The Parrots - Interview

16/09/2016, par | Interviews |
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The Parrots font figure d’anomalie sur la scène actuelle. Trio garage espagnol signé chez le légendaire label anglais Heavenly, ils nous proposent avec “Los Niños Sin Medo” l’un des disques les plus rafraîchissants du moment. Loin de tomber dans les poncifs 60’s, ils laissent plutôt leur envie de vivre une fête perpétuelle prendre le dessus et ça s’entend. Car c’est justement ce manque de prétention additionné à des tournées incessantes qui leur donne un avantage sur la concurrence. Ça joue vite, fort avec cohésion. Nous avons rencontré ces amateurs de cigarettes magiques pour percer le mystère de cet album ovni.

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Quand vous vous êtes rencontrés, aucun d’entre vous ne savait jouer d’un instrument. Pourriez-vous nous en dire plus sur cette période et vos motivations pour former un groupe.

Alejandro de Lucas : Nous avons fait connaissance en fac, où nous étudions les médias sociaux. Nous avons sympathisé autour de notre passion commune pour les Strokes et Kings Of Leon. Rapidement, l’idée de monter un groupe nous a paru intéressante. Pourtant, aucun d’entre nous n’avait jamais touché le moindre instrument.

Larry Balboa : C’est avec les chansons de ces groupes que nous nous sommes fait la main.

Dans l’esprit du quidam, on n’imagine pas un mouvement Garage en Espagne. Pourriez vous décrire la scène dont vous êtes les principaux représentants  ?

L.B. : La scène Garage est principalement basée à Madrid. Elle commence doucement à grossir, mais on parle d’une dizaine de groupes au maximum. Les médias ont juste commencé à y prêter attention quand Hinds a créé le buzz. Il s’y passe des choses intéressantes. On aime bien Los Nastys par exemple. Madrid est à l’opposé de la scène de Barcelone qui est centrée sur l'Electro.

A.D.L. : Tout est parti d’une bande de passionnés de Garage  qui a décidé de monter un label se concentrant sur la scène locale. Du coup, les gamins se sentent moins isolés et tentent de fonder leur propre groupe.

Comment jugez-vous votre statut de leader de cette scène. N’est-ce pas une étiquette trop difficile à porter ?

L.B. : Nous ne sommes qu’un groupe qui bosse dur, c’est tout. Nous avons démarré en même temps que Los Nastys avec qui nous avons beaucoup tourné. Si nous sommes plus connus qu’eux, ce n’est pas parce que nous sommes meilleurs, mais parce que nous nous sommes consacrés au groupe en non stop, à nous produire aux quatre coins du monde.

A.D.L. : Les journalistes espagnols ont tendance à nous mettre sur un piédestal. Pour eux nous sommes un modèle car on parle de nous partout. Heureusement que nous ne nous prenons pas la tête avec tout ça. Ce qui me rend heureux, c’est de jouer sur scène et de passer du bon temps.

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Comment vous êtes vous retrouvé signé chez Heavenly. Comment avez-vous réalisé ce tour de force ?

A.D.L. : Nous avons joué à South By Southwest en 2015, et Jeff Barrett (le boss d’Heavenly ndlr) était dans la salle. Il est parti après la troisième chanson. Ça nous a foutu un coup car nous étions persuadés d’être passés à côté d’une super opportunité. Nous avons volontairement gardé le contact avec eux et ça a payé car nous avons signé notre contrat au South By Southwest 2016 !

A côté d’un groupe comme Night Beats par exemple, cette signature semble cohérente.

L.B. : Pas seulement Night Beats. Nous avons tourné avec Hooton Tennis Club que nous adorons. Nous sommes aussi fans de Toy.

Vous avez beaucoup tourné, pendant trois ans et demi avant de sortir votre premier album. Aviez-vous besoin de vous sentir prêt avant de franchir le cap ?

L.B. : Nous prenons les choses très au sérieux malgré nos apparences. Avant de sortir un album nous voulions devenir de meilleurs musiciens et être assurés de pouvoir nous consacrer à 100% au groupe. Nous ne nous sommes sentis prêts à franchir le cap que vers la fin de l’année dernière.

