The Leisure Society - Interview

26/05/2010, par Guillaume Sautereau | Interviews |
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On pourrait voir un lien entre le titre de cet album des Kinks.. et votre nom, il y a "society" dans les deux !
Nick Hemming : Oui, c'est vrai, mais ce n'était pas intentionnel. Mais certaines personnes ont effectivement comparé les deux albums. Je n'y avais pas vraiment pensé moi-même, mais n'importe quelle comparaison avec les Kinks me fera plaisir de toute façon.

Pour continuer avec les comparaisons, vous avez été rapprochés de beaucoup de groupes américains, comme les Fleet Foxes, Grizzly Bear ou Department of Eagles. Que pensez-vous de cette comparaison ?
Christian Hardy : Je pense que nous partageons avec eux l'amour des harmonies et des arrangements intelligents. Mais notre façon d'écrire des chansons est très différente. Grizzly Bear est un groupe plutôt arty, les chansons des Fleet Foxes sont assez traditionnelles, celles de Nick sont pop. La comparaison a plus à voir avec la façon dont on enregistre qu'avec le songwriting.
Nick Hemming : Tous ces groupes sont influencés par les Beach Boys, et c'est également notre cas. Notre son est plus européen que le leur, de toute façon.

Vous aimez faire des reprises ? Vous en avez fait un certain nombre.
Nick Hemming : C'est parce qu'on nous le demande ! Nous avons participé à une émission de radio de la BBC2 et ils nous ont demandé de faire une reprise, et Christian a choisi une chanson de Gary Numan.
Christian Hardy : On était dans le jardin, à penser à toutes les chansons qu'on aurait pu reprendre. Un choix évident aurait été une chanson des Kinks. Mais on a voulu prendre une chanson très électronique pour la transformer totalement, et on est tombé sur cette chanson de Gary Numan qu'on aimait tous les deux.
Nick Hemming : Et finalement, on apprécie énormément de la jouer.
Christian Hardy : On a également fait une reprise des Beatles pour Mojo, à leur demande. Quand Mojo vous demande quelque chose, on s'exécute ! Mais sinon, on ne joue jamais de reprises, même pour nous.

Votre album "The Sleeper" va enfin sortir en France (mars 2010, NdlR). Vous avez déjà commencé à réfléchir à la suite malgré cela et la promotion de votre premier album ?
Nick Hemming : Nous avons déjà commencé à écrire un autre album, mais bien entendu il y a une certaine pression à continuer à jouer les chansons du premier album.
Christian Hardy : Tu sais, quand tu arrives dans une salle, que tu commences à jouer et que la réaction du public est enthousiaste, tu oublies vite que tu joues une chanson un peu ancienne. Hier nous avons joué en Hollande, le public chantait les paroles des chansons, cela ne m'a pas ennuyé du tout !
Nick Hemming : Et dès qu'on rentre à la maison, on va pouvoir se concentrer sur l'enregistrement de nouvelles chansons.

Avez-vous déjà des idées au sujet de ce nouvel album ?
Christian Hardy : Nick a écrit de nouvelles chansons que je suis très impatient d'enregistrer, vraiment. C'est plus sombre, plus ambitieux dans les thèmes abordés. On ne peut pas savoir encore ce que cela va donner. Pour moi, on a déjà une très bonne base pour un album, on n'a plus qu'à concrétiser tout cela.

J'ai eu la chance de découvrir votre musique un peu en avance par rapport à mes compatriotes, et j'ai essayé de convaincre pas mal de gens de l'écouter, ça a plutôt bien fonctionné, mais souvent, les personnes auxquelles je faisais écouter vos disques me répondaient que votre musique était trop gentille, trop douce. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Christian Hardy : Si vous n'écoutez pas les paroles, je peux comprendre cela. Je pense aussi qu'il faut s'habituer aux chansons, leur laisser un peu de temps.


En France, on n'attache pas forcément beaucoup d'attention aux paroles lorsqu'elles ne sont pas dans notre langue maternelle. Nick, quand tu as écrit "Last of the Melting Snow", tu traversais une période difficile, reflétée dans les paroles de la chanson. Mais maintenant cette chanson est plutôt associée à des moments heureux, non ?
Nick Hemming : Quand je l'ai écrite, j'étais dans un état terrible. Maintenant c'est très différent. C'est amusant, car c'est typiquement le genre de chansons que tu écris comme une catharsis, et ensuite tu te retrouves à la jouer encore et encore... Mais je ne pleure plus quand je la joue, et j'apprécie énormément de le faire.
Christian Hardy : La première fois qu'on l'a jouée sur scène, à Brighton, il y avait un groupe de filles qui pleuraient devant la scène. Je me disais "mais qu'est-ce qu'on a fait ?" (rires).

Vous êtes sept sur scène. C'est comment d'être autant à tourner ?
Christian Hardy : Ça coûte cher ! Mais on s'entend bien, tout se passe bien.

Vous avez un tour bus ?
Christian Hardy : Oui, on a un van dans lequel on regarde des vidéos.

Ah zut, je voulais vous demander ce que vous écoutiez dans votre tour bus, mais si vous regardez des films...
Christian Hardy : Si, on écoute de la musique aussi. On écoute le nouveau Vampire Weekend, il y a toujours un Divine Comedy pas loin, les Beach Boys, Grizzly Bear... Exactement ce à quoi on pourrait s'attendre de notre part !
Nick Hemming : Je lis l'autobiographie de Mark Everett, de Eels. Et c'est vraiment très triste, je suis à deux doigts de pleurer toutes les cinq pages !

Propos recueillis par Guillaume Sautereau
Photos par Guillaume Sautereau


A lire également, sur The Leisure Society :
la chronique de "The Sleeper" (2009)


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