| THE
SLEEPING YEARS
Dale
Grundle est un personnage attachant. Pour la plupart d'entre
nous, il a été un compagnon musical discret
et charmant avec son précédent groupe les
Catchers. Depuis qu'il s'est lancé en solo, on attend
avec impatience ses eps
(littéralement) cousus-main et ses anecdotes de studio
racontées avec une rare classe dans notre blog
nous ont fait attendre son premier album avec encore plus
d'impatience.
Aujourd'hui Dale nous invite à une visite guidée
de son nouvel album "We're Becoming Islands One by
One".

1.
Setting Fire to Sleepy Towns
Je
voulais écrire quelque chose au sujet de l'Irlande
du Nord. Mais pas de façon trop directement politique
comme c'est fait habituellement. C'est une fiction, elle
est inspirée de toutes les rumeurs, et histoires
qu'on entend dans les petites villes et dans les villages,
les "qu'en dira-t'on", et aussi par le contenu
frelaté de ce qu'on m'apprenait à l'école
qui était différent de celui que mes amis
apprenaient dans leurs écoles. Elle est écrite
comme un conte populaire et elle dévoile un peu la
fragilité de ce que l'on croit être la réalité.
2.
The Lockkeeper's Cottage
J'avais
envoyé un dictaphone à mes parents, et je
leur ai demandé d'enregistrer des morceaux de leur
histoire personnelle. Deux des chansons de cet album sont
tirées de ces histoires. Celle-ci vient de mon père,
de son enfance près de la rivière et de la
façon dont il a vu la ville changer. On peut entendre
sa voix à la fin de la chanson.
3.
You and Me Against the World
C'est
une chanson qui aborde le thème de l'évasion.
Je quittais mon village pour aller voir mes amis à
Portstewart, une ville sur la côte. J'étais
toujours excité dès que les lumières
de la ville apparaissaient. On allait là-bas pour
se voir et boire dans les pubs mais parfois je me contentais
de rester là, à regarder la mer dans la nuit
en me demandant ce qu'il pouvait bien y avoir dans le lointain.
4.
The Shape of Things to Come
Je
pense que le thème central de l'album, c'est la façon
dont les gens essayent de rester en contact dans un monde
qui essaye de les séparer ou de les faire se renfermer
sur eux-mêmes. Je voulais que les personnages de cette
chanson soient humbles et presque immobiles de façon
à ce que le monde qui les entoure et les forces obscures
qui les affectent soient plus apparents.
5.
Macosquin, Coleraine
Je
voulais mettre mon village sur toutes les cartes du monde
!

6.
Broken Homes
J'adore
le jeu de batterie de Tom sur cette chanson.
C'est
une chanson d'amour pour un pays. Je pense, comme pour pas
mal de monde, qu'un moment est venu où j'ai dû
me résoudre à quitter mon pays. Je suffoquais.
Il n'y avait nulle part où jouer de la musique. Je
sentais que je ratais quelque chose... Il y a même
eu une période où je détestais l'endroit
où j'étais né. Vieillir un peu m'a
aidé à l'aimer de nouveau.
7.
Clocks and Clones
La
vie en ville a un effet immédiat sur moi. Quand j'ai
emménagé en ville, j'ai découvert tellement
de choses pour la première fois. Par exemple, je
n'avais jamais vu de SDF avant. J'avais même du mal
à comprendre le concept de SDF. Cette chanson parle
de l'impact de la ville sur une vie, du bombardement constant
de tous les sens et de la surcharge des sons omniprésents.
8. Human Blues
Une
autre chanson influencée par les contes populaires.
Cette fois, il est question de quelqu'un qui est déçu
par la race humaine à tel point qu'il finit par vivre
seul, perdu dans les bois et par raconter son destin tragique
à la lune.
9.
Dressed for Rain
J'ai
failli ne pas inclure cette chanson. Je l'avais mise sur
le premier EP, mais je ne pensais pas quelle était
suffisamment bonne pour l'album. Et puis, Michelle (la violoncelliste
de l'album) m'a convaincu du contraire. Et je suis content
qu'elle l'ait fait parce que pas mal de gens aiment cette
chanson.
Elle est inspirée par les enregistrements de ma mère.
Elle parle de quelqu'un qui essaye de trouver sa place dans
le monde. Ma mère est restée une étrangère
pendant une bonne partie de sa vie. Elle vient d'Ecosse
et, même si elle est arrivée en Irlande il
y a une quarantaine d'années, elle n'a jamais perdu
son accent.
10. Islands
Celle-ci
parle de la façon dont tout disparaît avec
le temps qui passe et j'essaye de dire pourquoi il est si
important de rester en contact. La chanson commence avec
quelqu'un qui essaye de capturer ses pensées parce
qu'il sait que dans quelques jours elles auront disparues.
Propos
recueillis par Gildas
Photos : Nial Pollock
A lire également,
sur The Sleeping Years :
la chronique de "We're
Becoming Islands One by One" (2008)
la chronique de "EP"
(2007)
The
Sleeping Years en studio, sur le blog de POPnews
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