The Lucy Show - Mania

19/12/2005, par | Albums |
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THE LUCY SHOW - Mania
(Words on Music / Rock Revolution Records) [site] - acheter ce disque

THE LUCY SHOW - ManiaDe certains styles musicaux et de certaines époques, on croit tout connaître. Et puis voilà qu'on découvre, par hasard, le folk-rock élégant des Irlandais de Stars Of Heaven, la new wave anglophile des Américains de Digital Sex ou la pop gracile des Anglais de Life, et l'on se dit alors qu'il doit en rester des dizaines, de ces oubliés des eighties, victimes de la malchance et/ou de l'incompétence de leur maison de disques, au talent inversement proportionnel aux traces discographiques qu'ils ont laissées - un ou deux albums, parfois seulement une poignée de singles. Quelques labels se sont fait une spécialité de ce genre d'exhumation : Les Temps Modernes, pêcheurs de perles chez Factory ou Les Disques du Crépuscule ; Marina qui, sur le créneau indie pop et easy listening, ne se consacre pas qu'aux rééditions ; ou Words on Music, du Minnesota, dévoué à la redécouverte de groupes particulièrement obscurs. Dont The Lucy Show, Canadiens expatriés à Londres, disparus après seulement deux albums (et la première partie de la tournée britannique de R.E.M. en 84). C'est le second, "Mania" (1986) qui est ici réédité avec quelques morceaux bonus ; le premier, "Undone", paru l'année précédente chez A&M et décrit comme proche de Joy Division, Cure et Comsat Angels, risque de rester à jamais dans les oubliettes de la cold-wave.
Style auquel ne se rattache pas vraiment "Mania", malgré quelques résidus. The Lucy Show donne plutôt ici dans une pop à guitares énergique et optimiste, parfois plus brumeuse, d'une belle ampleur sonore, pétrie d'influences sixties et parfumée de psychédélisme. Le morceau d'ouverture, "Land and the Life", rappelle à la fois Shack (notamment le single "I Know You Well") et Ride, deux groupes apparus quelques années plus tard. Ailleurs, on peut penser à The Church, House of Love, les Jesus and Mary Chain (pour la réverb) ou les Lotus Eaters, mais aussi au "baggy sound" qui allait envahir l'Angleterre à la charnière 80's-90's. On n'est pas surpris de retrouver John Leckie (qui a débuté comme technicien avec les Beatles avant de travailler avec XTC, The Fall, les Stone Roses et bien d'autres) à la production. Si le son du disque est typique du milieu des années 80, il n'apparaît pas trop daté pour autant, grâce à un usage modéré des synthés et de la technologie de l'époque. Tout cela reste quand même un peu mineur, faute de mélodies vraiment mémorables et originales, mais devrait éveiller quelque nostalgie chez les anciens lecteurs du bimestriel "Les Inrockuptibles". Maintenant, si une bonne âme pouvait se charger de rééditer l'intégrale des Dentists...

Vincent Arquillière

Land and the Life
View from the Outside
Sojourn's End
Sad September
Million Things
Sun and Moon
Shame
Melody
Part of Me Now
New Message
Jam in E
Invitation
Civil Servant
Sun and Moon [Live]
View from the Outside [Live]
New Message [Basement Demo]
Million Things [Original Mix]
Million Things [CD-ROM Track]

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