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THE
SHINS
[page précédente]
Alors
James, pourriez-vous nous donner votre recette secrète
pour faire de bonnes chansons ?
(rires)
Vous savez, j'aimerais bien... la seule chose que je pourrais
dire c'est que vous devriez... essayer d'éviter les
clichés. Si possible. En fait je veux dire qu'il
y a des fois quand j'écris et que je joue un truc,
cela va peut-être me sonner... familier. Et à
ce moment précis, j'essaie d'être ambitieux
et je commence donc à chercher autre chose ; c'est
le moment d'oublier ce que c'est, pourquoi je fais ça
et que je l'ai trouvé dans quelque chose que l'on
entend beaucoup. Alors je le change. Mais c'est difficile
pour moi de dire exactement comment je suis arrivé
au principal
truc - par exemple la position des accords et des mélodies
- au final. Et c'est peut-être la chose que je préfère
avec ces chansons, c'est un peu l'interaction bizarre entre
la mélodie et les accords. Concernant cet aspect
du processus créatif, je n'ai vraiment aucun contrôle
dessus ! Je ne sais pas du tout comment ça se passe
dans le cerveau ou ailleurs...
Sont-ce...
les drogues ?
(rires)
En fait, PAS DU TOUT ! C'est ça qui est drôle,
pas du tout ! Si j'écris drogué, j'arrive
avec des trucs vraiment nuls. Certes les paroles sont différentes,
mais vous savez, je me transforme un peu en "petit
métalleux"! (James imite alors un ado aux cheveux
longs hochant la tête en faisant des power-chords)
... Et après quand j'écoute le résultat,
je me dis "mince ! C'est quoi cette merde ?!".

Dans
un magazine vous déclariez pourtant avoir essayé
pour écrire des chansons il y a environ 6 mois, et
là vous semblez dire que ce n'est pas vraiment fructueux...
Euh...
je ne sais pas vraiment, je ne me rappelle pas vraiment
cette déclaration. Je pense que c'est drôle,
je suppose que certains groupes ont besoin de prendre de
la drogue pour écrire des chansons ou des trucs comme
ça, mais ça ne semble pas marcher pour moi
! (rires) Peut-être à la limite une bière
aurait plus d'effets !
Vous
parliez tout à l'heure des clichés. C'est
assez intéressant, ne pensez-vous pas que la pop
ne se joue finalement pas avec une succession de clichés
?
Oui,
il y a des clichés musicaux dans nos chansons, mais
je pense que vous savez... euh... oui c'est un point intéressant.
Euh... je ne sais pas vraiment comment me défendre
!! (rires)
Non,
mais ce qui est intéressant justement avec The Shins,
c'est le fait que vous tentez d'aller au delà de
ces clichés, et c'est ce qui vous fait sonner différemment
des autres.
C'est
vrai. Je crois que j'ai une attention particulière
sur la mélodie, et sur les paroles aussi. Ce sont
les deux choses sur lesquelles j'essaie vraiment de me concentrer
en tentant d'être original, oui.
En
continuant sur le thème des clichés, nous
allons parler, si vous le voulez bien, de vos influences.
Vous avez grandi en Angleterre car votre père travaillait
pour l'Air Force ; j'ai lu dans de nombreux articles que
vous adoriez des groupes très new-wave comme The
Cure, Echo and the Bunnymen, et on dirait qu'on ressent
de plus en plus dans vos enregistrements l'influence de
vos idoles de jeunesse, non ?
Exact
! Je pense qu'en partie ma fascination pour le son et la
musique des années soixante s'est un peu calmée
; et donc ce qui reste me ressemble plus probablement, quand
j'ai commencé à réellement aimer la
musique dans les années 80, en pleine période
new-wave, avec tout ces groupes psychédéliques
romantiques comme The Cure... et même The Smiths (peut-être
pas aussi psychédéliques, certes) même
si je pense que d'une certaine façon ils le sont
aussi.
"Wincing
the Night Away" sonne en effet vraiment beaucoup plus
folk psychédélique que les autres, c'est remarquable,
est-ce une nouvelle direction pour vous ?
C'est
un disque plus psychédélique, n'est-ce pas
? Je veux dire qu'il y a beaucoup plus de choses planantes,
étranges, des effets, beaucoup de reverbs et toutes
ces conneries !