A.D.L. : Le fait qu’Heavenly nous signe a également été décisif. Avec eux, nous ne pouvions pas nous permettre un faux départ.

L.B. : C’est pourquoi nous n’avions sorti que des EP jusque là. Il fallait trouver les bonnes personnes pour nous accompagner dans cette aventure. Nous avions une stratégie en tête.

Pensez-vous que c’est le fait d’avoir autant tourné qui vous donne ce son unique, loin des pâles copies rétrogrades du son Garage des 60’s ?

L.B. : Il y a deux éléments. Nous sommes espagnols et cela doit se ressentir dans notre musique. Mais surtout à aucun moment nous n’avons tenté de plagier qui que ce soit. Nous ne sommes pas obsédés par la scène Garage des années soixante.

A.D.L. : Ca va paraître cliché, mais notre son nous est venu naturellement.

On entend une partie de piano plutôt Rock’Roll old school dans “Too High To Die”. Êtes-vous également des fanatiques des classiques du rock des débuts (Elvis, Jerry Lee Lewis etc) ?

A.D.L. : Pour moi c’est plus un hommage au Velvet. Mais le Velvet était influencé par certains classiques du rock.

L.B. : Nous écoutons beaucoup d’Elvis effectivement. Cette influence doit ressortir d’une façon ou d’une autre.

J’ai cru comprendre que le Hip Hop faisait également partie de vos influences majeures.

A.D.L. : Oui, nous sommes à fond dedans. Il y a une grosse scène Hip Hop en ce moment en Espagne. Des mecs qui te produisent des sons pas croyables. J’adore tout, jusqu’à leurs vidéos. Comme nous, ils viennent tous de la scène indépendante. Quel plaisir de voir que la scène musicale foisonne dans notre pays.

Pousseriez-vous cette passion jusqu’à inclure des éléments de Hip Hop dans vos prochaines compositions.

A.D.L. : Je l’espère sincèrement.

L.B. : Mixer le Garage et le Hip Hop ne serait pas si étrange que ça. J’y pense depuis longtemps. Nous allons tenter, c’est certain, mais je pense qu’il va nous falloir du temps pour trouver la bonne formule.

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Un de vos titre s’appelle “James Gub”, en référence au Silence des Agneaux. Vous avez donc des sources d’inspiration autres que musicales.

A.D.L. : Nous sommes tous les trois obsédés par ce film. Nous nous en sommes inspirés pour écrire des paroles un peu dérangées sur des rêves tordus.

Vous avez enregistré l’album en Espagne avec le producteur Paco Loco. N’avez-vous pas été tenté de vous couper de l’Espagne et de votre producteur habituel pour vous plonger dans un cadre différent pour bousculer vos habitudes  ?

L.B. : Nous avons plutôt cédé à la solution de facilité. Nous avions déjà enregistré avec lui et les conditions sont idéales. Comment refuser de passer du temps au bord de la mer dans le sud de l’Espagne, avec un producteur talentueux qui partage ta vision du son à donner au disque ? Nous avons déjà évoqué un changement possible de producteur pour le prochain album histoire de nous bousculer un peu.

A.D.L. : Il nous connaît tellement bien qu’il sait quand il est temps de faire une pause pour nous laisser le temps de fumer un joint.

Avez-vous enregistré l’album dans les conditions du live ?

A.D.L. : Oui car le plus important pour nous était de retranscrire l’énergie des concerts.

Vous avez justement une excellente réputation en live. Comment décririez-vous vos prestations ?

L.B. : C’est comme lorsque tu es invité à une soirée où tu ne connais personne. Tu arrives tout timide, et pourtant tu finis par passer une nuit complètement dingue.

A.D.L. : Nous prenons tellement de plaisir à jouer que nous sourions beaucoup sur scène. Et c’est communicatif. Nos concerts sont comme de grosses fêtes.

Crédit photo : Alain Bibal

Merci à Marie-Julie Dahou

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