Jérôme Minière et moi avons réalisée est ainsi assez fidèle à la version maquettée, aux accents parfois franchement new wave, si ce n'est qu'il a improvisé toute la modulation finale à la guitare et à la basse. Si ce n'est aussi que sur la version "originale" figurait un sample que j'ai finalement renoncé à inclure, par peur des problèmes de copyright : des fragments du monologue du magnifique film réalisé par Georges Perec à partir de son non moins magnifique livre "Un homme qui dort". Un texte dont la lecture m'avait énormément marqué lorsque je travaillais à la composition de "Clear" (cet automne, à Montréal, j'ai d'ailleurs fait une performance avec Mathias Delplanque, alias Lena, à partir de lectures d'extraits de ce livre.) C'est la raison pour laquelle on trouve, dans le livret de "Clear", cette photo des pages d'"Un homme qui dort".
Quant au sous-titre de "Between Laziness & Heartache" (allusion au titre d'un album de Breathless, et surtout à l'état d'esprit général qui avait présidé à la composition de ce disque), ce devait être au départ le titre de cet album avant que "Clear" ne s'impose, pour plein de raisons, comme une évidence - et puis, j'en avais un peu assez des titres à rallonge ! :+)

8. The Top 2
Enregistré à l'Hotel2Tango, avec la même équipe que pour "What If", voilà somme toute une chanson typique de mon "style" - couplet/bref refrain, couplet/bref refrain + ce que j'appelle improprement des "codas", pour parler de ces modulations qui, à la fin des morceaux, emmènent ceux-ci vers d'autres horizons (cf. "The more I think...", ou "Fast Forward" sur "Home is Where The Studio Is"). Le texte aussi est assez typique de ce que j'essaie modestement de faire, puisqu'on peut le lire au premier degré (un type qui se parle à lui-même), mais aussi comme une juxtaposition de références (il y a des clins d'œil à Cure, David Sylvian et Depeche Mode !). Cela dit, si j'adore composer des chansons, les textes ne sont pas vraiment importants pour moi : ce que j'aime surtout, ce sont les voix et le son des mots, mais ce que je raconte dans mes chansons n'a guère d'importance ; si les voix sont globalement très en avant ici, c'est plus pour une question de "son" que de de "sens", il y a même certains passages que j'ai laissés en "yaourt".

9. True Light
Enregistré avec Benoît Burello, avec la participation encore de Malcolm Eden, c'est l'une des chansons du disque que je préfère. J'avais une idée assez claire de ce que je désirais obtenir, de ces contrastes entre passages "rond", doux, et la partie centrale plus rêche, plus dure. Pour cette dernière, je pensais un peu à New Order, mais surtout à Pinback, dont j'avais beaucoup aimé les deux premiers albums (à cause du son, des mélodies et de la richesse des arrangements vocaux) : Pinback utilise beaucoup la guitare baryton, qui possède une très belle sonorité, un peu plus grave que la normale, et pour essayer de retrouver cet effet, on a fait jouer à la guitare la ligne de basse et à deux basses les lignes de guitare.

10. Heroinogirl
Comme "Where You Are", voilà une chanson qui joue sur la frustration de l'auditeur. J'adorais cette série d'accords et je ne savais comment la développer sans faire retomber l'intérêt, j'ai donc préféré laisser les choses telles quelles. Une chanson très romantique, à laquelle les arrangements de Pierre-Yves Macé ont apporté une petite touche "Air" qui n'est pas pour me déplaire.


11. Montreal
"Montreal" est l'un des deux morceaux qui sont venus s'ajouter aux maquettes initiales. Comme je l'avais fait avec "Let's Get Closer" sur l'album précédent - qui était le résultat d'une pure session d'improvisation avec Bernd Jestram et un ami guitariste venu participer à l'enregistrement -, je désirais avec ce titre inclure à l'album une dimension improvisée, car j'aime cet aspect spontané, le fait que les gens avec lesquels je travaille pour un projet puissent y participer ainsi directement, d'une manière qui reflète notre état d'esprit commun du moment, l'atmosphère des sessions : la première des trois parties de "Montreal" a été enregistrée de cette manière spontanée, avec Benoît Burello improvisant sur sa guitare et son ampli, et j'admire la manière prodigieusement musicale avec laquelle il est parvenu, en jouant notamment sur le bouton de volume de son ampli, à produire ces sons qui se marient parfaitement avec les harmoniques et les résonances du piano. Et puis, sur la troisième partie, il a accepté de prêter sa voix, ce dont j'étais très heureux car je pense que sans elle, ce disque de "crooner" aurait été incomplet.
Pour le reste, donc, c'est un morceau que j'ai composé/improvisé pendant le processus d'enregistrement, et qui traite directement de ma situation d'alors - évoquant la question de l'éloignement de la personne que l'on aime... J'étais très content du résultat et même si, par sa longueur, ce morceau faisait capoter mon projet initial qui était de réaliser un album de moins de 45 minutes (je trouve que le format CD a eu pour résultat d'encourager à réaliser des disques trop longs, et je voulais me limiter à cette durée qui est celle d'un - long - album vinyle), "Montreal" m'est vite apparu comme la conclusion logique de "Clear"...

12. Mon vrai visage...
Ou presque, puisque c'est sur Mon vrai visage que se termine l'album. Un titre que j'ai placé en "vrai faux morceau caché" pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'après "Montreal", il me semblait que le silence s'imposait un peu. Ensuite, parce que c'est là le seul morceau qui n'a pas été composé par moi : c'est Jérôme Minière (encore un musicien exceptionnel, qui était mon voisin à Montréal) qui m'avait fait écouter ce morceau dont il ne savait pas quoi faire, et sur lequel j'ai immédiatement flashé. Enfin, j'ai écrit un texte en français, et c'était une autre manière, en le faisant s'achever sur un tel morceau, d'ouvrir un peu l'album plutôt que de le refermer sur lui-même, puisque entre autres projets (apprendre la guitare, faire un disque de reprises), j'envisage d'essayer de faire quelque chose tout en français. Mais c'est encore loin d'être acquis. "Mon vrai visage", c'est comme un ultime sursaut, colérique, un peu (mélo)dramatique, qui, j'espère, donne envie, lorsqu'il s'achève, de remettre l'album au début./.

Propos recueillis par Guillaume
Merci à David et à Sean

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