Alors
quels sont vos projets pour la suite ? Avez-vous toujours
le numéro de Zach Braff ?
Ouais ! Je vais d'ailleurs l'appeler et lui dire "alors
sur quel genre de film es-tu en ce moment ? Entendons-nous
pour vendre l'album !" (rires). Pour la suite ? Nous
devons faire une vidéo quand je retournerai aux Etats-Unis
(ndlr : interview réalisée en octobre 2006),
on va jouer au gros festival des lycées, le CMJ (ndlr:
qui a eu lieu du 31 octobre au 4 novembre 2006), ça
va être super, et ensuite, encore de la promo, je
crois que je dois aller au Japon et faire un peu la même
chose qu'ici et puis... la tournée va commencer et
puis durer, durer, durer !
En
parlant des vidéos, j'ai vu que lors du festival
Austin City Limits, vous aviez demandé à vos
fans MySpace d'amener des appareils enregistreurs de vidéos
(caméras, téléphones..) pour faire
une grosse vidéo live, qu'en est-il ?
En
fait, c'était pour Current TV (ndlr : chaîne
américaine fondée en 2005 par Al Gore ciblant
les 18-34 ans et où les téléspectateurs
sont aussi producteurs de contenu), c'est vraiment un concept
cool, les gens peuvent envoyer des vidéos en participant
à l'élaboration d'un documentaire ou d'autres
choses, et Current TV va le monter et le diffuser. Ainsi
cette idée nous est arrivée. Donc on a fait
une vidéo musicale à partir d'images live
grâce à ça.
Qu'avez-vous
dans votre lecteur de CD actuellement ?
Euh...
Je parierais que... Je crois que T-Rex est dans mon lecteur
de CD, "The Slider”. J'ai beaucoup écouté
ce disque dernièrement pour une raison qui m'échappe.
Et
au niveau des groupes actuels, en aimez-vous certains ?
Je...
J'étais en soirée avec Isaac Brock de Modest
Mouse récemment et il a mis le dernier Kings Of Leon
que je n'avais pas, et ils m'ont mis à l'amende !
Chanson après chanson, j'étais tellement sous
le choc ! Ces mecs sont trop forts ! Leur album est très
bon.
En
parlant de Modest Mouse, faisons un saut en arrière,
nous sommes en 1999, les Shins ne sont à l'époque
qu'un petit groupe avec à peine une démo,
et vous aviez commencé à tourner un peu en
première partie de Modest Mouse, puis vous racontiez
que vous avez commencé à devenir un peu connus
sur Napster. Vous avez été lancé donc
notamment grâce à Internet. Maintenant que
vous êtes, on peut le dire, très connus dans
le milieu indie et même au-delà grâce
à Garden State, que pensez-vous des nouvelles orientations
du business de la musique ? Que pensez-vous de tous ces
blogs, webzines comme nous qui vont donner en masse leur
opinion - qui sans nul doute va être bonne -...
Ou
pas !
...
quand votre cd va-t-il sortir ?
C'est
vrai que ça change tellement... Je ne peux qu'en
penser du bien ! Me concernant, je pense que l'affaiblissement
des Majors, des énormes supermarchés, est
une chose positive, ça a été certainement
une très bonne année pour Sub Pop, le magasin
Amoeba Record à Los Angeles va mieux que jamais,
et tout ça, sûrement du fait de la mort de
Tower Records ! Tower Records était devenu une entreprise
beaucoup trop grosse. Je sais bien qu'à un certain
moment, c'était une chaîne respectable, mais
c'était juste devenu une grosse chaîne commerciale.
En
France Tower Records serait un peu la Fnac, ces magasins
étaient vraiment L'endroit où acheter de la
musique...
Oui
exactement ! Je pense que le fan de vraie musique finit
toujours par aller dans la boutique indie qu'il connaît
bien. Et je pense qu'Internet ne va pas tuer ces petits
commerçants, au contraire cela pourrait même
les aider, car les gens qui avaient l'habitude d'acheter
des CDs chez Tower Records, maintenant vont sur iTunes ou
Amazon.com. Et les gens qui veulent vraiment le Vinyle ou
tout ce qui est un peu introuvable, ils doivent aller au
magasin indie au lieu d'aller au Tower Records ou ce genre
de chaînes.
[suite]
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