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THE
FLEETS
Ils sont trois, parisiens, pas encore signés
et il faut bien avouer que leurs popsongs anglophiles nous
ont tapé dans l'oreille au printemps dernier. Avec
"Millionaire",
leur deuxième album autoproduit au titre prémonitoire
(sic), The
Fleets affichent un talent insolent sans se prendre
la tête. Ils ont accepté de nous livrer leurs
formules de petits chimistes pop. Prenez des notes !

London Tower again
(A écouter
/ downloader)
La mélodie a
presque 3 ans, mais on n'arrivait pas à trouver des
paroles. Pierre est finalement arrivé avec un texte
entier, écrit d'un seul jet, qui cadrait presque
parfaitement avec le thème général
de l'album. Cette chanson a été une des premières
à faire les frais de notre politique de perfectionnement
des textes : moins de remplissage, plus de relief, d'imagination,
de simplicité et de sincérité.
Bad Christian
Pierre est arrivé un soir avec ce couplet hallucinant,
sur un plateau, d'un bloc. Le genre de perle dont il est
parfois capable sans même s'en rendre compte. Quentin
a eu ensuite l'idée de faire un refrain sur le mode
"dialogue enfants-parents", pour faire contraste
entre le parlé plutôt hostile et des choeurs
"purs". Malgré la faible qualité
d'enregistrement, c'est une chanson très cohérente
et qui transmet une vision bien particulière.
Hello, hello
Le genre de morceau très orienté britpop,
autant dans la mélodie, la structure que le son.
L'essentiel reste la mélodie mais le texte s'y amarre
de très près, notamment sur le refrain. On
a essayé de traduire un sentiment précis,
une impression, celle du moment où l'on se réveille
la nuit pour se dire : "heureusement que c'était
qu'un mauvais rêve". La majorité des phrases
sont donc abstraites mais restent une collection d'images
qui tendent vers ce but. L'impression est primordiale, au-delà
des mots, ce qui avait été déjà
tenté sur le premier album avec le morceau "The
Meeting", entre autres.
This Tune
Si le côté truculent et festif de la fin a
été presque improvisé au dernier moment,
la base de la chanson est très solide, sur un mode
country-blues, mais également pop avec l'insertion
d'accords mineurs de temps en temps. Une chanson narrative
et linéaire sur les relations de couple, dans le
respect des traditions, un peu légère, avec
des choeurs pour donner ce côté "second
degré". Johnny Cash planait dans la pièce
au moment où elle a été écrite,
ça se sent. Une des chansons préférées
de Quentin.

Golden Ticket S.M.
Déboires "sentimentaux, unilatéraux et
inavoués", une fille qu'on essaie de conquérir
en se faisant des scénarios géniaux qui ne
se réalisent jamais : c'est une chanson d'amour,
une vraie, qui parle de frustration. Ceci dit, il y a pour
une fois un "concept" dans les paroles, et non
pas une simple narration, ou la volonté de décortiquer
une impression, ou encore de faire un tableau. L'écriture
la rapproche énormément de "Lifeplumbers",
qui figurait aussi sur le premier album. On se force depuis
le début à éviter les platitudes :
la mort, la vie, l'amour, l'amitié... "mais
celle-là est différente" (dixit Simon).
[suite]
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