POPNEWS - le webzine de la pop musique POPNEWS
the mabuses - interview - POPNEWS Mai 2008

> edito
accueil
> recherche

> deerhunter
microcastle
> adam green
interview
> the artyfacts
maybe everything...
> larkin grimm
parplar
> neil halstead
oh! mighty engine
> klima
interview
> broken...
something for all of us
> melodium
my mind is falling to...
> hobotalk
alone again or
> dark captain...
miracle kicker
> the organ
interview de katie...
> oldman
two heads bis bis
> fire zuave
sand fastened
> tha pumpsta
bass black treble white

> newsletter



> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
>
POPmusic
sélection de mp3
>
POPvideo
les émissions
>
POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list

> fils RSS



RSS Forum
RSS MP3
RSS blog
RSS Podcast

> pub

maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous : myspace
last.fm
twitter
facebook

THE MABUSES

[page précédente]

Ta musique est truffée de citations sonores (notamment des extraits de films), le nom du groupe vient d’un classique de Fritz Lang, le titre "The Melbourn Method" est une citation d'"Arsenic et vieilles dentelles" de Capra... Quel rôle jouent ces références dans l'élaboration de ta musique et de tes textes ?
Le but est d'inclure une dimension cinématographique, car le cinéma a beaucoup influencé la musique des Mabuses. Enormément, même. Sans parler de compositeurs de scores comme Ennio Morricone ou Bernard Herrmann. Le côté visuel et narratif du cinéma, l'oeuvre de grands réalisateurs, tout cela a toujours été très présent dans mon travail et est presque aussi important que la musique.

The Mabuses

Bertrand Bonello avait utilisé ton morceau "Havana", qu'on retrouve sur le nouvel album, pour son film "Tiresia" en 2003. Tu aimerais composer des musiques de film ?
Oui, beaucoup. On m'a d'ailleurs proposé récemment d'élaborer quelques thèmes pour une série télé en Grande-Bretagne. C'est encore en projet, l'histoire d'un détective qui s'appelle inspecteur Cauchemarski. Ça m'amuse bien. C'est d'ailleurs de là que viennent les morceaux instrumentaux de "Mabused!", comme "Garden Devils", totalement basé sur la musique de Bernard Herrmann pour "Psychose" d'Hitchcock.

Pour en revenir à tes jeunes années niçoises, nous avons trouvé ta fiche sur le site Copains d'avant. C'est bien toi ?
(Il regarde la fiche) Oui, j'ai bien fait mes études au lycée Stanislas, chez les Jésuites... Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Je ne connais pas ce site ! (On lui explique le principe) Mais c'est absolument monstrueux ! (rires) C'est scandaleux, il faudra que j'éclaircisse ce mystère ! (rires) Pour en revenir à Nice, comme c'est proche de Cannes, nous étions quelques amis à nous rendre au festival quand nous étions adolescents, nous avons connu pas mal d'aventures là-bas... C'est comme ça que j'ai rencontré Bertrand Bonello, qui m'a ensuite présenté à Jipé Nataf.

Qu'est-ce qui t'a poussé à adapter en anglais sa chanson "Plus de sucre" sur "Mabused!", sous le titre "Sugarland" ?
Quand nous enregistrions son album, il avait quelques hésitations au sujet de ce morceau. Moi, je l'aimais beaucoup et j'ai donc quelque peu insisté pour qu'il reconsidère son point de vue. Une façon de le convaincre de son erreur, c'était de m'approprier la chanson et d'en faire quelque chose. Mais en fait, il a terminé le titre original bien avant que j'enregistre ma version. Il m'a dit qu'il l'aimait et que ça l'avait troublé d'entendre sa chanson interprétée par un autre.

The Mabuses

Tu l'as ensuite accompagné sur scène.
Oui, il m'avait promis un tour de Gaule, et on l'a fait. (rires) Je me suis bien amusé, d'autant qu'il n'y avait pas le fardeau d'être responsable cette fois-ci. C'est quelque chose que je pourrais faire pour d'autres musiciens, mais il faut bien sûr qu'il y ait un lien d'amitié. Il est hors de question que je voyage avec quelqu'un que je ne supporte pas ! (rires)

On t'a aussi vu avec Jipé dans l'émission "Die Nacht" d'Arte, et plus récemment sur la même chaîne, au premier plan, reprenant "See Emily Play", l'un des premiers singles de Pink Floyd.
Comme c'était dans le cadre de leur programmation "Summer of Love" de l'été dernier, on devait interpréter des chansons de l'année 1967. Ils nous avaient donné une liste et le choix s'est tout de suite imposé. Il y avait des morceaux des Beatles et d'autres classiques de l'époque, mais pour moi il était évident que je devais m'atteler à reprendre un morceau écrit par Syd Barrett, car sa musique a eu un fort impact sur moi.

