The Rakes - Interview

06/06/2007, par Jean-Charles Dufeu | Interviews |
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Virage bien négocié pour les Rakes, dont le deuxième album, Ten New Messages, réussit à innover dans la continuité. Guitariste et chanteur occasionnel du groupe, Matthew Swinnerton laisse aller son flegme britannique à quelques éclaircissements à ce sujet, lors d'une brève rencontre deux heures avant leur concert à l'Elysée Montmartre.

The Rakes


J'ai vu un commentaire de l'un de vos fans disant sur votre site officiel : "Mon fils et moi sommes tous deux de grands fans de votre musique, mais je vous serais infiniment reconnaissant de bien vouloir arrêter de jurer comme vous le faites dans vos chansons. Parce que mon fils n'a que cinq ans..." J'ai trouvé ça assez drôle. A votre avis, est-ce qu'il s'agit d'un vrai commentaire et si oui, qu'est-ce qu'un enfant de cinq ans peut apprécier dans votre musique ?

A vrai dire je prends ça plutôt comme quelque chose de positif. Je pense que ça tient vraiment à la mélodie. La répétition de certains mots peut avoir cet effet également et exercer chez les tout jeunes auditeurs cette attraction pour les sonorités. Je pense donc que c'est une vraie remarque. On a un public très disparate, qui comprend parfois de très jeunes gens. Et puis on a joué avec les Buzzcocks où le public était évidemment beaucoup plus mûr. Mais peut-être que certains d'entre eux sont venus avec leurs enfants...

Vous avez fait aussi la première partie de Bloc Party pour un précédent concert parisien. A cette époque-là, pas mal de gens avaient dit que vous aviez été beaucoup plus convaincants qu'eux sur scène. Comment est-ce que vous prenez ce genre de compliment ?
Le truc quand on joue une première partie, c'est qu'il n'y a absolument rien à perdre et vraiment tout à gagner. Du coup, on a clairement tendance à donner tout ce qu'on peut, sans se poser trop de questions. Il n'y a absolument pas de pression dans ce genre de moments. Notre façon de voir c'est que si c'est un bon concert pour nous, ce sera un bon concert pour le public. Pour ce soir, il y a un peu plus de pression évidemment, mais en principe on arrive à transformer ça en énergie positive. J'espère en tout cas qu'on va y arriver.

Ce soir, c'est vous la tête d'affiche dans une relativement grande salle parisienne. Est-ce que vous n'avez pas parfois l'impression de quelque chose de très brusque dans la façon dont est arrivé votre succès ?
Non, pas vraiment. Techniquement, on a commencé à jouer à la fin de 2002. On a vraiment vu la progression de notre "carrière" au quotidien, avec tous les concerts qu'on jouait, puis le fait qu'on soit signé par des maisons de disques assez importantes. On a commencé à tourner à l'international petit à petit. Ça n'a jamais été comme si on avait joué dans un pub une semaine et la semaine suivante dans des énormes stades directement. C'est vrai qu'on n'a pas eu à attendre dix ans pour être signé sur une grosse maison de disques, et ça nous a ouvert énormément de portes. Mais ça a été un développement relativement organique.

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