The National - Rétrospective 2001-2010 (2nde partie)

04/05/2010, par Julian Flacelière | Concerts |
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La seconde partie de cette rétrospective est consacrée aux années 2003-2004.


Début décembre 2002 soit un peu plus d'un an après la sortie du premier LP aux Etats-Unis, The National découvre l'Europe et la France en particulier, donnant, le 7 du mois exactement, son premier concert parisien à La Guinguette Pirate, une ancienne conque chinoise. Comme l'expliquait notre envoyé spécial dans son compte-rendu, le groupe est déjà capable de livrer des prestations impressionnantes : "Sur scène, les arpèges de guitares, complexes et chatoyants, transportèrent avec bonheur une assistance sous le charme, soutenue par une section rythmique irréprochable, discrète, inspirée, remplissant à merveille son rôle et évitant par-là même les écueils chers à bien des groupes live. Cerise sur le bateau, Matt Berninger, chanteur habité digne d'un Léonard Cohen sous amphétamines ou d'un Nick Cave au meilleur de sa forme, nous gratifia lui aussi d'un show époustouflant. Avec un sens de l'équilibre apparemment précaire, ce géant aux allures de grand enfant subjugua un public envoûté par sa rage contenue et son sens de la dramaturgie."


"Sad Songs for Dirty Lovers", sort en France au printemps 2003 avant d'être publié aux Etats-Unis en septembre. Alors que le premier était passé relativement inaperçu, ce second album est chaleureusement accueilli par l'ensemble de la presse, qu'elle soit hexagonale ou anglo-saxonne (l'excellent magazine britannique Uncut le nommera même album de l'année, tout comme... POPnews). Produit par Peter Katis, désormais collaborateur attitré du groupe américain, "Sad Songs for Dirty Lovers" est assez différent de son prédécesseur : "Avec des instrumentations variées, faisant notamment appel au violon - une magnifique apparition à la Dirty Three sur "90-Mile Water Wall" -, ce deuxième album se révèle plus fleuri et plus long en bouche. C'est d'ailleurs l'une des principales différences avec son prédécesseur dont on ne retrouve pas la même immédiateté. Est-ce un problème ? Non, car même s'il n'y a pas vraiment de quasi-tubes comme cela était auparavant le cas, ce disque s'inscrit dans la durée, ce qui est le propre de la mâturité." La notoriété française du groupe monte d'un gros cran lorsqu'en novembre le DJ de France Inter, Bernard Lenoir, l'invite à participer à une Black Session dont l'enregistrement est tellement réussi qu'un des titres sera publié l'année suivante dans le Cherry Tree EP.


Ce dernier cimente la réputation louangeuse du groupe, qui, non content de tourner avec les Walkmen aux Etats-Unis, franchit une nouvelle étape en signant avec le géant indépendant Beggars. A la mi-2004, The National entame une seconde tournée européenne. Convié au concert londonien, notre exilé français Gildas note le changement de statut du groupe : "Ce soir, la foule du 93 Feet East vient de se trouver de nouvelles idoles, des dieux vaudous sombres et torturés qu'elle regarde en coin, effrayée et fascinée par tant d'émotions. "Murder Me Rachael" enfonce un peu plus le show dans la violence avant que la guitare hypnotique de Bryce ne calme les choses pour un "About today" de toute beauté. Une heure trente plus tard, le groupe s'en va puis revient pour un rappel composé d'inédits dans lequel ils incluront "Cold Girl Fever" à la demande d'un public maintenant fervent. Et enfin c'est fini, le groupe quitte la scène, le public ravale sa salive, le silence est assourdissant, un ovni est passé." Et va repasser l'année suivante pour faire connaître son troisième LP, "Alligator", dont nous vous parlerons dans la troisième partie de notre rétrospective.


Cliquez ici pour lire l'interview du groupe réalisé pour la sortie de "Sad Songs for Dirty Lovers" et ici pour celle du bilan de fin d'année 2003. Cliquez ici pour lire la première partie de la rétrospective.

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