Je me souviens aussi d'une émission en duplex de la BBC avec Bernard Lenoir, à l'époque du premier album, où tu avais choisi la playlist. Il y avait Cure, Dylan ("I Want You", que tu reprends avec Bonello et Nataf sur l'album des Wantones), "Happiness Is a Warm Gun" des Beatles, les Kinks, Captain Beefheart, The Fall...
Cette playlist me semble encore tout à fait valide, même si j'essaierais bien sûr de ne pas choisir les mêmes artistes si je refaisais l'émission aujourd'hui. En tout cas, ce sont des choses que j'écouterais avec plaisir.

Le nouvel album est vraiment un bel objet. Plus encore que celle des précédents, la pochette fourmille de détails. On pense à celle du "Sergent Pepper" des Beatles.
Oui, c'est une influence que je revendique tout à fait. L'aspect collage, visuel mais aussi musical, on le trouvait déjà sur le premier album, dont une partie de la pochette est d'ailleurs reproduite sur celle de "Mabused!". Je trouve surtout que pour une dizaine d'euros, on doit avoir un objet généreux. Le but du jeu, c'est de respecter la personne qui achète le disque en lui en donnant le plus possible. Un objet physique comme ça, avec beaucoup de détails, non seulement est représentatif du contenu, mais a quelque chose de ludique et, au final, de respectueux du public.

Quelles sont les circonstances qui ont préludé à l'enregistrement du premier album des Mabuses, devenu un disque culte pour beaucoup de gens ?
Je jouais dans un trio, The Assassins. Nous avons sorti un EP produit par John Leckie (fameux producteur de XTC, Felt, The Fall, Stone Roses, Lilac Time, Trashcan Sinatras, etc.). Puis nous avons signé sur Rough Trade, mais le label s'est retrouvé en pleine débâcle. Je suis resté en contact avec le patron de Rough Trade, Geoff Travis, qui m'a assuré que ça ne changeait rien pour lui. Mes deux acolytes des Assassins - dont Chris Wilson - sont alors partis aux Etats-Unis pour jouer dans un groupe purement commercial qui s'appelait The Indians, ça les avait appâtés. J'ai alors décidé de continuer sous le nom de The Mabuses.

Comment s'est faite la connexion avec le légendaire Kramer ?
The Assassins avaient tourné avec Galaxie 500, dont Kramer était le producteur. Et parmi les propositions de Geoff Travis, il y avait notamment celle de partir enregistrer le premier album des Mabuses à New York avec Kramer. C'est donc ce que j'ai fait. On a réalisé environ les deux tiers de l'album là-bas. Dean Wareham de Galaxie 500 (et futur Luna, ndlr) a chanté les choeurs sur "In the Long Run". Pour des titres comme "Kicking a Pigeon" ou "Mad Went the Barber", plus travaillés au niveau du son et de l'exécution, ça s'est fait à Londres.

Tu étais satisfait du résultat final ?
Non, pas totalement. Je pensais qu'il y avait des imperfections. En fait, c'est le cas à chaque fois, mais les gens autour de moi, qui me connaissent bien, me disent de me taire et de sortir quand même le disque ! (rires) Bon, il y a des titres que j'aime beaucoup, notamment pour la production, comme "Mad Went the Barber" dont je suis très content.

D'où venaient toutes ces histoires bizarres, comme "Kicking a Pigeon" ?
Je ne sais pas trop... Il y a sans doute un fond autobiographique, des choses auxquelles j'ai été exposé, comme dans n'importe quelle chanson je pense. Et puis le cinéma, et les livres, beaucoup.

Tes attentes par rapport à la musique sont-elles comblées ?
J'ai toujours voulu en vivre et jusqu'ici j'ai été très chanceux. Sans avoir un énorme succès commercial, j'ai toujours réussi à me faufiler à travers des collaborations diverses, en restant dans l'ombre. L'anonymat me plaît beaucoup. (sourire)

Interview réalisée par Vincent Arquillière avec l'aide de Guillaume Sautereau.
Photomontages fournis par Kim Fahy.

Merci à Jennifer de chez Nin-Nin Rose

Le site officiel des Mabuses, avec plein d'animations rigolotes. Pour écouter des morceaux inédits, cliquez sur le transistor posé au centre de la table, sur la homepage.

Le site (très joli) du Professeur Inlassable :

Un post sur l'émission d'Arte avec Kim Fahy, diffusée en août 2007