The Rakes - Klang!

13/05/2009, par Florine | Albums |
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THE RAKES - Klang!
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THE RAKES - Klang!2005 pourrait être qualifiée de "grand cru" en matière de rock and roll. En effet, l'année était à peine achevée que des dizaines de nouvelles mélodies résonnaient dans nos têtes, grâce à de nouveaux groupes comme Bloc Party, Editors, Maximö Park, pour ne citer qu'eux. Mais dans cette mouvance essentiellement en provenance du Royaume-Uni, un groupe londonien arborant des allures de jeunes intellos, se démarquait en adoptant une attitude qui consiste à prendre sa guitare et balancer la sauce sans trop réfléchir. The Rakes, puisque c'est ainsi qu'ils se nommaient, nous contaient alors, avec "Capture/Release", le quotidien trépidant de l'homo erectus des années 00', de la City, de son aliénation par le travail, avec un son à la fois teigneux et sophistiqué. A ce moment-là, un certain nombre d'amateurs de post-punk avaient retrouvé une formation à la hauteur de leurs attentes.
Seulement, en 2007, "Ten New Messages", le deuxième album des Londoniens avait déçu. Les riffs bruts et enragés avaient laissé la place à des mélodies pop bien ciselées. Alan Donohoe, le chanteur de la formation, déclarait à ce sujet que le relatif ratage de "Ten New Messages" était dû au fait d'avoir oublié les particularismes de leur son pour "essayer de défier des formations comme Franz Ferdinand ou The Strokes sur leur terrain pop". Les quatre maigrichons s'étaient alors exilés à Berlin, dans une ancienne station de radio de Berlin-Est, pour préparer leur troisième album, confiant la production à Chris Zane (également producteur des Walkmen).
Il semble que Berlin ait inspiré le quatuor, comme Bowie ou Lou Reed en leur temps, puisque, avec "Klang!", son troisième album, la formation a mis du vin dans son eau et les guitares reprennent le devant sans détours avec des rythmes frénétiques (voire épileptiques). The Rakes parviennent à réunir tout ce que l'on aime dans le rock anglais et les dix morceaux de l'album sont beaucoup moins pompants qu'il y a deux ans. Les sonorités de "You're in It", le morceau d'ouverture, rappellent celles de "Violent", chanson présente sur "Capture/Release". Doté d'un humour "so british", Alan Donohoe s'amuse à chanter pour la cause des clients fumeurs expédiés sur le trottoir ("The Loneliness of the Outdoor Smoker") ou l'ennui d'une jeune femme ("The Woes of the Working Woman") avec un accent cockney sur un fond de musique de cabaret (et de notes désaccordées par la même occasion). Le groupe n'a pas perdu le sens de la finesse concernant les titres de chansons, nous en voilà rassurés. Cependant, quelques titres ont néanmoins de la peine à décoller tels que "Bitchin' in the Kitchin" ou "Muller's Ratchett", mais "1989", logique premier single, annonce le retour véritable de l'esprit post-punk et fait tomber le mur une nouvelle fois. En outre, "The Light From Your Mac", probablement l'un des meilleurs titres de l'album, démontre que le groupe a de la réserve en terme d'écriture. Enfin,"The Final Hill" parachève cet album en se distinguant par un chant dans les graves qui lui donne de la profondeur. Même si certains titres manquent d'énergie, le groupe que l'on avait presque enterré en 2007 a retrouvé la recette pour laquelle le premier album avait été encensé : une batterie martelée, des riffs tranchants, des titres courts. Ouf ! On avait eu peur.

Florine Quesnel


A lire également, sur The Rakes :
l'interview (2007)
la chronique de "Ten New Messages" (2007)
la chronique de "Capture / Release" (2005)

You're in It
That's the Reason
The Loneliness of the Outdoor Smoker
Bitchin' in the Kitchin'
The Woes of the Working Woman
1989
Shackelton
The Light from Your Mac
Muller's Ratchet
The Final Hill

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