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THE
SLEEPING YEARS
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Tu
joues en solo en ce moment ; est-ce plus difficile ? Prévois-tu
de tourner avec un groupe complet et si oui, quel serait
le groupe idéal pour toi en ce moment ?
Sur un plan personnel, parfois, la compagnie que t'offre
la présence d'un groupe te manque mais non, je ne
pense pas que ce soit plus difficile. L'approche est juste
un peu différente – je dois plus me concentrer
sur la manière de jouer. J'ai fait beaucoup de shows
acoustiques avec les Catchers et même joué
seul en première partie de Divine Comedy sur certaines
dates alors jouer en solo n'est pas si nouveau que ça
pour moi. Quand cela marche, je trouve que c'est plus immédiat,
un contact direct avec le public. C'est très brut,
pas compliqué et ça laisse un peu plus d'espace
à ma voix.
Je ne m'imagine pas tourner avec un groupe pour les EPs.
C'est quelque chose que j'aimerais sûrement faire
pour le disque à venir. En fait, j'ai effectivement
cherché des musiciens à Londres mais je n'ai
pas trouvé les personnes qui convenaient. C'est difficile
de trouver la bonne combinaison personnalité/musiciens.
Mon groupe idéal serait flexible – je n'aime
pas trop faire du sur place en musique.
Quel
est ton sentiment sur les concerts que tu as donnés
récemment à Londres et Paris ?
Il est très positif. J'ai joué dans des endroits
aux tailles très différentes à Londres
: dans une église, une galerie d'art et dans beaucoup
des salles adaptées à des concerts acoustiques.
Jusque là, les concerts m'ont surtout servi à
étrenner les nouvelles chansons, à me sentir
bien en les jouant.
Jouer à nouveau à Paris a été
un grand plaisir. J'ai vraiment bien aimé les concerts
au Divan du Monde et au Pop In. Au Tryptique, le concert
est organisé par Jérôme Olivier qui
avait mis en place le festival "Meeting People Is Easy".
Les gens comme Jérôme sont très importants
pour des musiciens comme moi. Il le fait pour de très
bonnes raisons. Je suis même en train d'écrire
quelque chose pour son projet "Fugues".
Je
crois que tu prévois sortir un nouvel album dans
quelques mois. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Je sors tout juste le second EP – il sort le 25 juin.
J'en sortirai un autre fin septembre / début octobre.
L'album sortira au début de l'année suivante,
espérons-le. Je veux d'abord sortir les EPs en édition
extrêmement limitée, avec des pochettes faites
main, et puis l'album. Je veux que ces EPs soient des collectors.
A l'heure des MP3, j'ai pensé qu'il serait vraiment
chouette de sortir des objets entièrement faits mains,
signés et numérotés. J'ai travaillé
avec un groupe de designers qui s'appelle Pika Pika et qui
passe de très longues heures à faire ces pochettes.
Même les enveloppes dans lesquelles on envoie les
disques sont travaillées à la main.
Es-tu
toujours en contact avec les autres membres des Catchers
? Que font-ils désormais ? Cela a-t-il été
dur d'arrêter "l'aventure Catchers" ?
Oui, je suis toujours en contact avec eux. Peter vit en
Australie avec sa copine maintenant. Il a recommencé
à faire de la batterie. C'est dommage qu'il soit
si loin car j'adorerais enregistrer à nouveau avec
lui. Enfin, on ne sait jamais. Alice travaille dans l'industrie
du disque. Elle n'a jamais chanté depuis, autant
que je sache. Je crois qu'elle apprécie de travailler
avec des musiciens, de se battre pour leurs droits. Etre
dans un groupe, ce n'est un choix de carrière pour
personne.
Beaucoup
de personnes n'ont pas oublié ce groupe. Te disent-ils
pourquoi les Catchers ont laissé plus de souvenirs
que d'autres groupes ?
C'est l'une des choses les plus merveilleuses de ma vie.
Il y a des gens qui sont venus me voir à des concerts
ou qui m'ont envoyé un mail via MySpace pour me dire
à quel point les disques avaient compté pour
eux. Mais je n'ai aucune idée du pourquoi.
Je peux juste dire que ce qui m'a donné envie d'écrire
des chansons en premier lieu, c'était la manière
dont certains disques me touchaient. J'ai grandi dans un
milieu très rural et il n'y avait personne dans mon
entourage qui ressentait les choses comme moi, sur beaucoup
de sujets. Entendre de la musique à la radio m'aidait
à me sentir connecté au monde ou ça
m'aidait à m'échapper.
Ce n'est pas la peine d'espérer comprendre ce phénomène
complètement. Lorsque la musique est sortie, elle
vit sa propre vie et devient quelque chose pour chaque personne
qui l'écoute. Je suis juste incroyablement touché
que les gens la prennent à cœur comme ils semblent
le faire.
Que
puis-je te souhaiter pour le futur ?
Oh, juste de continuer à avoir l'occasion de sortir
des disques. Et de continuer à voyager, jouer et
de faire de nouvelles rencontres.
Propos recueillis par Christophe Dufeu
Merci à David pour le coup de main.
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