The Clientele - Track by Track

22/11/2010, par Christophe Patris | Track by track |
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THE CLIENTELE

Quel plaisir d'errer dans le dédale discographique inépuisable de The Clientele ! D'autant plus lorsque Alasdair MacLean, tête pensante et chantante du groupe, nous guide à travers les allées du labyrinthique "Minotaur", mini album sorti au début de l'automne. Où il est question de Borges, d'un homme perdu sur une barque, de soldats terrorisés dans un parc, d'ennui profond et de rêves sans fond.

The Clientele


Entre le 25 décembre et le 31 décembre 2008, The Clientele a enregistré vingt-et-une chansons. J'avais rassemblé le groupe pendant cette brève période parce que c'est un moment de l'année à la fois très calme et très sombre, et je voulais que cette atmosphère imprègne l'enregistrement. Treize de ces chansons ont formé l'album "Bonfires on the Heath", et les huit chansons restantes ont été compilées dix-huit mois plus tard sur "Minotaur".

Minotaur
C'est à la fois la chanson titre et celle qui ouvre le disque. Elle est inspirée par une nouvelle de Jorge Luis Borges, "La demeure d'Astérion", où Borges imagine le Minotaure attendant dans le labyrinthe. Le monstre lève alors les yeux vers le ciel et déchiffre son futur dans les étoiles. Il comprend que Thésée se rapproche chaque jour un peu plus de lui. Mais le Minotaure accepte son destin avec amour et fatigue. La musique commence plutôt doucement, à la façon du "John Wesley Harding" de Dylan. J'aime bien cette simplicité. Après, Mel intervient avec la tristesse de ses violons, et ça sonne presque comme du folk. C'est comme si la légende se transformait progressivement en un rêve qu'on se raconterait autour d'un feu de camp.

Jerry
C'est une très vieille chanson. Nous l'avions déjà enregistrée à l'époque de "Suburban Light" en 1999, puis pour "Strange Geometry" en 2005, et enfin pour ce disque-ci. C'est d'ailleurs la seule version qui nous satisfait réellement. La chanson avait besoin de cette petite mélodie au piano pour mieux mettre en lumière la douceur des couplets. Mais c'est une chanson qui parle de désorientation et d'effroi, il y a comme un nihilisme adolescent dans les paroles. Nous l'avons beaucoup jouée sur scène en 2005-2006, lorsque nous faisions les premières parties de groupes beaucoup plus célèbres que nous, comme Spoon ou Lambchop. C'était notre façon de marquer le public, d'attirer d'emblée leur attention.

As the World Rises and Falls
C'est une reprise, l'original est d'un ancien groupe psychédélique de Los Angeles nommé West Coast Pop Art Experimental Band. A l'époque, Bob Markley, le chanteur, avait fini complètement saoul sur un bateau, au milieu d'un grand lac américain. Il avait erré, perdu au milieu de l'eau, pendant deux jours et deux nuits, sous le soleil perçant. Quand on l'a retrouvé il avait complètement perdu la tête. Il a passé le restant de sa vie dans un hôpital psychiatrique. J'aime beaucoup cette chanson pour les images étranges, quasi mythiques qu'elle évoque : le garçon et la fille qui s'observent sur le rivage, le renard et le hibou, et puis cet intrus mystérieux et un peu sadique qui les épie. C'est sans doute une chanson sur l'innocence perdue, mais il y a quelque chose de très perturbant et d'obsédant.


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